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L'origine de Toison d'or



Le mythe de la toison d'or

C'était, selon la fable, la toison d'un bélier sur lequel Phryxus et Hellé montèrent pour traverser le bras de mer qui sépare l'Europe de l'Asie. Hellé, que le bruit des vagues effraya, se laissa tomber, et son frère tenta inutilement de la sauver : on donna le nom d'Hellespont à ce bras de mer où elle se noya.
Phryxus, accablé de lassitude, fit aborder son bélier à un cap habité par des barbares voisins de Colchos, et s'y endormit. Les habitants se disposaient à le massacrer, lorsque le bélier le réveilla en le secouant, et lui apprit avec une voix humaine le danger auquel il était exposé. Phryxus remonta sur le bélier, et se rendit dans la Colchide, auprès d'Eétès, qui y régnait ; il sacrifia le bélier, selon les uns, à Jupiter, selon d'autres, au dieu Mars, et en suspendit la toison sur un hêtre dans un champ consacré à Mars.
On commit pour la garder un dragon qui veillait jour et nuit. Pour plus grande sûreté on environna le champ de taureaux furieux, qui avaient les pieds d'airain, et qui jetaient des flammes par les narines.

Deux taureaux indomptés sont les premiers remparts
Qui défendent le champ de Mars.
La flamme qui se mêle à leur brûlante baleine
Forme autour d'eux un affreux tourbillon,
Il faut forcer leur fureur inhumaine
A tracer sur la plaine un pénible sillon.

(J.-B. Rousseau)


La reconquête de la toison par les Argonautes

Eétès ayant fait assassiner Phryxus, tous les princes de la Grèce, informés de cette barbarie, résolurent la perte du meurtrier, et formèrent en même temps le dessein de reconquérir la toison d'or ; ce qui fut exécuté par Jason, accompagné des Argonautes.

Argonautes fameux, demi-dieux de la Grèce,
Castor, Pollux, Orphée, et vous, heureux Jason,
Vous de qui la valeur, et l'amour, et l'adresse,
Ont conquis la toison.

(Voltaire)

On ne peut pas décider au juste ce que c'était que la toison d'or dont les Argonautes se proposaient la conquête. Les sentiments des auteurs anciens sont très partagés sur ce point. Le voyages des Argonautes avaient pour but, suivant quelques uns, de retirer de la Colchide les trésors que Phryxus y avait portés. D'autres pensent que l'idée de la toison d'or est née de l'usage où l'on était dans ces contrées de ramasser, par le moyen des peaux de moutons, l'or que roulaient certains torrents. Le Phase, comme les autres rivières de la Colchide, est riche en or, et cet or est le plus pur, étant séparé, par la nature même, des matières étrangères avec lesquelles il est confondu dans la mine. Les habitants le péchaient dans le Phase et dans les torrents qui s'y rendent, et pour le séparer du sable fin avec lequel il était mêlé, ils se servaient de toisons velues dont les poils retenaient les petites parcelles d'or.


L'interprétation du mythe de la toison d'or

De tous ceux qui ont essayé de développer cet événement, Eustathe est celui qui en a donne peut-être l'idée la plus juste et la plus exacte. Il l'avait tirée d'un ancien historien. Le voyage des Argonautes, selon cet auteur, était tout à la fois une expédition militaire et marchande. L'objet qu'ils se proposaient était de s'ouvrir le commerce du Pont-Euxin, et de se l'assurer en même temps par quelques établissements commerciaux. Varron pense que cette fable tire son origine d'un voyage entrepris par quelques habitants de la Grèce, afin d'aller acheter les laines et les autres fourrures précieuses que la Colchide fournit en abondance ; ces deux opinions, dont l'une vient à l'appui de l'autre, paraissent les plus probables ; et, par la fable de la toison d'or, les Grecs ont voulu sans doute désigner les tissus précieux, célèbres encore de nos jours, qu'ils tiraient de la Colchide, où ils étaient apportés de l'intérieur de l'Asie, de la Perse, et même de l'Inde, soit par des caravanes, soit par une navigation intérieure que Strabon assure avoir existé par l'Oxus, la mer Caspienne, le Cyrus, le Phase, et autres fleuves de ces contrées. Ce genre de commerce, quoique moins actif depuis que la découverte du cap de Bonne-Espérance a ouvert une route plus sûre et moins dispendieuse aux échanges de l'Europe avec l'Asie, est cependant encore assez considérable pour ne pas permettre d'élever des doutes sur l'importance qu'il avait autrefois.


L'ordre de la Toison d'or

Cet ordre fut institué, le 10 janvier 1430, par Philippe-le-Bon, duc de Bourgogne, à l'occasion de son mariage avec Isabelle de Portugal, et, si l'on en croit les chroniques du temps, en l'honneur d'une dame de Bruges, dont il était amoureux. Ce fut pour venger cette dame des plaisanteries échappées à quelques uns de ses courtisans sur la couleur de ses cheveux, qu'il conçut le dessein de changer en marque de distinction le sujet de leurs railleries.
Le nombre des chevaliers, fixé d'abord à 24, fut porté à 31 par l'ordonnance constitutive de l'ordre qui parut l'année suivante ; cette ordonnance, en 94 articles, contenait les devoirs imposés aux chevaliers, ainsi que les conditions exigées pour l'admission dans l'ordre. A l'extinction de la postérité masculine de la seconde branche de Bourgogne, la princesse Marie, fille unique du dernier duc, Charles-le-Téméraire, porta, par son mariage avec Maximilien, la grande-maîtrise de la toison-d'or dans la maison d'Autriche. Charles-Quint, dans un chapitre général tenu à Bruxelles en 1516, en fixa le nombre à 51. Il fut décidé, par les statuts, que les récipiendaires prouveraient quatre générations de noblesse, tant paternelle que maternelle.
Dans les premiers âges de l'ordre, les nouveaux chevaliers étaient élus dans le chapitre général à la pluralité des suffrages. Dans la suite cet ordre fut conféré par le roi d'Espagne, comme héritier des ducs de Bourgogne ; il a subsisté avec gloire jusqu'à ces derniers temps, quoique le nombre n'en fût pas limité. Il avait été supprimé lors de l'avènement de Joseph Napoléon au trône d'Espagne.
L'empereur Napoléon institua, par lettres-patentes du 15 août 1809, un ordre des Trois-Toisons d'or, destiné à récompenser les services civils et militaires. Il se composait de cent grands chevaliers, quatre cents commandeurs, et mille chevaliers. Il n'y eut point d'autres nominations faites dans cet ordre que celles du grand-chancelier et du grand-trésorier.

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