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L'origine de Tour



La machine servant à arrondir les ouvrages

Machine qui se meut circulairement et sert à arrondir les ouvrages. L'art de tourner est très ancien, mais l'origine du tour est bien obscure. Tous les auteurs donnent aux Grecs l'honneur de cette invention. Diodore de Sicile l'attribue au neveu de Dédale, nomme Talus ; Pline, au contraire, veut que ce soit Phidias, ce célèbre statuaire, contemporain de Périclès, et il ajoute que cet art naissant fut perfectionné dans la suite par Polyclète. Longtemps auparavant, Théodore de Samos avait mis en usage le tour pour les ouvrages de poterie, selon le témoignage de Pline ; ainsi l'on doit à Phidias, sinon la première idée de cette ingénieuse machine, du moins les premiers ouvrages en bois qu'elle enfanta.
Les anciens se servirent principalement du tour pour faire toutes sortes de vases, dont quelques uns étaient ornés de figures et de dessins en demi-reliefs, ce qui fit donner, chez les Romains, à ces artisans, le nom de vascularii (faiseurs de vases). Les modernes ont bien enchéri à cet égard sur les anciens, et, depuis cinquante ans, on fait sur le tour des ouvrages d'une délicatesse inconcevable.


La tour dans l'architecture

Aristote prétend que les cyclopes ont imaginé les premiers de construire des tours ; mais Théophraste pense que ce sont les Phéniciens, et Virgile, dans ses Bucoliques, semble en attribuer la gloire à Minerve.
Quoi qu'il en soit, l'Écriture fait mention de plusieurs tours destinées à divers usages. Il y en avait pour fortifier les villes, comme celles de Sichem, de Thèbes, de Tyr, de Syène, et toutes celles de Jérusalem. D'autres servaient à découvrir de loin, comme celle de Jezrael, d'où la sentinelle aperçut l'armée de Jéhu qui s'avançait. On élevait aussi des tours dans les campagnes pour garder les fruits et les troupeaux. Ce fut pour veiller à la conservation du bétail qu'Osias fit bâtir des tours dans le désert ; et, comme il y avait des gardes dans ces tours pour défendre les pasteurs et les troupeaux centre les courses des voleurs, cet usage a donné lieu à une façon de parler, souvent usitée dans l'Ecriture, par exemple : Depuis la tour des gardes jusqu'à la ville fortifiée.


Les tours mobiles

Machines de guerre dont les anciens faisaient un fréquent usage dans les sièges. Elles étaient construites en charpente, et revêtues de peaux crues ou de pièces d'étoffe faites de poils pour les mettre à l'abri du feu. Leur hauteur surpassait celle des remparts et même des tours de la ville ; elles étaient placées sur plusieurs roues, au moyen desquelles on les approchait facilement des murailles. Il y avait au bas un bélier pour battre en brèche, et vers le milieu un pont-levis qui s'abattait sur le rempart, et par lequel on pénétrait dans la ville. Sur les étages supérieurs on plaçait des soldats qui, de là, lançaient continuellement des traits sur les assiégés.


La tour des vents ou la tour d'Andronicus Cyrrhestes

C'est, dit Millin, une tour octogone qu'Andronicus Gyrrhestes, un de ceux qui reconnaissaient huit vents principaux dans la nature, érigea à Athènes après le siècle de Périclès. La partie supérieure de chacune des huit faces de l'édifice est occupée par une figure symbolique représentant le vent qui souffle de ce côté. Le comble, formant une pyramide, était terminé par un triton en cuivre qui tournait au gré du vent et en indiquait la direction, en faisant toujours face au point d'où il partait. Andronicus voulut aussi que cette tour servît d'horloge aux Athéniens, non seulement pendant le jour, par des cadrans solaires gravés sur les huit côtés, dont quatre font face aux points principaux de l'horizon, mais encore pendant la nuit et dans les temps couverts, en y établissant une clepsydre, qu'on pense avoir occupé l'intérieur du bâtiment. Cet édifice, qu'on voit encore à Athènes, est de marbre, et son toit consiste en petites dalles de marbre.


La tour de Londres

C'est le nom qu'on a donné à une forteresse d'Angleterre, à cause d'une grande tour blanche et carrée qui est au milieu, et qui sert de prison d'état. Elle a été bâtie, en 1077, par Guillaume-le-Conquérant. Cette fameuse tour est non seulement une citadelle qui défend Londres et la Tamise, mais c'est encore une maison royale où les rois d'Angleterre ont quelquefois tenu leur cour ; un arsenal royal, qui renferme des armes et des munitions de guerre ; un trésor, où l'on garde les joyaux et les ornements de la couronne ; une monnaie, où l'on fabrique les espèces d'or et d'argent. Là sont aussi les grandes archives du royaume d'Angleterre. Telle fut jadis la grosse tour du Louvre à Paris.


La tour où fut enfermée Jeanne d'Arc

Nous croyons utile, pour l'histoire du moyen âge, de faire connaître que la partie basse de cette tour a été découverte, en l'an XIII (1804), dans le jardin du monastère des filles du Saint-Sacrement, à Rouen. Sous le plancher de cette salle basse, d'après ce que rapporte le Moniteur, se trouve un puits ou cul de basse-fosse, dans lequel on remarque plusieurs anneaux de chaîne presque entièrement rongés par la rouille. On présume que ce fut là que languit l'héroïne de Vaucouleurs.

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