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L'origine de Traite des noirs



La naissance du commerce des esclaves au XVIe siècle

Le commerce des esclaves paraît avoir pris naissance en 1503, époque où quelques esclaves furent envoyés des établissements portugais d'Afrique dans les colonies espagnoles d'Amérique. En 1511, ce commerce acquit beaucoup d'étendue sous l'influence de Ferdinand V, roi d'Espagne.
Immédiatement après que les Portugais eurent étendu leurs découvertes sur les côtes d'Afrique, au-delà du fleuve Sénégal, ils s'efforcèrent de tirer, par la vente des esclaves, quelques profits des établissements qu'ils y avaient. Différentes circonstances contribuèrent à faire naître ce trafic odieux. Dans toutes les parties de l'Amérique dont les Espagnols s'emparèrent, ils s'aperçurent que les naturels, par la faiblesse de leur constitution, par la manière rude avec laquelle on les traitait, étaient incapables des travaux nécessaires à l'exploitation des mines, ou à la culture de la terre. Impatients de trouver des bras plus industrieux et plus forts, les Espagnols s'adressèrent aux Portugais, leurs voisins, qui leur vendirent des esclaves nègres. L'expérience fit bientôt voir que c'étaient des hommes plus robustes et plus capables que les Américains de supporter la fatigue. Le travail d'un seul nègre était égal à celui de quatre de ces derniers ; et, ensuite, l'emploi qu'on en a fait dans le Nouveau-Monde a toujours été en augmentant, et de la manière la plus rapide.


L'expansion de l'esclavage dans toute l'Europe

Cet usage, non moins offensant pour l'humanité que pour la religion, est malheureusement passé des Espagnols à toutes les nations de l'Europe qui ont acquis des territoires dans les climats les plus chauds du Nouveau-Monde. En 1790, le nombre des esclaves noirs de la France et de la Grande-Bretagne réunis, dans les Indes orientales, excédait un million ; et, comme le règne de la servitude, chez les anciens et chez les modernes, a toujours été peu favorable à la population, il fallait, pour en entretenir le fonds, faire venir d'Afrique, tous les ans, au moins 58 000 esclaves. S'il avait été possible de s'assurer avec la même exactitude du nombre des esclaves dans les possessions espagnoles et dans le nord de l'Amérique, la totalité des esclaves pourrait en être évaluée au double.
Dès sa naissance jusqu'à l'époque où il fut aboli, le commerce des esclaves a excité de justes réclamations. On sait combien les quakers, en commençant par George Fox, ont, en Angleterre, élevé leurs voix avec force pour qu'on mît un terme à cet affreux trafic de l'espèce humaine.


Le combat contre l'esclavage

Les lois romaines, lisons-nous dans l'Encyclopédie moderne, avaient déclaré l'esclavage un droit contre nature ; les prêtres l'avaient proclamé contraire à l'Évangile ; nos rois avaient décidé que la liberté individuelle était au-dessus de la puissance royale. La soif des richesses vint renverser toutes ces idées généreuses. L'esclavage peupla les colonies, et les sophismes religieux et politiques ne manquèrent point pour légitimer cet infâme abus de la force. On employait, pour la servitude des noirs, les mêmes raisons que les mahométans emploient pour la captivité des chrétiens. L'avarice est mauvaise conseillère ; elle accueillit avec joie la traite des nègres ; elle multiplia les esclaves pour multiplier les productions ; elle s'interdit l'affranchissement pour ne point perdre le prix des noirs ; mais quand le despotisme ferme toutes les portes légales, la liberté les brise.
A l'aspect de la révolution française, Saint-Domingue fit entendre le premier cri de l'indépendance naturelle. Les noirs et les blancs y levèrent les uns contre les autres un étendard ensanglanté ; la torche funèbre, promenant l'incendie, éclaira longtemps les mornes silencieux de Saint-Domingue ; longtemps l'acharnement des deux partis trempa, avec une fureur égale, dans des flots de sang humain, les débris du despotisme expirant et les prémices de la liberté naissante. Mais enfin l'indépendance triompha, et la révolte fit ce qu'une loi sur les affranchissements aurait pu prévenir.

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