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L'origine de Triomphe


C'était une cérémonie pompeuse et solennelle qui se faisait chez les anciens, lorsqu'un général d'armée, qui avait remporté quelque grande victoire, entrait dans la capitale de l'empire.


Une origine grecque

Le mot triomphe, selon le chevalier de Jaucourt, tire son origine de Thriambos, un des noms de Bacchus. Les acclamations du soldat et du peuple qui criaient après le vainqueur, io triumphe ! ont donné naissance au mot triumphus (triomphe), et étaient imitées du io thriambe Bacche, qu'on chantait au triomphe de Bacchus.
Bacchus, conquérant des Indes, établit donc l'usage du triomphe dans la Grèce, et presque tous les peuples l'adoptèrent. A Carthage les généraux qui s'étaient distingués par leurs exploits, recevaient l'honneur du triomphe : Asdrubal y fut admis plusieurs fois ; mais les vainqueurs ne furent nulle part aussi magnifiquement récompensés que chez les Romains.


Le triomphe dans la Rome antique

Romulus et ses successeurs furent presque toujours en guerre avec leurs voisins pour avoir des citoyens, des femmes et des terres ; ils revenaient dans la ville avec les dépouilles des peuples vaincus : c'étaient des gerbes de blé et des troupeaux, objets d'une grande joie. Voilà l'origine des triomphes, qui furent dans la suite la principale cause du degré de grandeur où parvint la ville de Rome.
Tant que l'ancienne forme de la république subsista, aucun général ne pouvait prétendre au triomphe qu'il n'eût reculé les limites de l'empire par ses conquêtes, et qu'il n'eût tué au moins cinq mille ennemis dans une bataille, sans une perte considérable de ses propres soldats.
Il était d'ailleurs défendu à tout général victorieux, qui demandait le triomphe, d'entrer dans la ville avant de l'avoir obtenu ; il fallait encore pour obtenir le triomphe que le général fût revêtu d'une charge qui donnait droit d'auspices, et que la guerre fût légitime et étrangère. On ne triomphait jamais lorsqu'il s'agissait d'une guerre civile.
Le général qui avait battu les ennemis dans un combat naval avait les honneurs du triomphe naval ; ce fut C. Duillius qui les obtint le premier, en 449, après avoir défait les Carthaginois.
Comme celui-là seul sous les auspices duquel la guerre s'était faite avait droit de demander le triomphe, lorsqu'il n'y eut plus d'autre général ou chef que l'empereur, les triomphes lui devaient être réservés ; ainsi le triomphe devint un privilège des empereurs et des princes de la maison impériale.
En privant les particuliers de la pompe du triomphe, on continua de leur accorder les distinctions qui de tout temps en avaient été la suite, c'est-à-dire le droit de porter la robe triomphale dans certaines cérémonies, une statue qui les représentait avec cet habillement et couronnés de lauriers ; enfin quelques autres prérogatives moins communes qui sont renfermées dans ces paroles de Tacite : Et quidquid pro triumpho datur.
Le dernier des citoyens qui soit entré dans Rome en triomphe est Cornélius Balbus, connu dans l'histoire par ses liaisons avec Pompée, Cicéron et Jules César.
Il arrivait quelquefois que, si le sénat refusait d'accorder le triomphe à cause du défaut de quelque condition nécessaire, le général triomphait sur le Mont-Albain : Papirius Massa fut le premier qui triompha de cette manière, l'an de Rome 522.
Lorsque les avantages qu'on avait remportés sur l'ennemi ne méritaient pas le grand triomphe, on accordait au général le petit triomphe, nommé ovation ; mais peu de personnes se souciaient de l'obtenir, tandis que le grand triomphe était l'objet qui flattait le plus l'ambition de tous les Romains.


Le triomphe en France

Pourquoi, s'écrie le chevalier de Jaucourt, cet appareil de gloire qui accompagne les triomphes n'est-il plus que dans l'histoire ? C'est, répond-il, que les honneurs du triomphe ne conviennent qu'aux républiques qui vivent de la guerre, et que cette ostentation serait dangereuse dans une monarchie, où les rayons de la couronne royale absorbent tous les regards.
Lorsque les rois commandaient leurs armées ils pouvaient offrir le spectacle pompeux des honneurs qu'on accordait aux triomphateurs, puisqu'ils auraient recueilli eux-mêmes ces témoignages de gloire ; aussi voyons-nous qu'en 1214 Philippe-Auguste, après avoir vaincu, à la bataille de Bouvines, Ferdinand, comte de Flandre, voulut offrir aux Parisiens le spectacle d'une entrée triomphale.
« Parmi plusieurs seigneurs captifs, dit M. Dulaure (Histoire de Paris), on remarquait le prince Ferdinand, chargé de chaînes, attaché sur un chariot traîné par quatre chevaux. Devant ce prince, triste ornement du triomphe, le peuple chantait ce distique, sans doute commandé pour la circonstance :

Quatre ferans bien ferrés
Traînent Ferrant bien enferré.

Le comte Ferdinand, que le vulgaire nommait Ferrand, fut enfermé dans le Louvre, et y languit jusqu'à ce qu'il eut consenti à céder tous ses états au roi Philippe. Les autres prisonniers furent enfermés au grand Châtelet, que les chroniques de France nomment en cette occasion le Chastel de Grand-Pont. »


Le jeu de cartes

« On trouve dans la Vie de saint Bernard de Sienne, parmi les instruments de jeux divers, tels que les palets, les dez qu'on apporta dans la place publique pour les brûler, des figures peintes, des cartes de triomphe, dont l'un de nos jeux de cartes retient encore le nom. » (Hurtaut, Dictionnaire historique de la ville de Paris)

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