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L'origine de Troubadour



Les anciens poètes Provençaux

Nom qu'on donnait à nos anciens poètes provençaux, probablement du verbe troubar, qui signifie trouver, inventer.
« Les poètes provençaux, dit Estienne Pasquier (Recherches sur la France), étaient appelés troubadours, à cause des inventions qu'ils trouvaient. Et gisait leur poésie en sonnets, pastorales, chansons, sirventes, tensons. »


Les troubadours célèbres

Les plus célèbres troubadours sont Arnaud Daniel, né dans le XIIe siècle ; Anselme Faydit, Hugues Brun, Pierre Roger. Ces aimables poètes-musiciens, que la Provence produisait, parcouraient les châteaux en chantant les éloges des grands hommes morts ou vivants, et s'accompagnaient, en chantant, de leur harpe.

Ainsi, dans l'heureuse Provence,
Jadis ou vit les troubadours
Dans les combats porter la lance,
Dans la paix chanter les amours.
Ha parcouraient toutes les cours
Pour célébrer toutes les belles ;
Aux rois, à la beauté fidèles,
Amants, poètes et guerriers,
Leur muse à des fleurs immortelles
Mêlait le myrte et les lauriers.

(Thomas, Épître à M. Clapier)

Ce fut vers le XIe siècle que les troubadours, qui faisaient des vers et les jongleurs qui les chantaient, vinrent des provinces méridionales, et se répandirent dans les principales cours de l'Europe dont ils faisaient les délices. Ils inspirèrent le goût de la poésie aux plus grands seigneurs ; il y eut même, parmi les troubadours, des hommes du plus haut rang. Guillaume IX, comte de Poitou, né en 1071, fut un des premiers chansonniers provençaux. Ce poète a de la grâce, de la facilité et de l'harmonie. On compte, après lui, Bernard de Vantadour, poète à bonnes fortunes.


La composition des poèmes

Les poésies des troubadours étaient divisées en sirventes, ouvrages satiriques ou apologétiques ; en chansons galantes ; en des tensons, qui étaient des questions ingénieuses sur l'amour, ou des dialogues sur d'autres sujets ; enfin en pastourelles, fabliaux, contes et romances. La chanson suivante, attribuée à Thibault, comte de Champagne, né en 1201, ne manque ni de grâce ni de naïveté, et son langage ne paraît pas si gothique que celui de beaucoup de poètes qui l'ont suivit :

Las ! si j'avois pouvoir d'oublier
Sa beauté, sa beauté, son bien dire,
Et son très doux, très doux regarder,
Finirois mon martyre.
Mais, las ! mon cœur n'en puis ôter,
Et grand affolage
M'est d'espérer ;
Mais tel servage
Donne courage
A tout endurer.
Et puis comment, comment oublier
Sa beauté, sa beauté, son bien dire,
Et son très doux, très doux regarder ?
Mieux aime mon martyre.

Il ne faut pas confondre les troubadours avec les trouverres (ou trouveurs) qui les ont suivis, et qui fleurissaient du côté du nord de la France, tandis que les troubadours étaient des poètes provençaux qui n'ont composé que dans leur patois, idiome alors absolument étranger à la plupart de nos provinces.


La fin des troubadours

La fin du XIVe siècle vit s'éclipser la gloire des troubadours ; les jongleurs, connus sous le nom de joculatores, leur succédèrent. M. le comte de Vaudreuil (Tableau des mœurs françaises au temps de la chevalerie, 1826) trouve que c'est le Limousin qui a donné les premiers et même le plus grand nombre de troubadours, ensuite le Périgord, puis le Haut et le Bas-Languedoc, et enfin la Provence, province qu'on avait cru jusqu'ici la plus féconde en ce genre.

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