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L'origine de Tulipe



L'étymologie du mot Tulipe

Ce mot nous vint autrefois de Turquie avec la fleur qu'il désigne, selon la remarque de Ménage dans ses Origines de la langue française, où il dit, après Vossius et Stappel, que cette fleur a pris son nom de la ressemblance qu'elle a avec le turban des Turcs, appelé en Turquie tulipan (tiliband, de dul-bend, turban, mot persan).
Nous avons dit au commencement tulipan, comme les Turcs, selon le témoignage de Dupradel dans son Théâtre de l'Agriculture, et enfin on a dit tulipe.


Originaire de Syrie

Cette fleur est originaire de Syrie, et elle croît naturellement dans plusieurs contrées de l'Asie méridionale et aux environs de la mer Noire. Il est probable que Busbecq apporta le premier les tulipes en Occident : Conrad Gesner, célèbre naturaliste, surnommé le Pline de l'Allemagne, a donné la description botanique de la première plante de cette espèce qu'il vit, en 1559, à Augsbourg, où auparavant elle était inconnue, et dont l'oignon était venu de Constantinople.


Le commerce de la tulipe

On sait quel degré de faveur cette fleur obtint vers le milieu du XVIIe siècle, où elle devint, en Hollande, l'objet d'un commerce considérable et d'un agiotage effréné : s'il en faut croire Munting, dans l'intervalle de trois ans, il se fit dans une seule ville de Hollande pour plus de dix millions de florins d'affaires en tulipes.
Ce fut depuis 1634 jusqu'à 1637, que la tulipomanie exerça son influence dans la Hollande. Dans ces années, les tulipes y montèrent à des prix énormes, et enrichirent beaucoup de spéculateurs. Les fleuristes estimaient surtout quelques espèces auxquelles ils donnaient des noms particuliers. L'espèce la plus précieuse était celle qu'on nommait semper augustus : on l'évaluait à deux mille florins ; on prétendait qu'elle était si rare, qu'il n'existait que deux fleurs de cette espèce, l'une à Harlem, l'autre à Amsterdam. Un particulier, pour en avoir une, offrit quatre mille six cents florins et, en sus, une belle voiture avec deux chevaux et tous les accessoires ; un autre céda pour un oignon douze arpents de terre.


Une fleur inodore

Cette fleur, l'objet des soins d'une infinité de fleuristes, est sans odeur, et n'a d'admirable que la beauté de sa forme et de ses couleurs.

Pour couronner enfin les richesses qu'étale
Des jardins renaissants la pompe végétale,
La tulipe s'élève. Un port majestueux,
Du éclat qui du jour reproduit tous les feux,
Dans les murs byzantins méritent qu'on l'adore,
Et lui tout pardonner son calice inodore.

(Roucher, poème des Jardins)

C'est parmi les Turcs la marque de la plus haute estime que d'envoyer une tulipe en présent. Cette fleur, en Turquie, partage en quelque sorte les honneurs de la divinité : car c'est au mois d'avril que se célèbre la fête des tulipes, etc.

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