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L'origine de Vassal



Les vassaux dans la Germanie antique

C'est celui qui a prêté foi et hommage à un seigneur pour raison d'un fief mouvant et dépendant de lui. César nous apprend que la plupart des Germains vivaient de lait, de fromage et de chair ; que chez eux personne n'avait de terres ni de limites qui lui fussent propres : ainsi chez les Germains il ne pouvait pas y avoir de fiefs. Mais, selon Tacite, chaque prince avait une troupe de gens qui s'attachait à lui et le suivait à la guerre. C'est, dit cet auteur, la dignité, c'est la puissance d'être toujours entouré d'une foule de jeunes gens que l'on a choisis ; c'est un ornement dans la paix, c'est un rempart dans la guerre. Ces jeunes gens, qu'il nomme comités (compagnons), prennent l'engagement sacré de défendre le prince, qui, de son côté, est tenu de leur fournir le cheval du combat et le javelot terrible. Les repas, peu délicats, mais copieux, sont une espèce de solde par laquelle le prince paie les services qu'ils lui rendent.
Ainsi, chez les Germains, il n'y avait point de fiefs, parce que les princes n'avaient point de terres à donner ; il y avait des vassaux, parce qu'il y avait des hommes fidèles qui étaient liés par leur parole, qui étaient engagés pour la guerre, et qui faisaient à peu près le même service que l'on fit depuis pour les fiefs.


Les vassaux en France

Depuis Clovis jusqu'au règne de Charles-le-Chauve, un Français n'était vassal que de la patrie ; ses chefs n'étaient que ses égaux ; lorsqu'il marchait sous eux, ce n'était jamais qu'à la voix du roi. Depuis Charles-le-Chauve l'esprit d'indépendance devint général ; chacun s'arrogea le droit de guerre, et la France fut divisée entre plusieurs petits souverains qui s'unissaient sans cesse contre l'autorité royale, et qui même s'alliaient avec les ennemis de l'état et avec les puissances étrangères.
Sous la seconde race, il y avait les grands et les petits vassaux ; et Hugues Capet, à son avènement au trône, fut obligé de les conserver dans la possession de leurs fiefs, qui consistaient en provinces, villes, charges et terres qu'ils avaient usurpées.
Les grands vassaux de la couronne de France étaient les ducs de Bourgogne, de Normandie, d'Aquitaine et de Gascogne, les comtes de Champagne, de Flandre, de Toulouse et de Barcelone ; ils se firent seigneurs propriétaires de ces pays, quoique l'administration ne leur en eût été confiée que pour un temps. Ces grands vassaux avaient tous les droits de la souveraineté dans leurs fiefs, et lorsqu'un d'eux était attaqué ou lésé, les vassaux liges étaient obligés de le servir en personne envers et contre tous, de le suivre à la guerre, et même contre le roi.
Outre ces vassaux liges qu'avaient les grands vassaux, ils avaient encore des vassaux libres ; ceux-ci pouvaient mettre un homme en leur place, et ils n'étaient contraints de secourir le seigneur que dans certains cas.
Quand un grand vassal, qui faisait la guerre au roi, était vaincu, ce qui est arrivé souvent sous les rois de la troisième race, les grands du royaume s'assemblaient en parlement, et, s'ils jugeaient qu'il y avait félonie de sa part, c'est-à-dire s'il n'y avait pas eu de causes légitimes pour prendre les armes, le roi était le maître de confisquer son fief ; mais on ne pouvait le condamner à mort.
Philippe Ier, en 1095, par l'éloignement des grands vassaux qui partaient pour les croisades, trouva le moyen de rétablir sa puissance et le domaine des rois ses prédécesseurs.
Louis-le-Gros, en montant sur le trône, continua les guerres que son père avait commencées contre les vassaux de la couronne, qui la plupart avaient repris les armes ou contre leur souverain, ou les uns contre les autres. C'est ce qui fit donner à Louis VI le nom de Batailleur, expression qui caractérise ce genre de petites guerres qu'il fit sans relâche contre cette multitude de vassaux qui tenaient les peuples dans le plus dur esclavage. Ce monarque eut le bonheur de rétablir l'ordre dans son royaume par son courage et ses exploits, par l'établissement des communes, par la liberté qu'il rendit aux serfs, et par les bornes qu'il mit aux justices seigneuriales.

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