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L'origine de Vaucluse


Fontaine de France, dans le comtat Venaissin, que les amours de Pétrarque et de Laure ont rendue fameuse : elle est souvent célébrée par nos poètes. C'est d'elle que le département de Vaucluse tire son nom.


L'histoire de Pétrarque

Pétrarque, né à Arezzo en 1304, et mort à Arqua en 1374, avait sa maison sur la pointe d'un rocher, à quelques cents pas au-dessus de la caverne de Vaucluse. La belle Laure avait la sienne sur une autre pointe de rocher, assez près de celle de son amant, mais séparée par un vallon. On voyait encore dans le XVIIe siècle les masures de ces deux édifices, qu'on appelait par magnificence les châteaux des deux amants. A la première vue de cette belle, Pétrarque sentit les feux de l'amour, et sa passion nous a valu des chefs-d'œuvre. Ses canzoni n'exhalent que douceur, tendresse, louanges délicates de l'amante qu'il adore. Et combien sont-elles diversifiées ces louanges qu'il lui donne ! combien la langue italienne leur prête-t-elle de grâces ! Enfin, inspiré par l'amour et par son génie, Pétrarque immortalisa Vaucluse, les lieux voisins, Laure, et lui-même.

Vaucluse, heureux séjour, que, sans enchantement,
Ne peut voir nul poète, et surtout nul amant !
Dans ce cercle de monts qui, recourbant leur chaîne,
Nourrissent de leurs eaux la source souterraine ;
Souk la roche voûtée, antre mystérieux,
Où ta nymphe, échappant aux regards curieux,
Dans un gouffre sans fond cache sa source obscure,
Combien j'aimais à voir ton eau qui, toujours pure,
Tantôt dans son bassin renferme ses trésors,
Tantôt en bouillonnant s'élève, et de ses bords
Versant parmi des rocs ses vagues blanchissantes,
De cascade en cascade au loin rejaillissantes,
Tombe et roule à grand bruit, puis, calmant son courroux,
Sur un lit plus égal répand des flots plus doux,
Et sous un ciel d'azur coule, arrose et féconde
Le plus riant vallon qu'éclaire l'œil du monde ;
Maïs ces eaux, ce beau ciel, ce vallon enchanteur,
Moins que Pétrarque et Laure intéressaient mon cœur.
La voilà donc, disais-je, oui, voilà cette rive
Que Pétrarque charmait de sa lyre plaintive !
Ici Pétrarque à Laure exprimant son amour,
Voyait naître trop tard, mourir trop tôt le jour.
Retrouverai-je encore, sur ces rocs solitaires,
De leurs chiffres unis les tendres caractères ?
Une grotte écartée avait frappé mes yeux :
Grotte sombre, dis-moi si tu les vis heureux ?
M'écriais-je. Un vieux tronc bordait-il le rivage,
Laure avait reposé sous son antique ombrage.
Je redemandais Laure à l'écho du vallon ;
Et l'écho n'avait point oublié ce doux nom.
Partout mes yeux cherchaient, voyaient Pétrarque et Laure ;
Et par eux ces beaux lieux s'embellissaient encore.

(Delille, les Jardins)

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