Accueil > Les origines commençant par V > L'origine de vêpres

L'origine de Vêpres



Connues depuis l'antiquité

Les vêpres, ainsi nommées du latin vesper (soir), sont de la plus haute antiquité dans l'Eglise ; elles ont été instituées pour honorer la mémoire de la sépulture de Jésus-Christ ou de sa descente de la croix ; c'est ce que porte la glose Vespera deponit. L'auteur des Constitutions apostoliques, parlant du psaume 141, l'appelle, en grec, psaume qu'on récitait à la lueur des lampes, parce qu'on le chantait à vêpres. Il fait aussi mention de plusieurs autres prières, actions de grâce, etc., que l'évêque récitait alors, ou sur le peuple assemblé ou avec les fidèles.
Il rapporte aussi l'hymne, ou la prière du soir, dont saint Basile nous a conservé quelques fragments dans son livre de Spiritu sancto. Il y a apparence qu'on y chantait encore d'autres psaumes ; Cassien dit que les moines d'Egypte y récitaient douze psaumes ; qu'on y joignait deux lectures ou leçons, l'une de l'ancien et l'autre du nouveau Testament ; qu'on entremêlait les psaumes de prières, et qu'on terminait le dernier par la doxologie. Dans les églises de France, on disait aussi jusqu'à douze psaumes entremêles de capitules semblables à nos antiennes ; et enfin dans celles-ci, aussi bien que dans celles d'Espagne, on terminait les vêpres par la récitation de l'oraison dominicale, comme il paraît par le quatrième concile de Tolède.


Les vêpres siciliennes

C'est le nom qu'on a donné au massacre qui se fit en Sicile de tous les Français, en l'année 1282, le jour de Pâques, et dont le signal fut le premier coup de cloche qui sonna les vêpres.
Voici comment l'histoire raconte cet événement : « C'est une opinion générale qu'un gentilhomme de Sicile, nommé Jean de Procida, déguisé en cordelier, trama cette fameuse conspiration par laquelle tous les Français devaient être égorgés à la même heure le jour de Pâques, au son de la cloche de vêpres. Il est sûr que ce Jean de Procida avait en Sicile préparé tous les esprits à une révolution, qu'il avait passé à Constantinople et en Aragon, et que le roi d'Aragon Pierre, gendre de Mainfroy, s'était ligué avec l'empereur grec contre Charles d'Anjou ; mais il n'est guère vraisemblable qu'on eût tramé précisément la conspiration des vêpres siciliennes : si le complot avait été formé, c'était dans le royaume de Naples qu'il fallait principalement l'exécuter ; et cependant aucun Français n'y fut tué. Malespina raconte qu'un Provençal nommé Droguet s'était porté à de violents excès contre une femme dans Palerme ; le lendemain de Pâques, dans le temps que le peuple allait à vêpres, la femme cria, le peuple accourut, on tua le Provençal (1282).
Ce premier mouvement d'une vengeance particulière anima la haine générale ; les Siciliens, excités par Jean de Procida et par leur fureur, s'écrièrent qu'il fallait massacrer les ennemis. On fit main basse à Palerme sur tout ce qu'on trouva de Provençaux. La même rage qui était dans tous les cœurs produisit ensuite le même massacre dans le reste de l'île ; on dit qu'on éventrait les femmes grosses pour en arracher les enfants à demi formés, et que les religieux mêmes massacraient leurs pénitentes provençales : il n'y eut, dit-on, qu'un gentilhomme, nommé des Porcellets, qui échappa. Cependant il est certain que le gouverneur de Messine, avec sa garnison, se retira de l'île dans le royaume de Naples. Cette opinion est fondée sur une tradition très reculée. Porcellets, disent d'anciens écrivains, fut sauvé seul du massacre de Païenne, à cause de sa grande prud'homie et vertu. On prétend qu'un autre Porcellets sauva Richard-Cœur-de-Lion, enveloppé par les Sarrasins, en attirant leurs coups sur lui-même. Après sa mort les Sarrasins trempèrent des linges dans son sang, par une superstition digne de ces temps de valeur et de férocité. » (Essai sur les mœurs)


Les matines françaises et les matines de Moscou

On a donné, à peu près dans le même sens, le nom de matines françaises au massacre de la Saint-Barthélemi en 1572 ; et celui de matines de Moscou, au carnage que firent les Moscovites de Démétrius et de tous les Polonais ses adhérents qui étaient à Moscou, le 27 mai 1600, à six heures du matin, sous la conduite de leur duc Choustki.

Autres origines :