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L'origine de Vielle



Un instrument de musique antique

Cet instrument tire son origine de la lyre des anciens. Les Grecs le nommaient sambukè, les latins sambuca, et nos anciens Français lui donnaient le nom de sambuque. Jean de Meun, dans son roman de la Rose, attribue à la vielle les prodiges opérés par Orphée ; et Alexandre de Paris, dans son roman d'Alexandre-le-Grand, décrivant les fêtes que l'on fit pour recevoir ce prince dans une ville où il entra victorieux, parle d'un joueur de vielle qui charmait tout le monde par la mélodie de ses chants, et par celle de l'instrument avec lequel il les accompagnait.


L'ancêtre du violon

Mais il est assez probable que ce que les Grecs appelaient sambukè, les latins sambuca, et que ce que nous avons d'abord appelé sambuque et ensuite vielle, ne ressemblait pas à l'instrument qui porte maintenant ce nom. « Il est constant, dit Millin (Dictionnaire des beaux-arts), que l'instrument qui est désigné sous ce nom dans nos vieux auteurs, n'est point la vielle telle qu'on la connaît aujourd'hui. Ce qu'ils nomment vielle paraît être notre par-dessus de viole, ou le violon. On doit d'autant moins douter que la vielle se jouait comme le violon, que toujours les mots arçon et archet s'y trouvent joints. D'ailleurs, les miniatures des manuscrits la représentent avec la forme d'un violon. »


Utilisée en France à partir du XIe siècle

Quoi qu'il en soit la vielle, dont J.-J. Rousseau fait honneur à Gui d'Arezzo, commença à être goûtée en France vers l'an 1085 ; dans le siècle suivant elle fut admise dans les meilleurs concerts. Sous le règne de saint Louis, elle accompagnait les voix, animait les danses, faisait l'objet de l'amusement des plus grands seigneurs. C'est en jouant de la vielle que Thibault, comte de Champagne, tâchait d'oublier les rigueurs de la reine Blanche, dont il était éperdument amoureux. Adenès, Jonglet et Muset, fameux joueurs de vielle, ne furent redevables qu'à leurs talents de l'accueil qu'ils reçurent à la cour de Philippe-le-Hardi et de son successeur.
Mais dans la suite l'indigence s'étant fait de la vielle une ressource et un moyen d'exciter la commisération publique, son crédit diminua de jour en jour, et peu à peu elle devint uniquement l'instrument des pauvres. On la vit reprendre faveur du temps de Henri III ; et vers l'an 1674, Janot et la Rose rétablirent la vielle dans son ancien crédit, et obtinrent les applaudissemenls de la cour de Louis XIV. Sa mécanique fut perfectionnée en 1716 parle sieur Bâton, luthier. Cet artiste sut aussi en embellir la forme, et par là déterminer les dames à en faire leur amusement. Les sieurs Baptiste, Boismortier, etc., composèrent des duos et des trios pour la vielle ; et toutes les pièces qui auparavant avaient été faites pour la musette, devinrent aussi des pièces de vielle. Quant à l'exécution, Denguy fut le premier qui ait fait valoir les beautés de cet instrument par la finesse, la légèreté et les agréments de son jeu.

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