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L'origine de Vitre



Des pierres en guise de vitres

On est surpris avec raison que les anciens n'aient point employé le verre pour leurs fenêtres. Le verre cependant était en usage chez eux : sans parler des glaces et des miroirs dont les chambres étaient parées, on employait le verre pour faire des vases, des tasses, des gobelets, qui imitaient parfaitement le cristal, et qui n'étaient pas un des moindres ornements des buffets. Les riches mettaient à leurs fenêtres des pierres transparentes, telles que l'agate, l'albâtre, la phengite, le talc, etc., et les pauvres étaient exposés aux incommodités du froid et du vent.
Quoique l'usage du verre fût connu à Rome déjà depuis longtemps ; quoique, du temps de Pompée, Marcellus Scaurus eût employé le verre pour éclairer et embellir une partie du superbe théâtre qu'il avait élevé dans cette capitale du monde, il n'y avait cependant pas de vitres aux fenêtres des bâtiments : on y suppléait encore du temps de Sénèque par des pierres appelées spéculaires ; c'était une sorte de pierre blanche et transparente, qui se coupait par feuilles, et qui ne résistait pas au feu. Les Romains se servaient aussi de cette pierre pour les litières des dames et pour les ruches, afin d'y pouvoir considérer l'ingénieux travail des abeilles.


L'apparition des vitres dans les maisons

Chez les modernes, c'est dans les pays froids que l'usage des vitres a été, sinon inventé, du moins généralement adopté, et cet usage était déjà pratiqué vers la fin du IVe siècle, puisque saint Jérôme en fait mention. Les Orientaux, chez qui tous les arts ont pris naissance, se servaient, au lieu de vitres, de jalousies ou de rideaux.
Quoique, dès 674, les Français eussent appris aux Anglais l'usage du verre et l'art de le fabriquer ; quoique, environ à la même époque, ces mêmes Français eussent éclairé de vitres les fenêtres de l'église et du monastère de Wiremouth, ce ne fut qu'en 1180 que s'introduisit pour la première fois en Angleterre l'usage de garnir les fenêtres avec des verres. L'invention remontait à un temps plus reculé ; mais il y avait peu de maisons particulières qui, en 1180, fussent ainsi décorées, et qui connussent ce genre de luxe, qui passait alors pour la plus grande magnificence.
L'Italie jouit la première de cette commodité, bientôt la France en profita, et enfin l'Angleterre se le rendit propre.


Un usage de plus en plus répandu

Les premières vitres que l'on employa étaient petites, rondes, et liées avec des morceaux de plomb ; cependant, tout imparfaites qu'elles étaient, il s'écoula un long espace de temps avant qu'elles devinssent communes. Dans le XIVe siècle, les fenêtres de la plupart des maisons particulières n'étaient fermées que par des volets de bois et quelques carreaux de papier ou de canevas : on ne trouvait de vitres que dans les habitations des gens riches, dans les hôtels des seigneurs et dans les palais des rois. Quelquefois ces vitres étaient ornées de peinture ; et l'on vit même une époque où l'art de peindre sur verre se perfectionna à un tel point, qu'on représenta sur les vitres toutes sortes de figures, et même des histoires entières.

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