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L'origine de Vœu



Depuis la plus haute antiquité

L'usage des vœux remonte à la plus haute antiquité ; et cet usage était si fréquent chez les Grecs et chez les Romains, que les anciens monuments offrent des preuves fréquentes de l'accomplissement de ces promesses dictées par la religion ou par la superstition. Ces vœux se faisaient ou dans les nécessités pressantes, ou pour l'heureux succès d'une entreprise ou d'un voyage, pour un heureux accouchement, par un mouvement de dévotion, ou pour le recouvrement de la santé. Ce dernier motif a donné lieu au plus grand nombre de vœux ; et, en reconnaissance, on mettait dans les temples la figure des membres dont on croyait avoir reçu la guérison par la bonté des dieux. Entre les anciens monuments qui font mention des vœux, on a trouvé une table de cuivre sur laquelle sont rapportées toutes les guérisons opérées par la puissance d'Esculape.


Les vœux de religion

Ces vœux sont ordinairement au nombre de trois, savoir : celui de chasteté, celui de pauvreté et celui d'obéissance ; les religieuses font en outre vœux de clôture. Quelques auteurs attribuent l'établissement des vœux de religion à saint Basile, qui vivait au milieu du IVe siècle. Un décret du 15 février 1790, sanctionné le 20 du même mois, supprima les communautés religieuses, et prononça l'abolition des vœux de religion. Un autre décret, du 18 février 1809, a rétabli des sœurs hospitalières, en limitant à cinq années les vœux qu'elles peuvent prononcer. Toutes les autorisations accordées depuis à des communautés de femmes, et même aux religieux du mont Saint-Bernard, etc., fixent également la durée des vœux à cinq ans. La loi du 24 mai 1825, qui a eu pour but de légaliser l'existence de toutes les communautés de femmes tolérées, mais non expressément autorisées à cette époque, n'ayant rien statué sur la durée des vœux monastiques, on doit conclure de son silence que les seuls vœux autorisés sont ceux qui ont été fixés à cinq années par le décret de 1809.
Tous les jours les religieuses font des vœux perpétuels, mais ces vœux ne les obligent que consciencieusement et non civilement.


Les vœux de Chevalerie

Les anciens chevaliers, dans presque toutes leurs entreprises, prenaient des engagemens que leur dictait la religion ou l'honneur. Outre les vœux généraux, la piété ou la superstition leur en suggérait de particuliers, qui consistaient à visiter divers lieux saints auxquels ils avaient dévotion, à déposer leurs armes ou celles des ennemis vaincus, dans les temples et dans les monastères, à faire observer différents jeûnes, à pratiquer divers exercices de pénitence. Bertrand Duguesclin, avant de partir pour soutenir un défi d'armes proposé par un Anglais, entendit la messe, et lorsqu'on était à l'offrande, il fit à Dieu celle de son corps et de ses armes, qu'il promit d'employer contre les infidèles, s'il sortait vainqueur de ce combat. Le même guerrier, étant devant la place de Moncontour, que Clisson assiégeait depuis longtemps sans pouvoir la forcer, jura de ne point manger de viande et de ne pas se déshabiller qu'il ne l'eût prise.
La valeur, ou plutôt la témérité, faisait faire encore aux anciens chevaliers des vœux singuliers, tels que d'être le premier à planter son pennon sur les murs ou sur la plus haute tour de la place dont on voulait se rendre maître, de se jeter au milieu des ennemis, de leur porter le premier coup.


Le vœu du paon ou du faisan

Ce vœu était le plus authentique de tous les vœux que faisaient les chevaliers lorsqu'ils s'apprêtaient à prendre quelque engagement pour entreprendre une expédition. La chair du paon et du faisan était, selon nos vieux romanciers, la nourriture particulière des preux et des amoureux. Le jour auquel on devait prendre l'engagement, on apportait, dans un grand bassin d'or ou d'argent, un paon ou un faisan, quelquefois rôti, mais toujours paré de ses plus belles plumes ; ce bassin était apporté avec cérémonie par des dames ou des damoiselles ; on le présentait à chacun des chevaliers, lequel faisait son vœu sur l'oiseau, après quoi on le rapportait sur une table, pour être distribué à tous les assistants, et l'habileté de celui qui le découpait était de le partager de manière à ce que chacun pût en avoir.
Les cérémonies de ce vœu sont expliquées dans un mémoire fort curieux de Sainte-Palaye sur la chevalerie, où il rapporte un exemple de cette cérémonie pratiquée à Lille le 9 février 1454, à la cour de Philippe-le-Bon, duc de Bourgogne, à l'occasion d'une croisade projetée contre les Turcs, qui venaient de s'emparer de Constantinople. Les historiens nous ont conservé tous les détails de la fête magnifique donnée par ce prince, ainsi que les différents vœux faits par les chevaliers de sa cour. Parmi ces vœux nous citerons ceux-ci : Le seigneur de Pont promit, devant le faisan, de ne jamais se mettre au lit le samedi jusqu'à la fin de la croisade ; le sire de Hautbourdin, de ne pas se désister de son entreprise qu'il ne tînt en son pouvoir le grand-turc prisonnier ; Philippe Pot, de ne pas s'asseoir à table les mardis, et de ne jamais porter, dans cette entreprise, d'armes au bras droit ; Hugues de Longueval voua qu'il ne boirait pas de vin avant d'avoir tiré du sang à un infidèle ; Guillaume de Montigny jura de porter jour et nuit une pièce de son armure, de ne point boire de vin le samedi, et de se vêtir ce jour-là d'une haire, etc.
La croisade n'eut pas lieu, et l'on peut croire que tous ces vœux ne furent pas plus exécutés. Quand le roi d'Angleterre, Edouard Ier, conféra la chevalerie à son fils, Edouard II, le jeune prince fit le même honneur à 270 de ses compagnons d'armes. Tous reçurent de la garde-robe royale des habits de soie et des manteaux de pourpre et d'or. Durant le banquet royal, les ménestrels placèrent sur la table deux cygnes dans des filets d'or. Le roi fit son vœu devant Dieu et devant les cygnes. Le prince et les chevaliers suivirent son exemple.

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