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L'origine de Voitures


Voiture, en latin vectura, fait de veho, porter.


Les premières voitures antiques

Les anciens avaient, comme nous, des voitures roulantes ; les premières qu'on fit étaient un ouvrage informe et grossier, monté sur deux roues, tel à peu près que nos tombereaux. Les Phrygiens furent les premiers qui les firent à quatre roues, et les Scythes en mirent jusqu'à six, ce qui n'est pas étonnant pour ces derniers, dont les voitures étaient des espèces de maisons mobiles pour leurs femmes et leurs enfants.
Les Romains avaient seize ou dix-sept espèces de voitures, qui avaient des dénominations différentes. Les chars, qui servaient à porter les images des dieux dans les pompes et cérémonies publiques, n'avaient que deux roues. Le carpentum fut d'abord la voilure des dames de qualité et des vestales ; on y attelait des chevaux ou des mulets blancs ; dans la suite les empereurs et les impératrices se l'approprièrent. Ces sortes de chars étaient ordinairement chargés de dorures et de bas-reliefs, et quelquefois de pierreries. Le carruque, carruca, et le pilentum, étaient des voitures couvertes à quatre roues, qui ne servaient qu'aux personnes de qualité ; on y attelait des mules et des mulets. Les calèches et les cabriolets n'étaient pas inconnus aux Romains ; on en trouve sur les anciens monuments qui sont tirés par un seul cheval.


Les voitures de charge

Les voitures de charge, dont les Grecs attribuaient l'invention à Ericthon, quatrième roi d'Athènes, étaient aussi à deux ou à quatre roues. Elles étaient tirées par des chevaux, des mulets, des bœufs ou des ânes qu'on attachait toujours à un joug. La voiture appelée rheda était un char à quatre roues ; on s'en servait comme on se servait par la suite des coches. Outre les voitures roulantes, les anciens avaient des litières et des chaises à porteurs.


La basterne

La basterne fut inventée à Rome, sous les consuls, et succéda à la litière, dont elle différait peu. La litière était portée sur les épaules des esclaves, au lieu que la basterne était portée par des bêtes. La mode des basternes passa d'Italie dans les Gaules. Grégoire de Tours dit que Deuterie, femme de Théodebert Ier, roi de Metz, voyant sa fille nubile, et craignant que le roi ne l'enlevât, la mit dans une basterne, et y fit atteler deux taureaux indomptés, qui la précipitèrent du haut du pont de Verdun.
Le père Daniel, dans son Histoire de France, prétend que la basterne était une espèce de chariot tiré par des bœufs, et que ce fut dans une pareille voiture que Clotilde se mit en route en 493, pour aller à Soissons célébrer son mariage avec Clovis.


Le carpenton

Nos rois de la première race se servaient d'une voiture nommée carpenton, attelée de quatre bœufs, et s'y faisaient traîner d'ordinaire lorsqu'ils allaient se montrer au peuple et recevoir ses présents. On ne sait si le carpenton était une carriole ou une manière de tombereau et de charrette. Telle était la simplicité de nos ancêtres, qu'ils n'avaient pour leur commodité ni chars, ni carrosses ; ils ne se servaient que de chevaux ou de litières, même dans les cérémonies les plus pompeuses. Les princesses et les dames assistaient aux joutes, aux tournois et aux autres fêtes, ou sur un palefroi mené par deux palefreniers, ou montées sur la croupe du cheval sur lequel était leur écuyer.
Anne de Bretagne, Marie d'Angleterre, la reine Claude, la reine Éléonore, Catherine de Médicis et Elisabeth d'Autriche, firent leurs entrées dans de riches litières découvertes. La voiture de Charles V et de la reine était un chariot attelé de cinq chevaux.


Monter à cheval

Le plus souvent ce monarque montait à cheval, et quelquefois il marchait à pied, pour se rendre aux différents palais qui étaient dans sa capitale. L'usage d'aller à cheval dans Paris et de monter en croupe est ancien ; il a duré jusqu'au règne de Louis XIII. Les dames n'étaient pas les seules qui allassent en croupe, les hommes y allaient aussi quelquefois. Lorsque Saint-Vallier, en 1524, fut conduit à la Grève pour avoir la tête tranchée, il était sur une mule, et avait derrière lui un huissier en croupe. Les légats faisaient leurs entrées dans Paris montés sur une mule; les présidents et les conseillers allaient aussi au parlement sur des mules ; et, pour monter dessus, il y avait, tant au palais qu'à la porte, des montoirs de pierre ; mais les dames qualifiées faisaient quelquefois usage de chariots et de coches ronds, faits, dit Favin, de même que les gondoles qui ont la proue et la poupe découvertes et le milieu couvert.


Le perfectionnement des voitures

Il n'y a donc pas fort longtemps que chez nous les voitures sont devenues aussi communes, aussi commodes et aussi magnifiques. Elles ont, dans la XIXe siècle, atteint le plus haut degré de perfection où elles semblent pouvoir parvenir. On en a vu qui contenaient jusqu'à des lits, et au moyen desquelles on pouvait voyager aussi commodément que si l'on n'était pas sorti de sa chambre. La mécanique a aussi fait des chefs-d'œuvre en ce genre : des voitures ont publiquement fourni des courses assez longues et assez rapides, sans autre secours que celui des ressorts intérieurs qui les faisaient mouvoir.

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