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L'origine de Volcan



Un nom d'origine sicilienne

On a nommé anciennement Vulcanie, une des îles Éoliennes, près de la Sicile ; cette île est couverte de rochers dont le sommet vomit des tourbillons de flamme et de fumée. C'est là que les poètes ont placé la demeure ordinaire de Vulcain, dont elle a pris le nom ; car on l'appelle encore aujourd'hui Volcano, d'où est venu le nom de volcan, appliqué à toutes les montagnes qui jettent du feu. Il n'est guère de phénomènes sur la terre qui aient plus attiré l'attention des physiciens que les volcans, et qui soient encore si obscurcis, quoique plusieurs savants s'en soient occupé.


Les éruptions volcaniques

Les volcans ne lancent point continuellement des feux. Les éruptions présentent même quelquefois des intermittences de plusieurs siècles. Depuis longtemps le Vésuve était dans l'inaction, lorsque tout-à-coup il se ralluma, sous le règne de Titus, et ensevelit sons ses déjections les villes de Pompéi, d'Herculanum et de Stabies. En 1630, il se ralluma de nouveau : alors sa cime était habitée et couverte de forêts.
Les éruptions volcaniques s'annoncent ordinairement par des bruits souterrains et par l'apparition de la fumée qui sort du cratère. Peu à peu ces bruits redoublent, la terre tremble, la fumée s'épaissit, s'élève en colonne, et sa partie supérieure forme une cime touffue et épanouie, ou se disperse dans les airs en épais nuages qui couvrent de ténèbres toute la contrée d'alentour. Bientôt ces colonnes et ces nuages sont traversés par des sables embrasés et des matières incandescentes qui sortent avec explosion du volcan, s'élèvent rapidement dans les airs à de grandes hauteurs, et retombent ensuite sous la forme d'une pluie de cendres ou de pierres. C'est alors qu'au milieu de ces convulsions s'échappent des torrents d'un liquide rouge de feu. Ils sillonnent les flancs de la montagne, surmontent tous les obstacles, renversent tontes les barrières, et ne s'arrêtent que lorsque le refroidissement des matières leur a fait perdre leur fluidité.


Le début de l'explication du phénomène volcanique

Les relations des éruptions volcaniques sont très multipliées, mais presque toujours exagérées, soit à cause de la terreur qu'impriment de tels phénomènes, soit par le merveilleux qui s'attache ordinairement aux choses dont l'origine n'est point connue.
Les laboratoires dans lesquels la nature prépare les phénomènes volcaniques sont inaccessibles pour nous, et ici l'observation jusqu'au XIXe siècle, ne pouvait aider aux recherches. Ce qui paraissait seulement constaté, c'est que le calorique en était le principal agent et que les volcans en activité se trouvaient tous à peu de distance de la mer. Cet élément semblait jouer un rôle important dans cet accident des montagnes ; ajoutons cependant que des torrents d'eau et de boue ont été vomis par des volcans connus pour avoir lancé des matières ardentes, et qu'il existe aussi des volcans nommés Salses, dont les éruptions sont constamment vaseuses, quoique précédées d'ailleurs des mêmes phénomènes que présentent les autres volcans.


Les différents volcans sur terre

En Europe, il n'existe qu'un petit nombre de volcans brûlants : l'Etna, qui s'élève sur les cotes de la Sicile, jusqu'à une hauteur de 3400 mètres ; le Vésuve, qui, beaucoup moins élevé, mais non moins célèbre, domine la ville de Naples, et se trouve séparé de l'Etna par les petits volcans de Stromboli et de Vulcano, situés dans les ïles Lipari ; les montagnes de Milo et de Santorin, dans les îles de l'Archipel ; et au nord, dans l'Islande, l'Hécla et six autres volcans.
Le continent de l'Asie n'en possède également qu'un bien petit nombre, et sa partie septentrionale n'en renferme aucun ; a peine en cite-t-on même quelques-uns sur les bords de la mer Caspienne ; mais le nombre des volcans s'élève à plus de cent dans les îles qui entourent ce continent.
Il existe une cinquantaine de volcans en Amérique : les plus remarquables sont ceux du moderne et célèbre Jorullo ; de Guatimala, qui a 4600 mètres de hauteur ; de Pichincha, élevé de près de 5000 mètres ; de Colopaxi, qui s'élève à 5750 mètres ; et celui de l'Antisana, qui en atteint 6000.
En définitive, on compte 205 volcans brûlants : 107 sont situés dans les îles, et 98 dans des continents à proximité des côtes.


Les premières cartes volcaniques

Indépendamment des volcans enflammés, la terre en a eu autrefois beaucoup qui se sont éteints, et dont l'existence n'est prouvée que par les traces de leurs dévastations. Plusieurs de nos départements sont couverts de laves vomie par ces volcans, dont l'origine est antérieure aux temps historiques. Au XVIIIe siècle, M. Desmarest a donné une carte des montagnes de l'Auvergne, où il a désigné les bouches d'où sortaient jadis ces torrents de matières liquéfiées ; il a tracé la marche de chacun d'eux, et a marqué la limite où ils se sont arrêtés. M. Desmarest, l'élevant à des considérations générales, fixe trois époques de ces anciens volcans. Les plus modernes ressemblent a ceux qui sont encore enflammés, hors le feu qu'ils ne vomissent plus; leur cratère est distinct, bordé de scories ; les laves qu'ils ont jetées forment des courants continus et moulés sur les inégalités du terrain. Dans ceux de l'époque moyenne, le cratère commence à s'effacer, les scories sont devenues pulvérulentes, les eaux ont creusé de profonds vallons dans les laves, et celles-ci se trouvent par là souvent perchées sur le haut des collines. Enfin les plus anciens de tous n'ont laissé ni cratères ni scories, et leurs laves sont recouvertes de couches nombreuses d'autres pierres, ou bien elles y sont mêlées. M. Desmarest pense que c'est faute d'avoir distingué ces époques que quelques naturalistes ont nié que ces anciennes laves eussent une origine volcanique.

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