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L'origine de Voler



Depuis la mythologie grecque

Depuis Dédale, qui, dit on, s'échappa du fameux labyrinthe de Crète, à l'aide d'ailes artificielles que lui-même avait fabriquées, jusqu'à nos jours, on a vu, à différentes époques, les hommes essayer, avec plus ou moins de succès, de traverser les régions de l'air.


Des tentatives infructueuses

Vers la fin du XVe siècle, un mathématicien, natif de Pérouse, nommé Jean-Baptiste Dante, trouva le moyen de faire des ailes artificielles, si bien proportionnées à la pesanteur de son corps qu'il s'en servait pour voler. Après en avoir fait plusieurs expériences sur le lac de Trasimène, il voulut donner ce spectacle à sa patrie. Il s'éleva en effet très haut, et vola par dessus la place de Pérouse ; mais le fer avec lequel il dirigeait une de ses ailes s'étant cassé, l'artiste tomba sur l'église de Notre-Dame, et se cassa la cuisse.
En 1660, un nommé Cook fit publiquement l'essai de différentes machines de son invention, à l'aide desquelles il prétendait s'élever et se soutenir dans les airs.
En 1772, M. Déforges, chanoine d'Étampes, annonça, dans les papiers publics, une machine propre à s'élever en l'air, machine qu'il nommait cabriolet volant.
Dans le XVIIIe siècle, un nommé Baqueville imagina un appareil qui lui permit de s'élancer d'une fenêtre de sa maison, au coin de la rue des Saints-Pères, à Paris, jusqu'au milieu de la rivière, où il tomba sur un bateau et se cassa la cuisse. Malgré sa triste aventure, il fallait que son invention fût encore assez ingénieuse, puisqu'elle le soutint dans un pareil trajet.


Un essai prometteur

Enfin en 1812, M. Degen, horloger à Vienne en Autriche, a inventé une machine qu'il crut pouvoir perfectionner assez pour mériter le surnom de Dédale moderne. Les essais qu'il en a d'abord faits dans la grande salle de l'Université de cette capitale de l'Autriche et dans la manège impérial, ont pleinement satisfait les spectateurs, quoique M. Degen fit encore usage d'un contre-poids de cinquante livres, placé au bout d'une corde qui passait dans une poulie, et dont il s'attachait l'autre extrémité autour des reins. La machine même, dont le journal intitulé Morgenblatt donna la gravure, forme deux espèces d'ailes au milieu desquelles se place le nouveau navigateur aérien. Dans cette position, et retenu par le contre-poids, M. Degen s'est élevé à une hauteur de cinquante-quatre pieds et a volé dans toutes les directions. Ses mains étaient appuyées sur deux poignées qui lui servaient a mettre les ailes en mouvement.
Dès lors il ne doutait pas que lorsque son invention aurait été perfectionnée, et qu'il aurait acquis lui-même plus d'habitude de la manœuvrer, il ne pût se passer de contre-poids et voler librement dans les air. Il se proposait même d'employer incessamment sa découverte à la solution d'un problème qui a occupé inutilement jusqu'ici l'imagination des aéronautes. Il espérait que sa machine attelée, si l'on peut s'exprimer ainsi, à un ballon lui donnerait les moyens de le diriger. Il paraît qu'il n'a point été trompé dans son attente, et que ses travaux ont été couronnés d'un plein succès, puisque avant la fin de la même année, M. Degen a fait deux fois dans le Prater l'expérience publique de ses ailes artificielles. Il s'est tour-à-tour élevé au-dessus des arbres, et rabaissé sur la terre avec la facilité d'un oiseau et selon toutes les directions. On disait que cette invention présentait déjà plus d'utilité que les ballons.

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