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L'origine de Galanterie



Le désir de plaire

Notre liaison avec les femmes, dit Montesquieu, est fondée sur le bonheur attaché aux plaisirs des sens, sur le charme d'aimer et d'être aimé, et encore sur le désir de leur plaire ; parce que ce sont des juges très éclairés sur une partie des choses qui constituent le mérite personnel. Ce désir général de plaire produit la galanterie, qui n'est point l'amour, mais le délicat, mais le léger, mais le perpétuel mensonge de l'amour.
Selon les circonstances différentes, dans chaque nation et dans chaque siècle, l'amour se porte plus vers une de ces trois choses que vers les deux autres. Dans le temps de nos combats, ce fut l'esprit de galanterie qui dut prendre des forces.


Le système merveilleux de la chevalerie

On trouve, dans la loi des Lombards, que, si un des deux champions avait sur lui des herbes propres aux enchantements, le juge les lui faisait ôter, et le faisait jurer qu'il n'en avait plus. Cette loi ne pouvait être fondée que sur l'opinion commune : c'est la peur, qu'on a dit avoir inventé tant de choses, qui fit imaginer ces sortes de prestiges. Comme dans les combats particuliers les champions étaient armés de toutes pièces, et qu'avec des armes pesantes, offensives et défensives, celles d'une certaine trempe et d'une certaine force donnaient des avantages infinis, l'opinion des armes enchantées de quelques combattants a dû tourner la tête à bien des gens.
De la naquit le système merveilleux de la chevalerie. Tous les esprits se prêtèrent à ces idées. On vit dans les romans, des paladins, des négromants, des fées, des chevaux ailés ou intelligents, des hommes invisibles ou invulnérables, des magiciens qui s'intéressaient à la naissance ou à l'éducation des grands personnages, des palais enchantés et désenchantés, dans notre monde un monde, nouveau, et le cours ordinaire de la nature laissé seulement pour les hommes vulgaires.


La conjugaison de l'amour, de la force et de la protection

Des paladins toujours armés, dans une partie du monde pleine de châteaux, de forteresses et de brigands, trouvaient de l'honneur à punir l'injustice et à défendre la faiblesse. De là encore, dans nos romans, la galanterie fondée sur l'idée de l'amour jointe à celle de force et de protection. Ainsi, naquit la galanterie, lorsqu'on imagina des hommes extraordinaires qui, voyant la vertu jointe à la beauté et à la faiblesse, furent portés à s'exposer pour elle dans les dangers, et à lui plaire dans les actions ordinaires de la vie. Nos romans de chevalerie flattèrent ce désir de plaire, et donnèrent à une partie de l'Europe cet esprit de galanterie que l'on peut dire avoir été peu connu des anciens.


La galanterie dans la Rome antique

Le luxe prodigieux de cette immense ville de Rome flatta l'idée des plaisirs des sens : une certaine idée de tranquillité dans les campagnes de la Grèce fit décrire les sentiments de l'amour : l'idée des paladins, protecteurs de la vertu et de la beauté des femmes, conduisit à celle de la galanterie. Cette idée se perpétua par l'usage des tournois qui, unissant ensemble les droits de la valeur et de l'amour, donnèrent encore à la galanterie une grande importance.

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