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L'origine de Assassin



Un nom donné aux Ismaéliens

Les auteurs ne sont pas d'accord sur l'étymologie de ce mot : Vertot, dans son Histoire de Malte, le fait venir d'assissin, nom qu'un malheureux petit peuple de montagnards, habitant dans des cavernes vers le chemin de Damas, et dont nous allons parler, donnait aux poignards qu'il portait.
Les historiens des croisades ont donné le nom d'assassins aux ismaéliens sujets du prince des Montagnes, appelé par quelques auteurs le Vieux de la Montagne, dont les sectaires étaient embrasés d'un tel esprit de fanatisme que sur son ordre ils allaient, sans crainte de la mort et des tourments, poignarder les princes qui leur étaient désignés. Ce mot, en passant dans l'Occident avec une légère altération, nous a fourni un terme qui exprime celui qui commet un meurtre de propos délibéré.
M. Sylvestre de Sacy ne doute point que cette dénomination n'ait été donnée aux ismaéliens à cause de l'usage qu'ils faisaient d'une liqueur ou préparation enivrante, connue encore dans tout l'Orient sous le nom de haschisch, composée principalement de feuilles de chanvre et quelquefois d'autres parties de ce végétal. Ceux qui font usage de cette boisson sont encore appelés aujourd'hui haschischin et hachaschin, et ces deux expressions différentes font voir pourquoi les ismaéliens ont été nommés par les historiens des croisades tantôt assissini et tantôt assassini.


Une autre étymologie

M. R., ancien résident au Levant, dans une lettre écrite de Marseille, le 16 décembre 1809, présente une autre étymologie que celle de M. de Sacy, pour l'épithète d'assassins, donnée à la secte des ismaéliens. Ce dernier attribue cette épithète au mot haschisch, signifiant herbe en général, et par acception particulière chanvre.
Or, parce que les Arabes ont su depuis longtemps retirer du chanvre un breuvage qui enivre et rend furieux, comme l'opium, et que ce breuvage a quelquefois servi à préparer des fanatiques à l'acte que les musulmans nomment le combat sacré, c'est-à-dire le meurtre de dessein prémédité, M. de Sacy veut que l'on ait appelé haschichi ou hachichi, c'est-à-dire les gens à l'herbe, toute la secte des isméliens, qui a fourni beaucoup de fanatiques de ce genre.


Un mot employé par le peuple de Syrie et de la Basse-Egypte

Mais, pour établir cette assertion, il faudrait prouver d'abord que l'emploi de ce breuvage ait été habituel et général chez cette secte, au point de la distinguer de tous les autres Arabes qui s'en servaient, sans tuer également. L'histoire n'apprend rien de semblable. Le mot haschisch diffère trop réellement du mot assassin, heisseissein et haussaci (Joinville l'écrit de cette dernière manière), pour avoir dû leur servir de type original...
Il faut donc chercher un mot plus ressemblant ; on le trouve dans le substantif hassas au pluriel hassassio, qui est employé par le peuple de Syrie et même de la Basse-Egypte pour désigner un voleur de nuit, un homme de guet-apens. Ce mot hassas est un dérivé du verbe hass, que Golius cite, avec les sens divers de tuer, détruire , écouter aux portes, parler à voix basse (comme les gens qui se cachent), avoir de méchantes inclinations ; et tous ces caractères se trouvent réunis dans la secte entière des ismaéliens. Il est donc naturel de croire que, parlant souvent d'eux et de leurs actions, on les aura appelés Hassassin (les gens de guet-apens), plutôt que Haschischi (les gens de l'herbe ), dont n'usaient que quelques uns de leurs dévoués.

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