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L'origine de Danse



Liée à une expression de joie

« Il serait extrêmement ridicule de rechercher, dit Moreau de Saint-Méry (De la danse, 1803), quelle a pu être l'origine de la danse, puisque ce serait lui en supposer une autre que celle de tous les grands mouvements de l'âme qui appartiennent aux passions. En effet, celui qui éprouve un transport d'allégresse l'exprime par des mouvements semblables en tout à ceux de la danse ; et, si cette joie est commune à plusieurs individus, il est naturel que, s'unissant presque involontairement par les mains, par les bras, d'une manière qui les enchaîne en quelque sorte les uns aux autres, leurs mouvements se mêlent et se confondent.
Sans doute il y a un immense intervalle entre cette expression de la joie de l'homme simple et les grâces voluptueuses de la danse des peuples civilisés ; mais il est facile de voir qu'en cela, comme en une foule d'autres choses, l'art n'a fait qu'embellir la nature. »


Les danses solennelles des anciens

« Les anciens, ajoute l'auteur que nous venons de citer, avaient des danses solennelles qui prenaient un caractère analogue aux personnages qu'on célébrait, à l'événement qu'on rappelait. Tantôt graves, tantôt vives, quelque
fois présidées par la pudeur la plus austère, d'autres fois capables de l'alarmer, elles peignaient toujours ou le génie d'un peuple ou ses opinions. Quelquefois la danse était destinée à retracer l'image des combats, afin que, jusque dans ses plaisirs, le guerrier pût nourrir son âme des sentiments qui le faisaient voler à la gloire ; et le sourire d'une jeune beauté annonçait au Spartiate quel serait le prix de ses exploits. »
L'ancienneté et l'universalité de la danse sont également attestées par tous les écrivains. Il n'y a point de peuple qui n'ait eu ses danses particulières : on en trouve l'usage jusque chez les peuples les plus barbares, et chez les nations les moins civilisées.


Les danses sacrées

Ajoutons qu'anciennement la danse faisait partie des cérémonies consacrées au culte de la Divinité.
Après le passage de la mer Rouge, Moïse et sa sœur rassemblèrent deux grands chœurs, l'un composé d'hommes, l'autre de femmes, et dansèrent un ballet solennel d'actions de grâces. L'histoire sainte nous apprend que la danse faisait une des principales parties des grandes fêtes des Juifs. Les lévites exécutaient des danses sacrées pour remercier Dieu ; et le saint roi David accompagna, en dansant, l'arche depuis la maison d'Obédedon jusqu'à la ville de Bethléem. Dans les temples de Jérusalem, de Samarie et d'Alexandrie, on voyait une espèce de théâtre destiné aux chanteurs et aux danseurs dans la pompe des fêtes solennelles.
Cette clause sacrée fut successivement imitée par les Égyptiens, les Grecs, les Romains et les autres peuples de la terre. Le culte qu'Orphée institua fut bientôt accompagné de danses, qui furent nommées sacrées. Numa, en jetant les fondements de sa religion, forma le collège des prêtres de Mars ; et, au nombre des cérémonies qu'il leur prescrivit, il ajouta la danse sacrée qu'ils exécutaient dans leur marche, pendant les sacrifices et dans les fêtes solennelles. Chacun des dieux que Rome adopta dans la suite eut des temples, des autels et des danses : telles étaient celles de la bonne déesse, des Saturnales, celles du premier jour de mai, etc.
Les Gaulois, les Espagnols, les Allemands, les Anglais, eurent leurs danses sacrées.


La danse et l'église

L'église naissante regardait la danse comme faisant partie du culte qu'on rendait à la Divinité. Chaque mystère, chaque fête, avait ses hymnes et ses danses. La fête des Agapes, instituée dans la primitive église, en mémoire de la cène de Jésus-Christ, avait ses danses comme les autres. Quoique la danse sacrée ait été successivement retranchée des cérémonies de l'église, cependant elle en fait encore partie dans quelques pays catholiques. En Portugal, en Espagne, dans le Roussillon, on exécute des danses solennelles en l'honneur de nos mystères et de nos plus grands saints. Toutes les veilles des fêtes de la Vierge, les jeunes filles s'assemblent devant la porte des églises qui lui sont consacrées, et passent la nuit à danser en rond et à chanter des hymnes et des cantiques à son honneur.
En France même, on voyait encore, vers le milieu du XVII siècle, les prêtres et tout le peuple de Limoges danser en rond dans le chœur de Saint-Léonard, en chantant : Sant Marcian, pregas per nous, etc. Et le père Ménétrier, jésuite, qui écrivait son Traité des ballets en 1682, dit, dans la préface de cet ouvrage, et qu'il avait vu encore les chanoines de quelques églises, qui, le jour de Pâques, prenaient par la main les enfants de chœur, et dansaient dans le chœur en chantant des hymnes de réjouissance.

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