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L'origine de Fête


Il était encore d'usage, sous Louis XIV, d'aller, les veilles des grandes fêtes, se les souhaiter réciproquement, comme plusieurs personnes y vont encore aujourd'hui la veille ou le jour de la fête du patron de celui qu'on visite. De là cette expression de madame de Sévigné à sa fille, en lui écrivant le jour de Noël : Je vais donc vous souhaiter les bonnes fêles, et vous assurer, etc.


La fête des ânes

Cette fête se célébrait anciennement à Beauvais, le 14 janvier. On choisissait, pour représenter la Vierge, une fille, la plus belle de la ville. On la faisait monter sur un âne richement enharnaché ; on lui mettait entre les bras un joli enfant. Dans cet état, suivie de l'évêque et du clergé, elle marchait en procession de l'église cathédrale à l'église paroissiale de Saint-Etienne, entrait avec son âne dans le sanctuaire, où elle se plaçait du côté de l'évangile. Aussitôt l'Introït commençait. L'Introït, le Kyrie, le Gloria, le Credo, tout ce que le chœur chantait était terminé par ce refrain, hi-han hi-han, qu'on répétait en imitant la voix de l'âne. La prose, moitié latine, moitié française, et qui commençait ainsi :

Orientis partibus
Adventavit asinus
Pulcher et fortissimus,
sarciois aptissimus.

expliquait les Belles qualités de cet animal. Chaque strophe finissait par cette douce invitation qui lui était adressée :

Hez, sire asue, car chantez ;
Belle bouche rechignez,
Vous aurez du foin assez
Et de l'avoine à planter.

Le diacre, à la fin de la messe, tourné vers le peuple, disait : Ite missa est, hi-han, hi-han, hi-han, et le peuple répondait de même : Deo gratias, hi-han, hi-han, hi-han.


La fête de Noël

On avait, dans quelques villages de Flandre, une manière de célébrer la fête de Noël, non moins ridicule que celle qui était en usage à Beauvais pour célébrer la fête des ânes.
D'abord paraissait un jeune homme à moitié nu, avec des ailes au dos. Il récitait l'Ave Maria à une jeune fille qui répondait fiat (que votre volonté s'accomplisse), et l'ange la baisait sur la bouche. Ensuite un enfant, enfermé dans un grand coq de carton, criait, en imitant le chant du coq : Puer notas est nobis (un enfant nous est né) ; un gros bœuf, en mugissant, disait : ubi (où), qui se prononçait oubi. Une longue procession, précédée de quatre brebis, bêlait en criant : Bethléem. Un âne criait hihanus, pour signifier eamus (allons-y). Un fou, avec des grelots et des marottes, fermait la marche.


La fête des fous

Cette fête paraît remonter à une très haute antiquité ; les Romains la célébraient avec celle de Romulus Quirinus, le 18 février. Cette fête, que les ecclésiastiques rétablirent, était donc renouvelée, sinon des Grecs, du moins des Latins ; ils la célébraient dans la plupart des églises, durant l'office divin, depuis Noël jusqu'au jour des Rois.
Elle avait lieu à Paris, le jour de la Circoncision, dans quelques endroits le jour de l'Épiphanie, et ailleurs le jour des Innocents. Les prêtres et les clercs s'assemblaient, élisaient un pape, un archevêque ou évêque, le conduisaient en grande pompe à l'église, où ils entraient en dansant, masqués et revêtus d'habits de femmes, ou de bouffons, et sous la forme d'animaux. Ils chantaient des chansons infâmes, faisaient un buffet de l'autel, sur lequel ils buvaient et mangeaient pendant la célébration des saints mystères, y jouaient aux dés, brûlaient, au lieu d'encens, le cuir des vieilles sandales ; couraient, sautaient dans le lieu saint avec toutes les postures indécentes que prennent les bateleurs pour amuser le peuple. En 633, le concile de Tolède ne négligea rien pour abolir cette fête ou, si l'on veut, cette orgie, contre laquelle longtemps auparavant saint Augustin s'était élevé avec force.


La fête des innocents

Cette fête était une branche de celle des fous, et se célébrait le jour des Innocents. On en trouve encore des vestiges dans l'usage où sont quelques cathédrales de faire officier ce jour-là les enfants de chœur.

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