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L'origine de Gamme


Gamme, gamm-ut ou gamma-ut (terme de musique). Table ou échelle sur laquelle on apprend à nommer et entonner juste les degrés de l'octave... La gamme a aussi été nommée main harmonique.


L'échelle de Gui l'Arétin

Gui Arétin ayant, selon l'opinion commune, ajouté au diagramme des Grecs un tétracorde à l'aigu, et une corde au grave ; ou plutôt, selon Meibomius, ayant par ses additions rétabli ce diagramme dans son ancienne étendue, il marqua cette corde grave par la lettre G (Γ), que les Grecs appellent gamma ; et comme cette lettre se trouva ainsi à la tête de l'échelle en plaçant dans le haut les sons graves, selon la méthode des anciens, elle a fait donner à cette échelle le nom de gamme.
D'ailleurs, dit Dutens, l'échelle de Gui l'Arétin, ou du moins celle dont on le suppose l'inventeur, n'est que l'ancienne échelle des Grecs un peu plus étendue, et que Gui même pouvait fort bien avoir tirée d'un vieux manuscrit grec de plus de 800 ans, que Kircher dit avoir vu à Messine a la bibliothèque des Jésuites, dans lequel on trouvait des hymnes notées à la manière appelée de Gui l'Arétin. Remarquons que les anciens attribuaient à Pan l'invention de la gamme musicale, et que c'est pour cela qu'on le représente avec la flûte à sept tuyaux.


La gamme tirée de l'hymne de saint Jean-Baptiste

Gui, surnommé Arétin, parce qu'il était moine de l'ordre de Saint-Benoît à Arezzo, en Toscane, ayant donc substitué, en 1026, son hexacorde au tétracorde ancien, substitua aussi pour le solfier, six autres syllabes aux quatre, te, ta, thé, tho, que les Grecs employaient autrefois. Ces six syllabes sont les suivantes : ut, ré, mi, fa, sol, la, tirées, comme chacun sait, de la première strophe de l'hymne de saint Jean-Baptiste en vers saphiques :

Ut queant laxis
Resonare fibris
Mira gestorum
Famuli tuorum,
Solve pollutis
Labiis reatum, Sancle Joannes.

Il n'a fallu pour cela, comme Bayle le remarque dans son Dictionnaire historique, que prendre la première et la sixième syllabe de chaque vers. Mais chacun ne sait pas que l'air de cette hymne, tel qu'on le chante aujourd'hui dans l'église romaine, n'est pas exactement celui dont l'Arétin tira ses syllabes, puisque les sons qui les portent dans cette hymne ne sont pas ceux qui les portent dans sa gamme. Un ancien manuscrit, conservé dans la bibliothèque du chapitre de Sens, offre cette hymne telle probablement qu'on la chantait du temps de l'Arétin, et dans laquelle chacune des six syllabes est exactement appliquée au son correspondant de la gamme.

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