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L'origine de Jambe artificielle



Les diverses inventions de membres artificiels

Ambroise Paré, célèbre chirurgien, a recueilli dans ses œuvres la figure de diverses inventions de jambes, de bras et de mains artificielles qui réparent les difformités que cause la perte des membres et qui servent à remplir l'action qu'ils exerçaient, et il en fait honneur à un habile serrurier de Paris, nommé Petit Lorrain.
En 1747, le sieur Garat, menuisier à Paris, présenta à l'académie de chirurgie des jambes artificielles qui méritèrent l'approbation de ce corps respectable. Le Journal de la Blancherie (1781 et 1782), attribue à MM. Dupont et Courtin, mécaniciens à Paris, l'invention de cuisses et de jambes artificielles, par le moyen desquelles tous les mouvements du genou et du pied s'opéraient en tous sens. Parmi les jambes de cette espèce, on peut encore citer celles dont sont auteurs MM. Oudet, Sonneck et Prévost.


L'invention de M. Daret

Enfin, en 1818, M. Daret a présenté à la société d'Encouragement une jambe en bois de tilleul évidé ; le mécanisme en est d'autant plus parfait, qu'il est très simple et peu susceptible de dérangement.
Cette jambe avec son cuissard, toute garnie et recouverte en peau, ne pèse que quatre livres et demie, quoique proportionnée, au besoin, à une taille de cinq pieds six pouces. Pendant la marche, elle a la flexion du genou comme la jambe naturelle ; elle a aussi celle de l'articulation des chevilles et du coude-pied, et une troisième à l'orteil. Le mouvement qu'elle reçoit en marchant lui donne un raccourcissement suffisant pour la diriger en avant en ligne droite, ce qu'on ne peut obtenir avec les jambes de bois ordinaires qui exigent qu'on donne un circuit au pied, pour ne pas buter contre les irrégularités du chemin. Un ressort de tension agit de lui-même sur la nouvelle jambe, pour la ramener au centre de gravité, et le moignon, qui est renfermé dans le cuissard, la replace dans la position qu'elle doit avoir pour supporter le poids du corps qui s'appuie dessus.
Le mécanisme de cette jambe est si solide, que quand même le ressort de tension viendrait à manquer il n'en résulterait aucun accident ; elle permet de se tenir debout au milieu d'une chambre, les bras croisés, et de prendre toutes autres positions, comme de s'asseoir et se lever, se baisser jusqu'à terre, sans que les deux pieds cessent de rester l'un près de l'autre ; on peut fléchir à la fois les deux genoux et les relever également ; enfin, on obtient plusieurs mouvements de ce genre, tellement naturels que l'œil pourrait s'y tromper. Tous ces mouvements s'opèrent sans bruit désagréable, et la jambe est si bien modelée, qu'elle imite la nature au point qu'on peut chausser un bas de soie, sans qu'on remarque de différence sensible. Le tendon d'Achille et l'extenseur sont figurés par des ressorts à boudin en laiton écroui, et produisent un effet si rapproché de la nature, qu'il faudrait un examen scrupuleux pour en faire la distinction.

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