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L'origine de Langue


« Un homme, dit M. Destutt de Tracy (Idéologie), fait d'abord un cri, peut-être sans projet ; il s'aperçoit qu'il frappe l'oreille de son semblable, qu'il attire son attention, qu'il lui donne une notion de ce qui se passe en lui ; il répète ce cri avec l'intention de se faire entendre : bientôt il en fait d'autres qui ont une autre expression ; il s'applique à varier ces expressions, à les rendre plus distinctes, plus circonstanciées, plus déterminantes ; il modifie ces cris par des articulations ; ils deviennent des mots auxquels il fait subir diverses altérations pour indiquer leurs rapports ; il en forme des phrases dont la tournure varie suivant les circonstances, les besoins, l'objet qu'on se propose, le sentiment dont on est animé : voilà une langue. »


Les trois états successifs des langues

Il faut, suivant Diderot, distinguer dans toutes les langues trois états par lesquels elles ont passé successivement au sortir de celui où elles n'étaient qu'un mélange confus de cris et de gestes, mélange qu'on pourrait appeler du nom de langage animal. Ces trois états sont l'état de naissance, celui de formation, et l'état de perfection.
La langue naissante était un composé de mots et de gestes, où les adjectifs sans genre ni cas, et les verbes sans conjugaisons ni régimes, conservaient partout la même terminaison. Dans la langue formée, il y avait des mots, des cas, des genres, des conjugaisons, des régimes, en un mot, les signes oratoires nécessaires pour tout exprimer, mais il n'y avait que cela. Dans la langue perfectionnée, on a voulu de plus de l'harmonie, parce qu'on a cru qu'il ne serait pas inutile de flatter l'oreille en parlant à l'esprit. Mais comme on préfère souvent l'accessoire au principal, souvent aussi l'on a renversé l'ordre des idées pour ne pas nuire à l'harmonie : de là l'inversion dans les langues.


Les idiomes contenus dans les langues

Malgré le nombre prodigieux des différentes langues que parlent les divers peuples qui couvrent le globe, et la confusion que le mélange des nations a dû apporter dans les idiomes dont elles se servent, quelques érudits ont cherché à rapporter tous les idiomes connus à quelques langues mères. Au nombre de ces investigateurs infatigables, pour ne parler que de ceux de France, nous nommerons Court de Gebelin, Fréret, Volney, et Latour d'Auvergne.


L'école spéciale des langues orientales vivantes

« C'est à M. Langlès que nous devons l'établissement de cette intéressante école, fondée en l'an III (1794). Indépendamment des orientalistes distingués qui en sont sortis, elle a donné un élan général à cette partie de la science. Cette institution française a suggéré l'idée de la création des collèges du Fort-William à Calcutta, et de Hertfort en Angleterre. Deux chaires de langues orientales ont été établies à Saint-Pétersbourg, et ces deux chaires ont été confiées à deux jeunes Français, élèves de notre école spéciale. »

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