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L'origine de Peinture


C'est un art qui, par des lignes et des couleurs, reproduit sur une surface l'apparence des objets visibles. La peinture embrasse trois choses principales, la composition, le dessin et le coloris. La première de ces trois choses, la composition, comprend l'invention, qui est un choix des objets qui doivent entrer dans le tableau, et la disposition, qui en est la distribution plus ou moins heureuse ; le dessin donne l'idée exacte de la forme et de la circonscription des objets, et le coloris offre au peintre le moyen d'imiter la couleur de ces mêmes objets avec toutes les nuances dont la nature les a enrichis.
La peinture, outre l'imitation des formes physiques, s'efforce encore, par l'emploi de tous ses moyens, de représenter aussi la nature transcendante et invisible dans tout ce qu'elle offre d'intelligible, dans les phénomènes visibles, l'expression du visage, les gestes, les attitudes ; elle fait parler par le secours de l'allégorie.


Une invention probablement égyptienne

Les sentiments sont partagés sur le pays et sur le temps où la peinture a pris naissance : les uns en font honneur aux Égyptiens, d'autres aux Grecs. Pline, dans le dénombrement qu'il nous donne des habiles ouvriers qui se sont distingués en chaque genre, ne parle point d'un seul Égyptien. Les diverses opinions rapportées au sujet de l'origine de cet art peuvent cependant se concilier, en distinguant deux sortes de peintures : la première et la plus ancienne, qui rehaussait un dessin par des couleurs employées entières et sans rupture ; la seconde, celle qui, après de longs efforts, est parvenue à rendre fidèlement la nature.
Les Égyptiens paraissent avoir découvert cette première espèce de peinture ; on voit en effet dans la Thébaïde des couleurs très vives et très anciennement appliquées sur le pourtour des grottes qui servaient probablement de tombeaux, sur les plafonds des temples, et sur des figures d'hommes et d'animaux. Ces couleurs, quelquefois enrichies de feuilles d'or, prouvent que les Égyptiens dans leur peinture ne connurent que l'art d'enluminer.


La peinture dans la Grèce antique

A l'époque de la guerre de Troie (fin du XIIe siècle avant J.-C.) les Grecs n'étaient guère plus habiles que les Égyptiens. Le Ixe siècle avant J.-C. produisit Cléophante de Corinthe, cité comme le premier peintre monochrome, parce qu'il n'employait qu'une seule couleur pour colorier les traits du visage, encore était-ce de la terre cuite et broyée. Vers la première olympiade (environ l'an 776 avant J.-C.) les artistes de Sicyone et de Corinthe, qui avaient déjà montré dans leurs dessins plus d'intelligence, se signalèrent par des essais qui étonnèrent leurs contemporains. Cependant ce ne fut qu'au commencement du Ve siècle avant J.-C. que la peinture sortit de sa longue enfance : Timagoras de Chalcis fut vainqueur au premier concours de peinture à Delphes ; et Panéus d'Athènes, quelques années avant la guerre du Péloponnèse, se plaça au premier rang des peintres de son temps par son tableau de la fameuse journée de Marathon, où les Athéniens défirent en bataille rangée toute l'armée des Perses : dans ce tableau les principaux chefs des deux armées étaient représentés de grandeur naturelle et parfaitement ressemblants.
Vers l'an 418 avant J.-C, Polygnote de Thasos fut le premier qui varia les mouvements du visage, qui peignit avec grâce la figure des femmes, et les revêtit de robes brillantes et légères. Ses principaux ouvrages étaient la prise de Troie et la descente d'Ulysse aux enfers. Polygnote employa les couleurs avec leur mélange ; c'est lui et Micon qui firent usage de l'ocre jaune, et qui peignirent à fresque le célèbre portique d'Athènes.
Apollodore d'Athènes parut au commencement du IVe siècle avant J.-C. ; il se fit remarquer par la correction du dessin, l'entente du coloris, et par la distribution des ombres, des lumières et du clair-obscur. Mais bientôt il fut surpassé par son disciple Zeuxis d'Héraclée, qui étudia la nature avec autant de soin qu'il en mit dans ses ouvrages ; on lui doit les progrès de l'art en ce qui concerne le bon goût et le coloris : on cite de lui particulièrement son tableau de l'Amour couronné de roses et sa superbe Hélène. Après Zeuxis la Grèce vit naître, à des époques très rapprochées, Parrbasius, à qui les artistes de son temps décernèrent le titre de législateur, mais il déshonora son pinceau en représentant les objets les plus infâmes ; Eupompe, qui fonda l'école de Sicyone; Pamphile de Macédoine, qui joignit le premier l'érudition à son art ; et bientôt après Apelle, qui effaça tous ses devanciers par ses ouvrages et par ses écrits. Le fort de son pinceau était un ton libre, noble et doux en même temps, qui touche le cœur et réveille l'esprit.
Du temps d'Apelle, Protogène de Caune, qui vivait à Rhodes, était son plus illustre rival ; ils apprirent à s'estimer, et se lièrent d'amitié par les dessins qu'ils firent à l'insu l'un de l'autre sur un tableau monté dans l'atelier de Protogène : ce dernier s'avoua vaincu. Ils convinrent de laisser ce tableau à la postérité tel qu'il se trouvait, prévoyant, comme cela arriva, qu'il ferait un jour l'admiration des maîtres de l'art. Ce précieux monument de deux grands peintres fut réduit en cendres au premier embrasement de la maison d'Auguste.
Aristide de Thèbes, également contemporain d'Apelle, ne possédait point l'élégance et les grâces au même degré; mais il excella dans les passions fortes et véhémentes; son coloris se ressentit de ces dispositions, il avait quelque chose de dur et d'austère. On attribue à Aristide un tableau sur la bataille des Grecs contre les Perses, où il fit entrer dans un seul cadre jusqu'à cent personnages.
Pausias, élève de Pamphile, se distingua dans la peinture appelée caustique : il fut le premier qui décora de cette manière les voûtes et les lambris. Il s'appliqua aussi à peindre des fleurs, afin de plaire à une courtisane nommée Glycère, de Sicyone, qui passait pour exceller dans l'art de faire des couronnes, et qui en était regardée comme l'inventrice.
Enfin Nicias d'Athènes doit être cité aussi parmi les artistes qui se distinguèrent dans la peinture, et qui ont fait tant d'honneur à la Grèce : ce fut lui qui employa le premier la céruse brûlée. Il paraît que l'art de la peinture, chez les Grecs, est resté dans les derniers siècles avant J.-C. au point où il fut porté par Apelle ; on ne trouve en effet aucun nom de peintre illustre qui ait ajouté aux découvertes de ses devanciers. L'état de la décadence de l'empire grec en fut sans doute la cause ; cependant les Romains mêmes, dans le siècle de leur plus grande splendeur (celui d'Auguste), ne disputaient aux Grecs que l'habileté dans la science du gouvernement : ils les reconnurent pour leurs maîtres dans les arts.


La peinture de l'antiquité romaine, jusqu'au XVe siècle

Toutefois la question de la peinture ne paraît pas pouvoir être résolue, les pièces de comparaison manquent. On trouve bien, à la vérité, quelques peintures mosaïques de l'antiquité à Rome, mais peu qui soient peintes au pinceau ; d'ailleurs le peu qui reste, et qui était peint à Rome sur les murailles, n'a été fait que longtemps après la mort des peintres célèbres de la Grèce. Avouons cependant que les préjugés sont très favorables à l'antiquité ; du temps même de Crassus on ne se lassait point d'admirer les ouvrages des anciens peintres, qui dans les trois écoles grecques paraissaient avoir poussé la partie du dessin, du clair-obscur, de l'expression et de la composition aussi loin que peuvent l'avoir fait les peintres modernes.
Ce fut probablement la guerre qui éloigna les Romains des arts libéraux. Pour la première fois, l'an 451 de Rome, l'histoire cite un Romain comme peintre : Caïus Fabius, dont le nom fait assez connaître la noblesse, ne dédaigna pas d'honorer les dieux par son pinceau. Il peignit à fresque tous les murs du temple que Junius Brutus fil élever à la déesse du Salut sur le mont Quirinal, et dont il fut le consécrateur au temps de sa dictature. Fabius attacha son nom aux ouvrages qu'il fit dans ce temple, afin que la postérité connût son zèle pour la religion, et son habileté dans un art que la Grèce avait transmis à l'Étrurie avant qu'il passât à Rome. Pline assure que les ouvrages de ce premier artiste romain se sont conservés jusqu'à l'incendie de ce temple, sous l'empire de Claude.
Depuis le règne de Néron, la décadence des arts devenait inévitable : ils tombèrent en effet avec le colosse de l'empire romain ; ils furent tellement négligés que, sous Constantin, dans les premières années du IVe siècle, lorsque les Romains voulurent élever un monument de triomphe à ce prince, ils se virent obligés, faute d'artistes habiles, de prendre les débris d'un arc de Trajan. Cependant la nouvelle religion et l'érection de la seconde capitale furent propices à la culture des arts, qui retrouvèrent à cette époque un asile en Grèce ; mais après Constantin, ils le durent plutôt à la piété qu'au goût des souverains et des sujets du Bas-Empire. Les peintres d'alors ne se proposaient d'autre but que de représenter, sans agrément, sans étude et sans connaissance de la nature, les objets de la vénération religieuse : ces tableaux ou plutôt ces images, rustiquement barbouillées et couvertes d'or et de pierreries, tiraient tout leur mérite des matières précieuses dont elles étaient enrichies.
L'invasion des Barbares, les persécutions des chrétiens et les poursuites des iconoclastes anéantirent les beaux-arts : on ne trouve aucune peinture du VIe au IXe siècle, et celles du Xe et du XIe siècle sont très médiocres d'exécution. Il reste à Rome quelques morceaux de peinture antique, tels que la Noce de la vigne aldobrandine et les figurines de la pyramide de Cestius ; la Vénus restaurée par Carie Maratte, et une figure de Rome qui tient une Victoire : quelques peintures antiques ont été également trouvées dans la vigne Farnèse sur le mont Palatin, où était autrefois le palais des empereurs ; les thermes de Titus ne présentent que des peintures à demi effacées.
« L'art de la peinture, dit l'abbé Dubos, après avoir été longtemps enseveli en Occident sous les ruines de l'empire romain, se réfugia, faible et languissant, chez les Orientaux, et renaquit enfin au XIIIe siècle, vers 1240, à Florence, sous le pinceau de Cimabué. » C'est en effet de cette époque que date la première renaissance de l'art ; on ne peignait encore qu'à fresque et en détrempe. Ces tableaux étaient ordinairement sur bois : c'est pour cela que les Romains les appelaient tabulœ ; on employait de préférence le bois de mélèze (larix), à cause de sa durée, et parce qu'il n'était guère sujet à se déjeter et à bomber. On peignait rarement sur toile ; de ce genre était le tableau colossal de Néron dont Pline fait mention. Ce ne fut que longtemps après que Jean de Bruges trouva le secret de peindre à l'huile. Plusieurs peintres se rendirent illustres dans les deux siècles suivants ; mais aucun n'excella. En 1450, la peinture était encore grossière en Italie, où depuis près de deux cents ans on ne cessait de la cultiver : on dessinait scrupuleusement la nature sans l'ennoblir. La main des artistes avait bien acquis quelque capacité ; mais ces artistes n'avaient pas le moindre feu, la moindre étincelle de génie.
A la fin du XVe siècle, la peinture, qui tendait à sa perfection à pas si tardifs que les progrès étaient imperceptibles, y marcha tout-à-coup à pas de géant.


Les progrès de la peinture italienne à partir du XVe siècle

La première partie que les peintres renouvelèrent des anciens fut la perspective. Elle rendit l'art capable d'exprimer le raccourci et de donner plus d'effet et plus de vérité à ses ouvrages. La fin du XVe siècle vit fleurir à la fois des artistes d'un talent supérieur. Léonard de Vinci s'attacha à la perfection des détails. Michel-Ange s'adonna à l'étude des antiques, et à celle non moins importante de l'anatomie, et agrandit par ses connaissances la partie du dessin dans les formes. Le Giorgion améliora l'art en général et donna plus de brillant au coloris. Le Titien sut mettre plus de vérité dans les tons. Barthélémy de Saint-Marc étudia l'art des draperies, fit un usage heureux du clair-obscur, et fit sentir le nu que couvre l'étoffe. Raphaël parut, et éclipsa ses prédécesseurs en unissant à lui seul toutes les parties du dessin que ses devanciers possédaient séparément. Le Corrège donna aux ouvrages de l'art la grâce qui leur manquait encore. Mais depuis ces grands maîtres jusqu'au temps des Carraches, on trouve un grand intervalle. Les élèves de ces derniers formèrent une école assez savante. Le Guide se forma un style tour à tour gracieux, riche et facile, et le Guerchin étudia le genre de Caravage et s'appliqua au clair-obscur. L'usage de charger les tableaux d'un grand nombre de figures commença à Piètre de Cortone, qui fit une étude spéciale de la composition. Peu de temps après, Carle Maratte soigna son style, mais tomba un peu dans la manière.


La peinture en France

La France a reçu la peinture plus tard que les autres pays de l'Europe. La protection et les libéralités de François Ier attirèrent cependant quelques peintres étrangers, tels que le Rosso, nommé ordinairement maître Roux, et André del Sarto, ainsi que le fameux Léonard de Vinci. François Ier acquit des tableaux de Raphaël. Mais ces hommes célèbres n'eurent point de successeurs dans le royaume. La peinture ne reprit de l'éclat en France que sous Louis XIV : son règne fut celui des grands hommes en tous genres ; la France eut alors de grands peintres, notamment dans la partie de la composition, et le Poussin, après Raphaël, a été le meilleur imitateur des anciens. Quoique né en France, il a presque toujours exercé ses talents dans l'Italie, qui le revendique. Louis XIII le nomma son premier peintre : mais l'envie aiguisant les passions de Vouet, de ses élèves et du paysagiste Fouquière, le Poussin demanda et obtint un congé pour aller à Rome, et il y mourut en 1665. Charles Lebrun, Lesueur, se distinguèrent par une grande facilité, et leurs productions furent recherchées des étrangers.
Les ouvrages de ce genre recueillis par Louis XIV, le duc d'Orléans et quelques autres amateurs, contribuèrent, plus que les académies établies par Colbert, à inspirer le goût de l'art ; mais il ne tarda pas à se dépraver en grande partie ainsi que Fontenelle l'avait prévu.
En effet, à Lesueur, à Lebrun avaient succédé les Coypel, aux Coypel succédait Boucher : ce dernier, en substituant à l'imitation de la nature choisie, des formes et des couleurs dont il ne trouvait de modèle que dans son imagination, avait entraîné l'art dans des écarts inconcevables ; aussi pour le ramener dans la bonne voie, que d'obstacles Vien n'eut-il pas à vaincre ! il en triompha pourtant, et forma cette école d'où sont sortis les Vincent, les David, et que soutiennent avec gloire tous les peintres vivants.


La peinture à l'huile

C'est une espèce de peinture dont les couleurs sont toutes détrempées et broyées avec l'huile de noix ou de lin. Ce genre, auquel les modernes doivent la conservation de leurs chefs-d'œuvre, est assez important pour que nous ne craignions pas de fatiguer le lecteur en lui faisant connaître comment s'est faite cette précieuse découverte.
C'est à la petite ville de Maaseych, située sur les bords de la Meuse, que nous devons le secret de la peinture à l'huile, que les anciens n'ont pas connu. Cette ville donna le jour à Hubert Vau-Eyck et à Jean, son frère, plus connu sous le nom de Jean de Bruges : le premier naquit en 1366, et le second en 1370 ; ils étudièrent et suivirent tous deux les principes de leur père. Cette famille semblait être née pour la peinture : Marguerite, leur sœur, fut célèbre dans cet art ; pour pouvoir s'y livrer tout entière elle refusa de se marier. Jean, élève d'Hubert, son frère aîné, le surpassa ; il était non seulement bon peintre, mais il avait une inclination décidée pour d'autres sciences, et surtout pour la chimie. En cherchant les moyens de purifier ses couleurs pour les rendre plus durables, il avait trouvé un vernis qu'il appliquait sur ses tableaux, et qui les rendait luisants et pleins de force. La recherche de ce vernis avait occupé pendant plusieurs années tous les peintres d'Italie : comme ce vernis ne séchait pas de lui-même, et que le peintre était obligé de l'exposer à l'ardeur du soleil, un hasard procura à la peinture un succès dont nous jouissons. Jean Van-Eyck ayant posé au soleil un tableau qui lui avait coûté beaucoup de soin, ce tableau, qui était sur bois, se sépara en deux. La douleur de voir ainsi détruire le fruit de ses travaux le fit recourir à la chimie, et tenter si, par le moyen des huiles cuites, il ne pouvait pas trouver celui de faire sécher son vernis sans le secours du soleil ou du feu : il se servit des huiles de noix et de lin comme les plus siccatives, et, en les faisant cuire avec d'autres drogues, il composa un vernis beaucoup plus beau que le premier ; il éprouva de plus que les couleurs se mêlaient plus facilement avec l'huile qu'avec la colle ou l'eau d'œuf dont il s'était servi jusqu'alors, ce qui détermina notre artiste à suivre cette nouvelle méthode : ses couleurs, sans s'emboire, conservaient leurs mêmes tons, elles n'avaient pas besoin de vernis et se séchaient promptement. Tous ces avantages lui firent abandonner la colle et l'eau d'œuf pour l'usage des couleurs à l'huile, où il acquit, ainsi que son frère, une grande réputation.
Malgré le soin que prirent les deux frères de cacher leur secret, Jean Van-Eyck finit par se confier à Antoine de Messine, appelé aussi AntonelIo, lequel passa de Flandre à Venise, où il faisait valoir cette découverte qu'il tenait toujours soigneusement cachée. Quelques auteurs rapportent qu'il la communiqua à son élève Dominique, Vénitien, qui, s'étant retiré à Florence, confia ce secret à André Castagna, premier Florentin qui peignit à l'huile. On sait quel fut le malheur de ce pauvre Dominique, et le crime de Castagna. Selon d'autres auteurs,Jean Bellin, peintre de réputation , qui florissait vers l'an 1430, brûlant du désir de savoir comment Antoine donnait tant de force, d'union et de douceur à sa peinture, s'habilla en noble vénitien, et alla trouver Antoine pour faire tirer son portrait. Le peintre, déguisé sous les dehors d'un homme opulent et de condition, trompa son confrère, qui agit devant lui avec trop de confiance et sans précaution. Jean Bellin, instruit du mystère, en profita, et tous les autres peintres après lui.
Toutefois il est bon de faire remarquer que la découverte de la peinture à l'huile remonte plus haut. On peut citer pour preuve, 1° un tableau peint à l'huile qui date de 1090 et qui se voit dans la galerie de Vienne ; 2° un passage de Théophile le Prêtre, rapporté dans le Journal des savants (juillet 1782), d'après lequel la peinture à l'huile était en usage dans le XIe siècle ; mais soit que cette peinture ait été perdue ou négligée, Jean de Bruges l'a communiquée au reste de l'Europe dans le XIVe siècle.
II fut d'abord d'usage de peindre à l'huile sur des planches de bois, ensuite sur des lames de cuivre pour les petits tableaux, enfin sur des toiles et sur de gros taffetas.


La peinture au pastel

Les pastels sont des crayons colorés dont on se sert pour peindre sur le papier ou sur le vélin. Les uns attribuent cette invention à Thièle, né à Erfort en 1685, mort en 1752 ; d'autres à mademoiselle Heid, née à Dantzick en 1688, morte en 1753.


La peinture à fresque

Elle s'exécute ordinairement, est-il dit dans les Amusements philologiques, sur un enduit encore frais de chaux et de sable combinés avec des couleurs détrempées dans l'eau. La fresque a été connue des anciens, surtout des Romains, comme on peut le voir par les ruines d'Herculanum. Norden parle de restes de palais et de temples en Egypte, où sont des figures colossales peintes sur des murs de quatre-vingts pieds de hauteur.
On fait au XIXe siècle peu de fresques, même en Italie, et l'usage en semblait perdu en France depuis longues années, lorsque M. de Chabrol, préfet de la Seine, eut l'heureuse idée de raviver cet art en faisant peindre à fresque plusieurs chapelles dans l'église de Saint-Sulpice à Paris.


La peinture à l'encaustique

Pline parle de cette peinture, qui était connue des anciens, et dans laquelle on emploie la cire, les couleurs et le feu. Le chevalier Lorgna croit que la véritable cire punique dont se servaient les anciens pour peindre à l'encaustique, était faite avec de la cire vierge blanchie avec de l'eau de mer et dissoute ensuite jusqu'à épaississement avec un vingtième de natron ou d'alcali tiré de la lessive de soude d'Espagne. On trouve, plus de 500 ans avant l'ère chrétienne, Lysippe d'Egine qui s'était acquis un nom célèbre dans ce genre. L'usage de cette peinture s'est perdu ; mais on croit l'avoir renouvelé en 1752 ou 53. Le comte de Caylus et le docteur Mignot présentèrent en 1754, à l'académie des belles-lettres, une Minerve peinte à l'encaustique.


La peinture éludorique

La peinture en miniature a donné naissance à la peinture éludorique, qui est employée pour les plus petits sujets, tels que des portraits pour tabatières, pour bracelets, même pour bagues. Ce terme éludorique est composé de deux mots grecs qui signifient huile et eau, parce qu'on se sert de ces deux fluides. C'est en 1759 que Vincent de Montpetit s'est annoncé comme l'inventeur de cette façon de peindre en miniature.


La peinture en émail

Ce genre paraît remonter à une très haute antiquité, s'il est vrai, comme on le prétend, que les murs de Babylone furent construits de briques émaillées, représentant différentes figures. C'est du temps de François Ier que la peinture en émail a été perfectionnée en France et en Italie.


La peinture sur verre

Il est certain que l'art de peindre sur verre a été connu des anciens, qu'ils l'ont même porté à un très haut degré de perfection, quoique rien n'indique qu'ils employassent, comme on l'a fait depuis, les verres peints à faire des vitrages.
Si nous revenons aux temps modernes, nous voyons que l'art de peindre le verre était porté autrefois à un très haut degré de perfection : on eu a des exemples frappants dans les vitrages de quelques églises anciennes ; on y voit des peintures avec les couleurs les plus vives, sans être moins transparentes. « On ne peut assigner, est-il dit dans le Dictionnaire de l'industrie, d'époque positive de l'usage du verre peint pour les fenêtres parmi les modernes. François Ier, le père et le restaurateur des lettres et des beaux-arts, ne négligea rien pour attirer en France les gens à talent ; entre tous ces artistes, il fit venir des peintres sur verre, qui firent des ouvrages que nous admirons encore : tels sont ceux qu'on voit à Paris dans l'église de Saint-Gervais, d'après les cartons de Jean Cousin, représentant le martyre de saint Laurent, la Samaritaine et le Paralytique ; à Vincennes, dans la chapelle royale, d'après ceux de Lucas Peni ; à la Sainte-Chapelle de Paris, dont les vitraux sont célèbres par leur antiquité et leurs couleurs ; à Saint-Ouen de Rouen, et ailleurs. Les peintres flamands et hollandais sont ceux qui ont le mieux réussi dans ce genre de peinture, ainsi qu'on le peut voir particulièrement dans l'église de Terghaw. Les vitraux de la grande église de Gouda, en Hollande, sont les plus beaux que l'on connaisse. »
En 1809, M. Dihl a trouvé un nouveau moyen de peindre sur verre. Les tableaux, peints sur verre avec les couleurs composées par lui, ont cinq pieds sur quatre, et sont d'un seul morceau. Ils ont, dit le Moniteur, l'opacité de la nature ; l'œil ne peut découvrir ni le verre ni la glace sur lesquels ils sont peints ; il suffit de les voir pour être convaincu que les procédés employés par M. Dihl n'ont aucun rapport avec celui des anciens. Plusieurs artistes distingués de la capitale ont jugé que les tableaux peints sur verre ou sur glace, d'après ces procédés, seraient une nouvelle carrière ouverte aux beaux-arts.
M. Franck, artiste flamand, paraît non seulement avoir retrouvé le secret des anciens de peindre sur verre, mais même avoir porté cet art à un degré de perfection qui n'avait pas encore été atteint.
Plusieurs auteurs, tels que Kunkel, Néri, Fontanieu, ont porté à un degré surprenant l'art de colorer la substance du verre, au point de tromper presque les lapidaires et les metteurs en œuvre, en contrefaisant parfaitement les émeraudes, le grenat, le béryl, le saphir, et les autres pierres précieuses colorées.

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