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L'origine de Raïa


Qualification donnée aux chrétiens par les Turcs. Le raïa était, en Turquie, un roturier taillable à merci et miséricorde ; il n'y avait point d'injures, d'avanies, de mauvais traitements que les Turcs ne leur firent supporter ; l'envie naturelle aux mahométans redoublait ses fureurs dans l'âme de ces nouveaux circoncis, à la vue d'un Grec plus favorisé qu'eux par la nature.


Un peuple malmené

M. Pouqueville rapporte, dans son Voyage de la Grèce, qu'une moustache bien fournie, qu'une belle chevelure, que des traits réguliers, étaient des crimes qui blessaient l'orgueil d'un aga, indigné que la Providence ait répandu ses dons sur une espèce créée pour ramper et servir ; aussi le raïa ne marchait-t-il jamais que le front incliné devant les Turcs, il s'arrêtait à leur approche, il descendait de sa monture lorsqu'ils passaient (usage établi parmi les Grecs du Bas-Empire), trop heureux quand le tashométan se contentait de le dédaigner. Telle était enfin, ajoute le même voyageur, la condition des chrétiens frappés de mort civile sur le sol paternel, où ils étaient inhabiles à posséder, que le plus vil des Turcs pouvait outrager et assassiner un raïa, avec la presque certitude, quand il avait versé son sang, de trouver l'impunité auprès des juges qui partageaient son fanatisme et la haine nationale contre tous ceux que leur caste appelait infidèles.
La population de raïas était beaucoup moins considérable au XIXe siècle qu'elle ne le fut autrefois : les vexations, les guerres cruelles qu'ils eurent à soutenir, ont considérablement diminué leur nombre, car, sous Bajazet Ier, le nombre des chrétiens payant caratch dans la Turquie d'Europe, était de 1 112 000, et sous Sélim il s'élevait à 1 333 000.

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