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L'origine de Grœnland



Une contrée longtemps infranchissable

Quelques historiens rapportent qu'à des époques reculées, la côte orientale du Groenland était annuellement abordable, et que les Islandais y avaient fondé des colonies. Le sort de ces malheureux habitants a constamment excité la sollicitude du gouvernement danois. Des expéditions commandées par des officiers expérimentés, ont essayé, mais vainement, à plusieurs reprises, de pénétrer jusqu'à la côte. Une immense barrière de glace leur a présenté des obstacles insurmontables.


La découverte de William Scoresby

Le capitaine baleinier William Scoresby a été plus heureux. L'an 1822, après une navigation très dangereuse, cet habile marin parvint d'abord à s'approcher assez du Groenland oriental pour en dresser une carte exacte, et plus tard (dans le mois de juin) il y aborda.
La portion de côte dont M. Scoresby a fait la reconnaissance, s'étend depuis le 69° jusqu'au 75° de latitude nord. Les formes et les positions des baies, des golfes, des caps, diffèraient tellement de tout ce qu'on trouvait, même dans les cartes modernes les plus estimées, qu'on pouvait presque supposer que les géographes avaient jusqu'alors dessiné cette contrée au hasard. Le Groenland est très montueux : sur la côte, la hauteur moyenne des montagnes est d'environ trois mille pieds anglais. Les plus remarquables qu'on ait aperçues dans l'intérieur s'élèvent au moins à six mille pieds.
Le grand nombre de baies que Scoresby a trouvées, leur profondeur, les ramifications qu'elles paraissent avoir, lui ont fait penser que le Groenland n'est qu'un grand archipel, et que l'on pourrait se rendre de la mer du Nord dans la baie de Baffin, sans passer par le détroit de Davis. Cette conjecture repose aussi sur d'autres considérations...


Les mirages dans les mers glaciales

Dans le nombre des remarques scientifiques que renferme l'ouvrage de M. Scoresby, les physiciens distingueront aisément celles qui sont relatives au mirage. Les marins, comme on le sait, appellent de ce nom un phénomène qui leur montre deux images, l'une directe, l'autre quelquefois renversée, des objets éloignés voisins de l'horizon. Le mirage a été observé dans les climats chauds principalement ; c'est là que les conditions physiques propres à le reproduire semblaient devoir se trouver plus fréquemment réunies.
Scoresby a prouvé qu'il n'est ni moins commun, ni moins nuisible aux observations dans les mers glaciales. On peut même ajouter qu'il s'y présente avec plus de variété. Il n'était pas sans exemple qu'on eût aperçu dans nos climats deux images extraordinaires au-dessus de l'image réelle ; Scoresby en a vu jusqu'à trois ; elles étaient toutes renversées. Une autre fois des deux images comme suspendues en l'air, qu'on apercevait au-dessus d'un bâtiment baleinier, la moins élevée seulement paraissait à l'envers, l'autre était dans la position naturelle. Ajoutons enfin, pour terminer, que dans un troisième cas, l'image aérienne avait une netteté si grande, des contours si bien définis, des teintes si peu altérées, qu'on y reconnut parfaitement le Fame, bâtiment baleinier de Scoresby père, situé, au moment de l'observation, bien au-delà des limites de l'horizon visible.

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