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L'origine de Rivière


Rivière, du latin riparia ou rivaria, assemblage d'eaux qui coulent dans un lit d'une largeur et d'une étendue considérables. Les eaux de pluie font les sources ; les sources font les fontaines ; les fontaines fout les ruisseaux ; les ruisseaux forment les rivières. On les appelle côtières lorsqu'à près un cours très borné elles se jettent dans la mer.


Les cours d'eau

Voici quelques considérations intéressantes sur les cours d'eau : nous les avons tirées du Cours de physique de M.Beudant :
« Dans tous les endroits où une rivière est étroitement resserrée dans un terrain qui se laisse difficilement corroder, la vitesse du liquide devient très grande ; il en résulte que le lit s'approfondit successivement, à moins que la résistance du sol ne soit en équilibre avec l'action érosive du courant. Il en arrive de même partout où la pente du terrain procure au liquide une très grande vitesse. On ne trouve dans ces endroits que de très gros cailloux roulés, parce que les plus petits sont entraînés par la masse du liquide en mouvement.
Dans les endroits, au contraire, où le lit de la rivière s'élargit, ou bien où la pente devient très faible, le fond s'élève successivement, parce que, la vitesse devenant plus petite, le courant n'a plus la force d'entraîner les débris qu'il charriait précédemment. Aussi remarque-t-on que le lit des rivières s'élève continuellement dans les pays de plaines, et partout où la largeur du courant devient plus grande. C'est toujours dans ces endroits qu'on trouve les graviers et les sables fins. D'après ces réflexions, on voit que c'est au point le plus large d'une rivière qu'il faut chercher un gué pour passer d'un bord à l'autre.
Le fond d'une rivière s'élève aussi toutes les fois qu'on y établit un barrage transversal ; l'effet de ce barrage est de détruire la vitesse du courant, et aussi d'arrêter immédiatement les débris qu'il charrie, et qui, par leur poids, gagnent toujours le fond.
Dans la dernière partie de leur cours, près de leur embouchure dans la mer, les rivières s'encombrent successivement, parce que c'est là que leur pente est la plus faible ; mais il y a encore une autre cause, qui vient de ce que les eaux de la mer présentent un obstacle au courant, et anéantissent la vitesse qui lui reste : c'est là que les sables plus fins se déposent, et forment des atterrissements plus ou moins considérables.
Dans les mers qui n'ont point de flux et reflux sensibles, il se forme à l'embouchure même de la rivière, on à quelques distances dans la mer, une sorte de montagne de sable, qu'on nomme barre, et qui tôt ou tard finit par empêcher l'entrée des bâtiments. Dans les mers qui sont sujettes aux flux et reflux, la barre se forme ordinairement dans la rivière même, à une distance plus ou moins grande de son embouchure, parce que les eaux qui refluent dans la rivière quand la marée monte apportent des débris qui se déposent là où les vitesses se font équilibre. Ainsi, à l'égard de la Seine, la barre se trouve à Quillebeuf, à dix lieues avant son embouchure.
On a fait, en divers endroits, des travaux considérables pour détruire les barres, et faciliter ainsi la navigation à l'embouchure des fleuves. Pour cela, on resserre le lit par des digues de diverses espèces, pour donner au courant une vitesse plus grande, et provoquer l'érosion du fond ; mais tout l'effet qu'on peut espérer de ces travaux est de transporter la barre plus loin, et en un point où la profondeur du bassin soit naturellement très grande, de manière à ce que le dépôt de sable ne puisse de longtemps gêner la navigation.
L'élargissement des rivières et l'élévation de leur fond sont des effets réciproquement conséquents l'un de l'autre ; car il doit passer constamment la même quantité d'eau par toutes les coupes transversales du courant ; donc, là où le fond s'élève par une cause quelconque, les eaux doivent ronger continuellement les parois latérales de leur lit pour en augmenter la largeur. S'il arrivait que le terrain lût trop résistant pour que cet effet eut lieu, la vitesse du courant augmenterait nécessairement, et le fond serait continuellement déblayé ; de même, là où, par une cause quelconque, la largeur du courant est augmentée, la vitesse devenant moins grande, le fond commence à s'encombrer: dans tous les cas cependant il s'établit bientôt une sorte d'équilibre entre la force érosive de l'eau et sa faculté déposante ; alors le lit devient permanent.
Le fond d'une rivière principale peut aussi s'élever par l'effet des torrents et des rivières qui peuvent s'y jeter. Les torrents, par exemple, qui sont extrêmement rapides, parce qu'ils coulent sur un terrain dont la pente est très grande, charrient toujours des débris de rochers plus ou moins gros ; mais lorsqu'ils rencontrent une rivière, la vitesse résultante des deux courants réunis se trouve trop faible pour entraîner encore les débris, qui dès lors se déposent successivement.
C'est ainsi que le Pô élève continuellement son fond d'une manière effrayante pour tous les pays environnants, par les dépôts qu'y occasionnent les torrents qui descendent des Alpes et se portent à angle droit sur la direction du fleuve. »

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