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L'origine de Rites religieux


On trouve des prêtres dès la plus haute antiquité.


Les prêtres dans l'antiquité gréco-romaine

Orphée était le prêtre de l'expédition des Argonautes ; Chrysès, prêtre d'Apollon, est le premier personnage qui paraisse dans l'Iliade. Dans quelques endroits, comme à Syracuse, le sacerdoce s'obtenait par élection et ne durait qu'une année. Chez les Athéniens, et sans doute ailleurs, il y avait sous les prêtres des ministres subalternes, qu'où appelait parasites, parce qu'ils participaient aux viandes des sacrifices. Les ceryces ou hérauts étaient aussi des officiers inférieurs de la religion. Ils ordonnaient aux assistants de ne prononcer aucune parole qui pût troubler les prières ou les sacrifices. Des jeunes gens, sous le nom de néocores, avaient soin de veiller au bon ordre, à la propreté, à la sûreté des temples et des ustensiles qui y étaient renfermés. On ne peut assurer que les prêtres et les autres ministres des autels se distinguassent dans la vie privée par un habit particulier.


Les sacrifices lors des cérémonies religieuses

Les monuments qui représentent des cérémonies religieuses ne sont pas antérieurs au temps où la Grèce fut soumise aux Romains, et l'on ne voit pas que ceux qui offraient le sacrifice eussent un habit qu'on puisse appeler sacerdotal. On remarque sur un monument romain la figure assise d'un souverain prêtre, Archiereus, vêtu d'une très longue robe, attachée d'une ceinture ; elle a sur la tête un diadème, et son voile est rejeté en arrière. Chez les Romains, les prêtres, suivant l'institution de Numa, étaient choisis par élection. Il en était de même des augures. Quant aux aruspices, on les envoyait étudier leur art en Etrurie.
Les sacrificateurs, au moment de la cérémonie, se voilaient la tête pour n'être point troublés par les distractions. A Rome, ils se servaient à cet effet d'un pan de leur toge, et en Grèce d'un pan de leur manteau. Ils portaient une couronne de fleurs ou de feuillage, et avaient en main une patère pour faire des libations sur les victimes. Les aspersions d'eau lustrale étaient en usage chez les anciens, comme l'eau bénite parmi nous. Dans les temps de la très haute antiquité, les sacrifices n'étaient point sanglants ; des parfums brûlaient sur les autels. Plus tard on égorgea des victimes ; mais quelquefois on se contentait de faire aux dieux des offrandes. Chez les Grecs, de jeunes filles assistaient aux cérémonies et y remplissaient différentes fonctions : telle était celle de canefore ou porteuse de corbeilles ; chez les Romains ces fonctions étaient exercées par de jeunes garçons nommés camilles.
Le roi présidait sur les prêtres dans les temples des dieux, et son épouse, avec le titre de reine des sacrifices, dans ceux des déesses. Dans le tableau de la noce aldobrandine, on la voit ceinte d'une couronne radiale.
Les cérémonies sacrées étaient accompagnées de chants soutenus du son des instruments. C'était ordinairement des courtisanes qui jouaient de la double flûte chez les Grecs, et des hommes chez les Romains. Ces hommes et ces femmes étaient sujets à prendre un embonpoint excessif, parce que, appelés journellement à des sacrifices, ils s'y gorgeaient des chairs des victimes.


Les fêtes religieuses antiques

Les fêtes des Grecs et des Romains formaient une partie importante de leur culte. Leur institution et leur ordonnance avaient pour but d'adorer les dieux, ou de les invoquer, ou de célébrer la mémoire de personnes illustres ou de faits mémorables. Elles avaient aussi l'avantage de faciliter et favoriser des réunions sociales, pour le délassement et le plaisir. Ordinairement tous les frais qu'elles occasionnaient étaient aux dépens de l'état. Les plus célèbres de la Grèce étaient les panathénées, les fêtes de Bacchus et les fêtes Éleusiennes.
La première de ces trois fêtes, instituée en l'honneur de Minerve, déesse tutélaire d'Athènes, à qui elle donna son nom, s'appelait d'abord les athénées. Mais depuis que Thésée eut réuni dans une seule ville les différents bourgs de l'Attique, elle prit le nom de Panathénées. On y représentait trois sortes de combats, ceux de la course, les gymniques, et ceux de poésie et de musique. (Périclès institua ce dernier combat.) On y chantait les louanges d'Harmodius et d'Aristogiton, qui sacrifièrent leur vie pour délivrer Athènes de la tyrannie des Pisistratides. On y joignit dans la suite l'éloge de Thrasybule, qui chassa les trente tyrans. Dans cette fête le peuple d'Athènes se mettait lui et toute la république sous la protection de Minerve. Depuis la bataille de Marathon, on faisait dans ces vœux publics une mention expresse des Platéens.
Ce fut de la Béotie que vint à Athènes le culte de Bacchus ; Thèbes en était en Grèce le siège primitif. Pendant ces fêtes ce n'était que danses, ivrogneries, débauches, et tout ce que la licence la plus effrénée peut imaginer de plus grandes abominations. Cette licence des bacchanales s'étant glissée secrètement à Rome, et les plus affreux désordres s'y commettant à la faveur des ténèbres de la nuit et du secret qu'on exigeait des personnes qui se faisaient initier dans ces mystères impurs, le sénat arrêta le cours de ces fêtes sacrilèges, et en bannit l'exercice, d'abord de Rome, puis de toute l'Italie.
Les cérémonies Eleusiennes étaient appelées mystères. On en rapporte l'origine à Cérès, lorsqu'elle vint à Eleusis, petite ville de l'Attique, pour chercher sa fille Proserpine, que Pluton avait enlevée. Ayant trouvé le pays affligé d'une grande famine, elle inventa le blé, dont elle gratifia les habitants. Ces fêtes duraient neuf jours ; leur célébration continua jusque sous les empereurs chrétiens. On croit que c'est le grand Théodose qui les abolit entièrement, aussi bien que toutes les cérémonies païennes.
A Rome les jours de fêtes, de jeux, de repas ou de sacrifices se nommaient dies fasti ; les dies fasti étaient des jours où il n'était pas permis d'assembler le sénat, mais où le prêtre pouvait prononcer des sentences. Les autres jours pendant lesquels cette dernière occupation n'était point tolérée s'appelaient dies nefasti ; on donnait également le nom de dies religiosi aux jours de mauvais présage. Les fêtes romaines étaient ou publiques ou privées. Leur organisalion formait le principal droit des pontifes. Les plus célèbres étaient celles de Janus, qui commençaient l'année ; les quirinales, en mémoire de Romulus ; les férales, en l'honneur des mânes ; celles de Vénus, qui duraient lout le mois d'avril ; les augustales, jeux annuels en l'honneur d'Auguste ; les palilies, fêtes champêtres en l'honneur de Paies, déesse des bestiaux ; enfin les Saturnales, qu'on fit durer jusqu'à huit jours : c'étaient les fêtes du repos, du loisir, de l'allégresse universelle eu mémoire de l'âge d'or sous le gouvernement de Saturne. Toutes ces cérémonies furent successivement abolies sous les empereurs chrétiens, comme nous l'avons déjà dit.

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