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L'origine de Vaccine


L'inoculation de la petite-vérole était déjà un grand bienfait pour l'humanité ; grâce à elle, on commençait à moins redouter les effets de cette cruelle et hideuse maladie, mais la bannir tout-à-fait du milieu de nous était une espèce de prodige que devait opérer la vaccine.


Le rapprochement entre la petite vérole et la variole

Il paraît prouvé que M. Rabaud-Pommier, frère de M. Rabaud de Saint-Etienne, ministre protestant, eut la première notion de la vaccine avant que les Anglais eussent rien écrit sur celle découverte. Il a déclaré que, vers l'année 1780, il avait observé qu'aux environs de Montpellier la petite vérole, le claveau des moutons et les pustules des vaches, étaient regardés comme des maladies identiques, connues sous le nom de picote.
Ayant reconnu que celle des vaches est la plus bénigne de ces affections, et que les bergers, lorsqu'ils la gagnaient par hasard, en trayant ces animaux, passaient dans le pays pour être, par cela seul, préservés de la petite-vérole, il pensa que ce procédé serait aussi sûr et moins dangereux que l'inoculation de la variole.


La vertu préservative de la petite vérole contre la variole

M. Rabaud-Pommier racontait qu'en 1784 il eut occasion de communiquer ses observations à un Anglais, M. Pugh, en présence de sir James Ireland, de Bristol. M. Pugh promit qu'à son arrivée en Angleterre il ferait part de ce qu'il venait d'entendre au docteur Jenner, son intime ami. M. Rabaud-Pommier était possesseur d'une lettre de M. Ireland, datée du 12 février 1811, qui rappelle ce fait.
Dans plusieurs provinces de l'Angleterre, renommées par la fertilité de leurs pâturages, et notamment dans le comté de Glocester, les vaches étaient sujettes à une éruption de boutons, ou pustules irrégulières, qui se manifestaient au pis de ces animaux. On avait remarqué que ces boutons se communiquaient aux filles de basse-cour, chargées de traire les vaches qui en étaient infectées, et l'on avait observé que les personnes qui les avaient contractés étaient inaccessibles à la contagion de la petite-vérole ; mais cette croyance n'avait été longtemps qu'une tradition populaire, qui même ne s'était pas répandue au loin. Le docteur Jenner, à qui M. Pugh avait probablement communiqué les observations de M. Rabaud, instruit d'ailleurs de l'opinion vulgaire sur la vertu préservative de cette affection, crut devoir recourir à l'expérience pour en reconnaître la valeur.


Les premières inoculations de vaccine

Un grand nombre d'individus, qui, plus ou moins longtemps auparavant, avaient pris la vaccine en soignant des vaches, furent soumis par lui à l'inoculation variolique ordinaire, et aucun d'eux ne put en contracter la contagion. La bénignité de la maladie dans les personnes qui l'avaient reçue ainsi de l'animal même, le détermina à l'inoculer à différents sujets qui ne l'avaient jamais éprouvée ; et ces individus, soumis ensuite à l'inoculation variolique ordinaire, n'en éprouvèrent, comme les premiers, aucun effet sensible.
Ces expériences furent répétées à Londres ; de nombreuses inoculations de vaccine furent faites sur des sujets de différents âges, et furent couronnées d'un succès complet.
A peine ces succès furent-ils connus à Paris, que l'école de médecine nomma des commissaires pour faire des expériences. Du fluide vaccin ayant été apporté à Paris, des essais furent tentés par le docteur Pinel, à la Salpêtrière. Un jeune médecin, M. Aubert, passa en Angleterre pour suivre les inoculations de vaccine que l'on y pratiquait ; enfin une souscription fut ouverte, et un comité fut chargé de faire des expériences publiques, dans un hospice qui reçut le nom d'hospice central de la vaccine.


La généralisation de la vaccine

Dans le même temps des relations étaient établies avec les médecins des départements et des pays étrangers, afin d'y répandre la nouvelle pratique ; et dans l'espace de trois ou quatre ans, depuis 1798 jusqu'en 1802, toute l'Europe et une partie de l'Asie avaient été témoins des progrès et de l'efficacité de la vaccine.
On reconnaît généralement, dans cette affection singulière, une éruption nouvelle, entièrement distincte de toutes celles qui sont connues ; qui paraissant particulière à l'une des espèces les plus utiles et les plus nombreuses de nos animaux domestiques, peut cependant se transmettre à l'homme ; qui, lorsqu'elle lui a été inoculée et qu'elle se développe, offre la marche la plus bénigne, n'est accompagnée d'aucune autre apparition de pustules, que celles qui surviennent à chacune des piqûres, et se termine sans trouble en un petit nombre de jours.
Dans cette action si calme et si douce on n'a pas moins reconnu un grand pouvoir, celui de modifier l'économie animale, d'anéantir en nous cette disposition si universelle, si constante, qui nous rend susceptibles d'être atteints par la contagion de la petite-vérole, et ce qui est encore plus important, de bannir cette espèce de contagion et d'anéantir ce fléau destructeur.


D'autres moyen d'obtenir une vaccine

Quelques exemples survenus par la suite portent cependant à soupçonner que la vaccine n'était pas un préservatif infaillible de la petite-vérole.
Le comité central de vaccine a constaté, en 1812, que le virus vaccin se trouvait aux pieds des chevaux. Le nommé Bodreau, cocher, pansait un cheval qui avait les eaux aux jambes ; il survint à cet homme, qui n'avait jamais eu la petite-vérole, des boutons au poignet. On recueillit de la matière de ces boutons, on l'inocula à des enfants, et l'on obtint une véritable vaccine.
D'après une note insérée dans la Bibliothèque britannique, les Indous employaient dans la vaccine la pratique suivante : Ils trempaient un fil dans la pustule d'une vache, et conservent ce fil, qui les mettait en état de rendre l'éruption de la petite-vérole facile chez tout enfant qu'on leur présente ; ensuite, passant le fil trempé dans une aiguille, ils le faisaient traverser, entre cuir et chair, dans la partie supérieure du bras de l'enfant. Ils le laissaient là et faisaient la même opération à l'autre bras. Ce procédé, est-il dit, ne manquait point d'opérer une éruption facile ; il ne sort que très peu de boutons, et jamais on ne meurt de la maladie ainsi traitée.

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