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L'origine de Airain


Avant que le fer fût connu, les hommes faisaient un usage très fréquent de ce métal ; ils en faisaient des vases des armes, des coutres de charrue, des faucilles, des haches, des couteaux et même des miroirs.


L'airain de Corinthe

L'airain de Corinthe, qui a eu tant de réputation dans l'antiquité, était, ce qu'on prétend, le résultat de la fusion et du mélange de l'or, de l'argent et du cuivre qui se trouvèrent en abondance à Corinthe lorsque le consul Mummius réduisit cette ville en cendres, cent quarante-six ans avant l'ère chrétienne. Les statues, les vases et autres objets qui étaient faits de ce métal étaient d'un prix inestimable.
Il y a pourtant une difficulté au sujet du cuivre de Corinthe : c'est que quelques auteurs disent que ce métal était fort recherché avant le sac de cette ville par les Romains, ce qui prouverait que le cuivre de Corinthe n'était pas le produit des métaux fondus confusément dans l'incendie de cette ville, et que les Corinthiens avaient possédé particulièrement l'art de composer un métal où le cuivre dominait, et qu'on nommait pour cela cuivre de Corinthe.


L'âge d'airain

L'âge d'airain est le temps qui suivit le règne de Saturne ; il vit commencer l'injustice et les désordres, sans cependant que la perversité se déclarât aussi ouvertement que dans le siècle suivant.
C'est dans cet âge que les lois de la propriété sont fixées, que l'homme parcourt les contrées les plus éloignées, et qu'il pénètre les entrailles de la terre pour en arracher l'aliment de tous les vices.

L'âge d airain vit naître une race nouvelle,
Farouche, belliqueuse, et non pas criminelle.
Ce fut au siècle affreux nommé siècle de fer
Que triompha le crime échappé de l'enfer.
La vérité s'enfuit, la pudeur, la justice.
A leur place ont régné la fraude, l'artifice,
Et l'envie et l'orgueil, la soit de posséder,
Et plus coupable encore, la soif de commander.
Le hardi nautonier, sur la foi des étoiles,
A des vents mal connus osa livrer ses voiles ;
Et la mer vit les pins, avec orgueil flottants,
Insulter la tempête et braver les autans.
La terre, ainsi que l'air, longtemps libre et commune
Connu de l'arpenteur la limite importune.
Un long sillon traça la borne des enclos.
Ce ne fut point assez des biens pour nous éclos,
Des tributs exigés de ses plaines fécondes ;
On osa déchirer ses entrailles profondes,
Des veines de ses flancs arracher ces métaux,
Ces trésors corrupteurs, aliments de nos maux.

(Métamorphoses, liv. 1)

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