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L'origine de Aix-la-chapelle



La découverte d'une source

Charlemagne avait tous les ans coutume de venir passer quelques mois aux environs des lieux où cette ville est située maintenant, et d'y prendre le plaisir de la chasse.
Un jour qu'il s'y était livré avec plus d'ardeur qu'à l'ordinaire il s'éloigna de sa suite, et finit par s'égarer. Incertain de la route qu'il devait choisir, il s'abandonna à son cheval ; mais ne trouvant que des bois et des montagnes sans aucune habitation, il s'arrêta sur un coteau pour tâcher de découvrir la route la plus sûre.
Il aperçut de la fumée dans le fond d'un vallon prochain, et, croyant y trouver quelque maison, il piqua son cheval vers cet endroit : au fort de sa course, l'animal enfonça dans un ruisseau d'eau chaude et fumante. L'empereur effrayé mit pied à terre dégagea sa monture, suivit le ruisseau jusqu'à sa source, et trouva les débris d'un palais antique et les restes d'un bain superbe. Une découverte si peu attendue fut regardée par ce prince religieux comme une attention singulière de la providence à sa conservation.
Un bain d'eau chaude lui parut propre à le remettre de la fatigue dont il était accablé ; il y entra, se sentit entièrement délassé, et après être remonté à cheval, il erra quelque temps, jusqu'à ce qu'il eut rejoint toute sa suite.


La fondation de la ville

Voulant rendre à jamais célèbre l'endroit où il s'était égaré, Charlemagne résolut d'y établir sa demeure et d'y fonder une ville. Il commença par y faire bâtir, sous l'invocation de la Vierge, une chapelle dont les portes et les balustrades étaient de bronze, et le dôme si couronné d'un globe d'or massif.
Le palais qu'il fit élever, sa résidence, n'était pas moins distingué par sa grandeur et par sa structure. Telle était la disposition des bâtiments, que le prince, du fond de son appartement, pouvait voir sans peine tous ceux qui entraient dans le palais, ou qui en sortaient.


Un mystérieux serpent

Mais voici une origine bien plus merveilleuse. L'empereur Charlemagne, est-il dit dans de vieilles chroniques, se trouvant à Zurich, fit élever devant la porte de la maison où il était logé, une colonne à laquelle fut attachée une cloche que venaient sonner tous ceux qui demandaient justice, et le prince la leur rendait lui-même, à quelque heure que ce fût.
Un le jour qu'il était sur le point de se mettre à table pour dîner, il entendit sonner la cloche, et ordonna à l'un de ses domestiques d'aller chercher et d'introduire ceux qui avaient besoin de son secours ; mais on n'aperçut personne, et ce fut vainement qu'on accourut plusieurs fois au son de cette même cloche.
Alors le prince, curieux d'approfondir ce mystère, si voulut qu'on épiât de loin ce qui allait se passer : à peine un officier affidé se fut-il mis en sentinelle, qu'un énorme serpent vint saisir la corde et sonna la cloche. Informé de ce prodige, l'empereur crut que le ciel envoyait ce serpent réclamer sa justice, et ne balança pas à la lui rendre. Aussitôt il se lève de table et s'avance vers la colonne : et l'honnête serpent, après avoir témoigné par une profonde inclination le respect que lui inspirait la majesté impériale, se glisse au bord d'un étang voisin, en tournant souvent la tête pour faire signe de le suivre, et montre un crapaud d'une prodigieuse grosseur, qui s'était emparé de sa demeure. Le monarque comprit ce que désirait le serpent, et condamna l'usurpateur à être brûlé vif.


Un fabuleux diamant

Peu de jours après, le serpent se présenta à la porte du palais, et comme on avait déjà fait une sorte de connaissance avec lui, on le laissa pénétrer dans les appartements, et parvenir jusqu'à l'empereur, qu'il salua avec beaucoup de respect, et auquel il présenta un diamant d'un prix inestimable. Charlemagne le fit monter en bague et le conserva plusieurs années jusqu'à ce que les instances de son épouse l'engagèrent à le lui céder. Cette princesse, ainsi que l'empereur ignorait de quel prix était le précieux diamant qu'elle venait d'obtenir : il avait la propriété d'inspirer un attachement éternel pour la personne qui le portait, ou pour l'endroit où l'on venait à le déposer. Aussi l'amour de Charlemagne pour son épouse redoubla-t-il à tel point, qu'il ne pouvait être un seul instant éloigné d'elle.
L'impératrice, étonnée d'une constance qu'elle n'avait pas toujours trouvée dans son mari, attribua la cause de cet heureux changement à la bague dont il l'avait gratifiée. Jalouse de régner seule sur le cœur de son époux, non seulement elle ne cessa pas de porter ce mystérieux talisman, mais elle voulut encore l'emporter dans le tombeau, et, à son dernier moment, elle le cacha sous sa langue afin qu'après sa mort une autre femme n'eût point la gloire d'être aimée de l'empereur autant qu'elle l'avait été.
Charlemagne inconsolable d'avoir perdu ce qu'il chérissait le plus au monde, ne put se résoudre à s'en séparer tout à fait ; il fit porter avec lui pendant dix huit ans le corps embaumé de l'objet de sa tendresse.


Un courtisan peu scrupuleux

Enfin un courtisan se douta qu'une cause surnaturelle produisait l'attachement du prince, et curieux de la découvrir et d'en profiter, il trouva le moyen d'ouvrir le coffre qui renfermait les tristes restes de l'impératrice, découvrit le diamant, et le porta toujours sur lui avec le plus grand soin. Alors l'empereur conçut pour cet homme une vive affection, le combla de bienfaits, et l'éleva aux premières dignités.
Mais le bonheur de ce courtisan ne fut pas de longue durée. Il perdit son diamant dans une grande partie de chasse aux environs de Cologne, près de plusieurs sources d'eau chaude. Tout à coup Charlemagne passa de l'engouement à l'indifférence ; le courtisan fut disgracié, et le monarque enchanté de la contrée qui recelait la bague mystérieuse, résolut d'y fixer son séjour et y fonda la célèbre ville d'Aix-la-Chapelle.

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