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L'origine de Terre



Un objet de curiosité depuis la nuit des temps

La quatrième du système planétaire, suivant l'ordre de distance au soleil. La figure et la grandeur de cette planète ont probablement été, de tous temps, un objet de curiosité et de recherche ; mais l'histoire de la haute antiquité est trop incertaine pour y retrouver l'origine des connaissances que l'on pouvait posséder à cet égard. On sait cependant que la sphéricité de la terre fut enseignée six cents ans avant Jésus-Christ, par Thalès de Milet, fondateur de l'école ionienne ; que Pythagore, son disciple, également redevable aux prêtres égyptiens d'idées saines sur la constitution de l'univers, connaissait les deux mouvements de la terre sur elle-même et autour du soleil, sans cependant en instruire le vulgaire ; et que Philolaüs, successeur de ce dernier, exposa plus librement la même doctrine.
C'était se rapprocher du véritable système du monde que de s'affranchir ainsi de l'illusion des sens, qui porte à faire croire le contraire ; mais par une fatalité attachée à l'espèce humaine, les philosophes tombèrent ensuite d'erreur en erreur avant de s'élever aux lois immuables des mouvements des corps célestes.


La mesure de la Terre

Plus de deux siècles avant l'ère chrétienne, Aristarque de Samos remit en crédit l'opinion de l'école pythagorienne sur le mouvement de la terre ; Eratosthène mesura, en Egypte, l'arc du méridien compris entre le puits de Syène et Alexandrie, et assigna à la circonférence de la terre une longueur de 250 000 stades. D'autres évaluations de cette longueur, données par Aristote, Cléomède, Possidonius et Ptolémée, paraissent répondre à la mesure de Thalès, traduite en stades différents. Selon Freret, le stade alexandrin était de 400 grandes coudées de la même longueur que le nilomètre du Caire.
Plusieurs siècles s'écoulèrent avant que l'on entreprît en Europe de pareilles mesures ; et ce ne fut qu'à partir du XVIIe, que les géomètres cherchèrent à acquérir des notions plus exactes sur la figure de la terre. Newton, qui avait découvert la loi de la gravitation universelle, trouva, en partant de l'hypothèse de l'homogénéité et de la fluidité primitive de notre globe, que ce corps, en vertu de sa rotation diurne et des lois de l'hydrostatique, avait dû se renfler à l'équateur et s'aplatir aux pôles. En 1617, c'est-à-dire
vingt-cinq ans avant la naissance de cet illustre géomètre, Snellius appliqua le premier les opérations trigonométriques à la mesure d'un arc de méridien, et détermina l'arc compris entre Berg-op-Zoom et Alkmaër. Peu d'années après, Norwood en Angleterre, Mason et Dixon en Pensylvanie, mesurèrent par des procédés particuliers des arcs de méridiens, tous trop petits pour pouvoir en déduire avec quelque certitude la figure et les dimensions de la terre. D'ailleurs, les instruments de géodésie dépourvus de lunettes étaient alors très imparfaits ; Bradley n'avait pas encore expliqué l'effet de l'aberration de la lumière sur la position des astres, et les lois de la réfraction atmosphérique n'étaient pas bien connues.
Des circonstances plus favorables au succès des opérations géodésiques se présentèrent sur la fin du XVIIe siècle. Picard, en adaptant aux instruments des lunettes et des micromètres, put mesurer avec plus d'exactitude que ses prédécesseurs l'arc de méridien compris entre Malvoisine et Amiens ; arc qui fut continué jusqu'à Dunkerque et Collioure par Cassini et Lahire, vers 1683. D'autres astronomes entreprirent des mesures semblables dans différentes parties du monde, et néanmoins le résultat de toutes ces mesures se trouva en opposition avec la théorie newtonienne : la terre semblait être allongée aux pôles.
Dans le but d'éclaircir ce point important de géodésie, l'académie des sciences, en 1735, envoya Bouguer et La Condamine au Pérou, Maupertuis et Clairaut en Laponie, pour y mesurer, chacun de leur côté, un arc de méridien : cette fois le résultat fut d'accord avec la théorie.
Au XIXe siècle les opérations faites au cercle polaire ont été vérifiées par Svanberg, à l'aide des mêmes procédés que ceux dont Delambre et Méchain venaient de faire usage pour la détermination de la méridienne de France, destinée à procurer définitivement l'unité fondamentale de notre nouveau système métrique décimal ; et le major Lambton a mesuré dans l'Inde, avec un soin extrême, un arc de méridien de plus de neuf degrés. Ces dernières mesures, et toutes celles qui ont été entreprises depuis en Italie, en Allemagne et en Angleterre, ont été couronnées du plus grand succès. Il résulte de leur combinaison que la terre est très peu différente d'un ellipsoïde de révolution.


Les nouvelles mesures géodésiques

Indépendamment de ces diverses mesures d'arcs de méridiens, on s'occupa par la suite en France, et dans d'autres parties de l'Europe, de la détermination de plusieurs arcs de parallèles ; parce que ces lignes concourent à faire mieux connaître la nature de la surface terrestre en un lieu particulier.
C'est principalement à Borda et à Delambre que l'on est redevable de l'extrême précision qui caractérise les nouvelles mesures géodésiques ; l'un a enrichi l'astronomie et la trigonométrie du cercle répétiteur, l'autre a perfectionné et étendu les méthodes d'observation et de calcul. Si l'on joint à cela les savantes théories de MM. de Laplace, Legendre, Poisson, etc., sur les hautes questions de géodésie, l'on concevra aisément que cette science est susceptible, par de fréquentes applications, d'accroître le domaine de la géographie et le nombre de données propres à la solution du problème relatif à la figure de la terre.

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