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L'origine de Chapeau



Dans la Grèce et la Rome antiques

L'usage de porter un chapeau, tant pour orner que pour couvrir la tête, remonte, selon Winkelmann, aux temps les plus reculés, et les Athéniens s'en servaient, non seulement à la campagne, mais aussi à la ville. Dans l'île d'Egine, on portait cet ajustement de tête même au spectacle, et cela dès le siècle de l'ancien législateur, Dracon. On faisait aussi alors des chapeaux de l'entre, comme nous le savons par ceux que portaient les Spartiates. Chez les Grecs, les gens de tout âge portaient des chapeaux.
Quand les Athéniens eurent quitté la mode d'en porter dans la ville, les Romains la mirent en vogue à leur tour, et rien de plus ordinaire chez eux que cette coiffure, du moins dans la maison. Cependant l'usage le plus ordinaire était de le porter à la campagne, pour se préserver du soleil et de la pluie ; pour cet effet, on avait soin d'en rabattre les bords. Au moyen des rubans dont il était garni, on pouvait l'attacher sous le menton ; quand on voulait aller tête nue, ou le jetait derrière les épaules, et il restait suspendu aux rubans attachés sous le menton.
En voyage ou exposées au soleil, les femmes, dit Winkelmann, portaient un chapeau à la thessalienne, assez semblable aux chapeaux de paille des femmes de Toscane, c'est-à- dire n'ayant presque point de fond. Les chapeaux des anciens étaient communément blancs, comme nous en voyons sur plusieurs vases peints. Sophocle fait paraître Ismène, la plus jeune des filles d'Œdipe, coiffée d'un pareil chapeau, lorsque, s'étant évade'e de Thèbes, elle vint joindre son père à Athènes.


Le port du chapeau en France

Sous Charles VI, on commença à porter des chapeaux à la campagne ; sous Charles VII, on en porta dans les villes, mais seulement en temps de pluie ; sous Louis XI, ils étaient plus communs, et on en portait en tout temps. Louis XII reprit le mortier ; mais François Ier s'en dégoûta, et prit le chapeau pour coiffure.
Le premier chapeau de castor, du moins dont il soit fait mention dans notre histoire, a été porté, en 1449, par Charles VII, lorsqu'il fit son entrée dans Rouen : ce chapeau était doublé de velours rouge, surmonté d'une houppe de fil d'or. Cependant les chapeaux, connus au milieu du XVe siècle, n'étaient pas encore trop communs sous le règne de Henri IV. Les princes et les nobles commençaient à porter cet ornement de tête, relevé de plumes et de franges, tandis que les bourgeois conserveront encore longtemps leurs chaperons.
Quand les hommes n'eurent plus pour ornement de tête que des chapeaux, diminutifs des chaperons, ces chapeaux étaient à bord ou à roue ; ils n'étaient pas retroussés ; on les doublait de fourrures ; on les garnissait de franges d'or, de cordons, de perles et de pierreries ; un cordon lié sous le menton servait à les assujettir.


Le chapeau chez les ecclésiastiques

L'usage des chapeaux était plus ancien en Bretagne de plus de deux cents ans, parmi les ecclésiastiques, principalement parmi les chanoines ; mais ces chapeaux étaient comme des bonnets.
En 1250, le pape Innocent IV permit aux cardinaux de porter des chapeaux rouges ; mais ces chapeaux n'ont été mis sur les timbres des armoiries que depuis l'an 1300. Avant cette époque on y voyait des mitres.
L'usage des chapeaux verts qui se trouvent dans les armoiries des archevêques et des évêques vient d'Espagne. Le P. Menestrier dit que l'usage du chapeau, pour tous les prélats, vient d'Espagne, où on le voit dès l'an 1400, et que Tristan de Salazar, Biscayen de nation, qui fut archevêque de Sens, l'introduisit le premier en France, en 1472.


Ôter son chapeau dans les lieux respectables

« L'officier chargé du heaume le gardait lorsque le chevalier s'en était dessaisi pour entrer dans une église, ou dans un autre lieu respectable, et dans les nobles maisons où il arrivait. Nous pouvons croire que cet usage d'ôter son heaume a donné la première origine à l'usage de se découvrir dans les lieux et pour les personnes à qui l'on doit de la considération. » (Lacurne de Sainte-Palaye, Mémoires sur l'ancienne chevalerie)

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