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L'origine de Échec



L'étymologie du mot Échec

Ce jeu a été ainsi appelé, soit du mot arabe ou persan scach, qui signifie roi, qui est la principale pièce de ce jeu ; soit de l'allemand schach, c'est-à-dire voleur ou filou (latrunculus en latin), d'où ce jeu a été dit latrunculorum ludus.


Une invention indienne

Quelques auteurs ont cru qu'il fallait remonter jusqu'au siège de Troie pour trouver l'origine du jeu des échecs, dont ils attribuent l'invention à Palamède ; mais cette opinion n'est pas mieux fondée que celle qui suppose que ce jeu a été connu des Grecs et des Romains, et que par conséquent nous l'avons reçu d'eux.
Il est dû aux Indiens : ce fut un bramine, nommé Sissa ou Sisla, qui l'imagina au commencement du Ve siècle, pour donner une leçon à un prince ivre de son pouvoir ; ce roi de l'Inde se nommait Sirham. Dans ce jeu, le roi, quoique la plus importante des pièces, ne peut ni attaquer ni se défendre sans ses sujets et ses soldats. Le prince indien, entendant parler de ce jeu, manda le bramine pour qu'il lui en expliquât les règles. Le philosophe, au milieu de ses leçons frivoles, en mêla d'utiles ; et le prince reconnaissant voulut le récompenser.
Sissa demanda qu'on lui donnât le nombre de grains de blé que produirait le nombre des casses de l'échiquier, un seul pour la première, deux pour la deuxième, quatre pour la troisième, ainsi de suite en doublant jusqu'à la soixante-quatrième. Le roi l'accorda sans examen ; mais ce fut pour lui une source nouvelle de réflexions lorsque ses trésoriers lui firent voir qu'il s'était engagé au-delà de ce qu'il pouvait fournir. On a évalué la somme de ces grains de blé à 16384 villes, dont chacune contiendrait 1024 greniers dans chacun desquels il y aurait 174 762 mesures, et dans chaque mesure 32 768 grains.


Un jeu très apprécié des rois

Le jeu des échecs ne demeura pas longtemps renfermé dans l'Inde ; il passa dans la Perse pendant le règne de Cosroès, mais avec des circonstances singulières que les historiens persans nous ont conservées et qui nous montrent qu'on le regardait comme destiné à servir dans tous les pays à instruire les rois en les amusant. Ils se plaisaient à retrouver dans la marche et dans les combinaisons de ce jeu une ressemblance frappante avec l'art de la guerre ; et ils aimaient à se livrer, dans leur oisiveté même, aux calculs d'une tactique spéculative et aux chances de combats fictifs.
On sait que Tamerlan était passionné pour les échecs. Hyde raconte qu'on voyait, au trésor de Saint-Denis, les échecs d'ivoire qui avaient appartenu à Charlemagne. Quelques souverains cependant, tels que Louis IX, et Casimir II, roi de Pologne, ont défendu ce jeu à différentes époques ; mais le souvenir de ces prescriptions s'est plutôt conservé par la singularité que par l'influence qu'elles ont eue sur l'opinion.
Louis XIII, roi de France, avait un échiquier fait en étoffe, et qui avait la forme d'un coussin ; les échecs dont il se servait étaient terminés par des espèces d'aiguilles qui, s'enfonçant dans l'échiquier, lui permettaient de jouer à ce jeu tout en se promenant en voiture. De cette manière il n'avait point à craindre qu'un cahot un peu trop brusque ne dérangeât l'ordre de bataille de ses soldats d'ivoire, et ne causât une mêlée au moment du triomphe.
Don Juan d'Autriche se servait d'une chambre entière pour échiquier. Les différentes cases étaient représentées sur un pavé de marbre noir et blanc ; mais au lieu de pions inanimés, il employait des hommes qu'il faisait mouvoir selon les règles du jeu.


Le nom des pièces du jeu d'échec

Le nom de plusieurs des pièces de ce jeu, qui n'ont de signification raisonnable que dans les langues de l'Orient, confirme l'opinion proposée sur son origine orientale. La seconde pièce des échecs après le roi est nommée aujourd'hui reine ou dame ; mais elle n'a pas toujours porté ce nom. Dans des vers latins du XIIe siècle, elle est nommé fercia. Nos vieux poètes français, comme l'auteur du roman de la Rose, nomment cette pièce fierce, fierche et fierge : ces mêmes termes se trouvent employés dans plusieurs anciens traités manuscrits du jeu des échecs qui sont à la bibliothèque du roi.

Nos meilleurs auteurs disent que les échecs des anciens étaient ordinairement de verre. Il paraît que ce jeu aurait été apporté en Italie du temps de la première croisade.

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