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L'origine de Lare



L'étymologie du mot Lare

Lares, du latin lares, qui, selon le père de La Rue et M. Dupais, vient de l'ancien mot toscan lar ou lars, qui signifiait chef et maître, épithète qui se donnait aux rois, tels que Lar-Porsenna, Lar-Tolumnius. Les lares étaient les dieux domestiques, les génies de chaque maison. « On les plaçait ordinairement, dit M. Dacier, dans le coin du foyer, qui est encore appelé la lar dans quelques endroits du Languedoc. De là, on a aussi donné ce nom aux maisons. »

Il nous Tant mieux vivre au sein de nos lares,
Et conserver, paisibles casaniers,
Notre vertu dans nos propres foyers.

(Gresset, Ver-Vert)


Les lares et les lémures

Apulée dit que les lares n'étaient autre chose que les âmes de ceux qui avaient bien vécu, et bien rempli leur carrière. Au contraire, ceux qui avaient mal vécu erraient vagabonds et épouvantaient les hommes. Selon Servius, le culte des dieux lares est venu de ce que l'on avait coutume autrefois d'enterrer les corps dans les maisons, ce qui donna occasion au peuple crédule de s'imaginer que leurs âmes y demeuraient aussi, comme des génies secourables et propices, et de les honorer en cette qualité.
On peut ajouter que la coutume s'étant ensuite introduite d'enterrer les morts sur les grands chemins, ce pouvait bien être de là qu'on prit occasion de les regarder aussi comme les dieux des chemins. C'était de même le sentiment des platoniciens, qui des âmes des bons faisaient les lares, et les lémures des âmes des méchants.


Les gardiens des maisons

Les lares, dit Plaute, étaient représentés anciennement sous la figure d'un chien, sans doute parce que les chiens font la même fonction que les lares, qui est de garder la maison ; et l'on était persuadé que ces dieux en éloignaient tout ce qui aurait pu nuire. Leur place la plus ordinaire dans les maisons, était derrière la porte ou autour des foyers. Les statues de ces dieux étaient en petit ; on les plaçait dans un oratoire particulier : on avait un soin extrême de les tenir proprement ; il y avait même, du moins dans les grandes maisons, un domestique uniquement occupé au service de ces dieux ; c'était la charge d'un affranchi chez les empereurs.
Lorsque les jeunes gens de qualité étaient parvenus à l'âge de quitter leurs bulles, petites pièces d'or qu'ils portaient sur la poitrine, ils allaient les présenter aux dieux lares et les suspendre à leur cou. Les esclaves y pendaient aussi leurs chaînes, lorsqu'ils recevaient la liberté.


Les lares publics et les lares particuliers

Il y avait des lares publics et des lares particuliers. Le plus ancien temple en l'honneur des premiers fut bâti, dans la huitième région de Rome, par Titus Tatius, roi des Sabins : leur fête, appelée Lararies, arrivait le onze avant les calendes de janvier.
La victime qu'on offrait aux lares était un porc, quand on leur sacrifiait en public ; mais, en particulier, on leur offrait, presque tous les jours, du vin, de l'encens, une couronne de laine, et un peu de ce que l'on servait à table. On les couronnait de fleurs, et surtout de violette, de myrte et de romarin. On leur faisait de fréquentes libations ; on allait même jusqu'aux sacrifices.

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