L'origine de Naissance
Le jour de la naissance dans la Rome antique
Ce jour était particulièrement honoré chez les Romains. Inspirés par la religion et par l'amour, ils recevaient leurs enfants comme un présent des dieux, et les saluaient en leur disant : hodie nate salve (je te salue, toi qui est né en ce jour) ; ensuite ils invoquaient le génie, et, toutes les années, sous ses auspices, ils renouvelaient cette solennité. Le sang d'un agneau coulait sur un autel de gazon, et un festin terminait la fête. Les guirlandes et les couronnes qui décoraient la maison étaient le signal de cette fête, et l'amitié laissait la porte ouverte au plaisir.
On était aussi dans l'usage, à Rome, de célébrer le jour de la naissance des princes ; mais la crainte de leur déplaire avait souvent plus de part à cet hommage, que le désir d'en être aimé. Les consuls qui n'eurent point ces ménagements pour Caligula perdirent leur place, et la république fut privée pendant trois jours de l'exercice de son autorité. Néanmoins, on plaçait quelquefois solennellement le jour de la naissance au rang des jours malheureux. Tibère osa flétrir ainsi la mémoire d'Agrippine, veuve de Germanicus, et Racine fait dire à Narcisse, en parlant de Britannicus et d'Octavie :
Rome sur les autels prodiguant les victimes,
Fussent-ils innocents, leur trouvera des crimes ;
Vous verrez mettre au rang des jours infortunés
Ceux où jadis la sœur et le frère sont nés.
(Britannicus)