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L'origine de Prose



L'étymologie de Prose

Discours qui n'est point assujetti à une certaine mesure, à un certain nombre de pieds et de syllabes. Ce mot vient du latin prosa, que quelques-uns croient dérivé de l'hébreu poras, qui signifie expendit ; d'autres le dérivent de prorsa ou prorsus, c'est-à-dire qui va en avant, par opposition à versa, qui retourne en arrière.


Les premiers écrits en prose

La prose a toujours été le langage des hommes, mais elle n'a point été consacrée d'abord, comme la poésie, aux ouvrages d'esprit, ni même à conserver la mémoire des événements. Au rapport de Pline, Phérécide de Scyros, qui vivait du temps de Cyrus, est le premier qui traita en prose des matières philosophiques. Cependant Pausanias parle d'une Histoire de Corinthe écrite en prose par un certain Rumelus, deux siècles avant la naissance de Phérécide. On ne peut nier toutefois que dans les monuments publics, les chroniques, etc., les vers n'aient précédé la prose, qui parmi nous fut considérée un certain temps comme incapable de passer à la postérité. Avant Villehardouin et Joinville on trouve peu d'ouvrages en prose, tandis que les bibliothèques contiennent des poèmes allégoriques, historiques et autres dont la composition remonte aux temps les plus reculés.


La préférence de la prose aux vers

Dans le XVIIIe siècle, sous la régence, le goût des beaux-arts commençant à s'attiédir par l'inconstance et la satiété, la prose eut la préférence sur les vers. Déjà La Motte avait soutenu qu'on pouvait faire des poèmes et des tragédies en prose ; Fontenelle, Trublet, Marivaux, Duclos et Montesquieu soutenaient également que la meilleure poésie était toujours inférieure la bonne prose, et croyaient faire grâce à un ouvrage en vers en disant : Cela est beau comme de la prose. Est-ce pour opposer plaisanterie à plaisanterie que Voltaire disait: Je ne fais à présent que de la vile prose ? Toutes ces folies paradoxales sont tombées aujourd'hui ; on en a montré le faux, et l'on a continué à faire de beaux vers.
La poésie et la prose ont eu d'ailleurs de tout temps des caractères distinctifs ; elles ont chacune leur harmonie, mais si opposées, que ce qui embellit l'une défigure l'autre : la cadence en est contraire et le style différent. Si la poésie a été portée au plus haut degré de perfection par les Racine, les Boileau, les Voltaire, les J.-B. Rousseau, etc. ; la prose, d'un autre côté, a servi d'interprète aux génies des Pascal, des Bossuet, des Fénélon, des Sévigné, des J.-J. Rousseau, et autres célèbres écrivains.


Le chant rimé

On appelle aussi prose un chant rimé qu'on dit avant l'évangile aux fêtes solennelles seulement. Ce n'est que dans le IXe siècle qu'on a commencé à chanter des proses dans l'église. Le premier auteur de proses que l'on connaisse est Notker, moine de Saint-Gall, qui écrivait vers l'an 880. Ce moine assure avoir vu plusieurs proses dans un antiphonaire de l'abbaye de Jumiège, que les Normands brûlèrent en 841.
Il y a quatre proses principales: la première, pour la fête de Pâques, qui commence par ces mots, Victimœ paschali laudes ; l'auteur en est inconnu. La seconde, pour la fête de la Pentecôte, qui est le Veni, sancte Spiritus ; plusieurs l'attribuent au roi Robert ; mais il paraît plus probable qu'elle a été composée par Hermanus Contractus. La troisième est le Lauda, Sion, Salvatorem, pour la fêle du Saint-Sacrement ; saint Thomas d'Aquin en est l'auteur. La quatrième est le Dies irœ, que l'on chante pour les morts ; on l'attribue mal à propos à saint Grégoire, ou à saint Bernard, ou à Humbert, général des dominicains. Malabranca, religieux dominicain, prouve qu'elle est du cardinal Frangipani.

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