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L'origine de Rose-croix



Un ordre établi par Elfride

On attribue l'établissement des rose-croix à Elfride, reine d'Angleterre, qui institua, dit-on, cet ordre pour engager ses sujets à défendre leur pays, lors d'une invasion des Danois.

La sage Elfride, à ses pensers profonds
Longtemps livrée, affecte un front tranquille,
Promet au peuple une gloire facile,
Devant son trône assemble ses barons,
Et parle ainsi : « Soutiens de l'Angleterre,
Qu'à la victoire accoutuma mon père,
Un grand danger menace nos autels.
A des chrétiens ce mot seul doit suffire ;
Mais des brigands l'audacieux délire
N'épargne rien ; farouches et cruels,
L'amour encore envenime leurs âmes.
Votre valeur protégera les femmes.
Dans ce moment, pour mériter leur choix,
Il faut savoir combattre et les défendre.
L'orgueil du rang n'a plus rien à prétendre ;
Le brave seul sur le cœur a des droits.
Au brave armé pour le ciel et pour elles
J'offre en leur nom des écharpes nouvelles :
La rose y brille à côté de la croix.

(Parny, Les Rose-Croix)


Les frères de la Rose-croix

Ce fut en 1610 que l'on commença à entendre parler de cette société chimérique dont on n'a découvert ni trace ni vestige. Ce qu'il y a de plaisant, disent les auteurs de l'Encyclopédie, c'est que dès lors les paracelsistes, les alchimistes et autres gens de cet ordre prétendirent en être, parce qu'il s'agissait des sciences occultes et cabalistiques, et chacun d'eux attribuait aux frères de la rose-croix ses opinions particulières. Les éloges qu'ils firent des frères de la rose-croix aigrirent quelques hommes pieux, et les portèrent à intenter toutes sortes d'accusations contre cette société, de l'existence de laquelle ils auraient dû préalablement s'assurer.
Cependant on débitait hautement qu'il paraissait une illustre société, jusque là cachée, et qui devait son origine à Christian Rosen-Creuz. On ajoutait que cet homme, né en 1387, ayant fait le voyage de la Terre-Sainte pour visiter le tombeau de Jésus-Christ, avait eu à Damas des conférences avec les sages Chaldéens, desquels il avait appris les sciences occultes, entre autres la magie et la cabale ; qu'il avait perfectionné ses connaissances en continuant ses voyages en Egypte et en Lybie ; que, de retour dans sa patrie, il avait conçu le généreux dessein de réformer les sciences ; que pour réussir dans ce projet, il avait institué une société secrète composée d'un petit nombre de membres auxquels il s'était ouvert sur les profonds mystères qui lui étaient connus, après les avoir engagés sous serment à lui garder le secret, et leur avoir enjoint de transmettre ses mystères de la même manière à la postérité.


La rose-croix chez les alchimistes

Mais il paraît plus probable que le nom allemand du chef de cette prétendue association secrète est supposé, qu'il n'est que le titre de la secte même, et signifie chrétien de la rose-croix. Gabriel Naudé a publié deux ouvrages, recherchés par les curieux, qui ont pour objet de prouver la vérité de l'histoire de ces philosophes alchimistes ; et le baron de Mosheim donne de la manière suivante l'étymologie de ce mot : « Le titre de rose-croix, dit-il, désigne évidemment les philosophes chimistes, qui joignaient les secrets de la chimie aux vérités de la religion ; il est tiré de la chimie elle-même, et il n'y a que ceux qui entendent cet art et la langue qui lui est propre qui puissent en saisir le vrai sens et toute l'énergie. Il n'est pas composé, comme quelques personnes le croient, des deux mots rose et croix, mais bien du dernier de ces mots et de celui de ros, qui, en latin, signifie la rosée, le plus puissant dissolvant de l'or. Dans le style des chimistes, la croix est équivalente au mot lumière, parce que la figure offre en même temps les trois lettres qui composent le mot latin lux, qui signifie lumière. Or, la lumière, dans le langage des rose-croix, est la semence ou la menstrue du dragon rouge, ou, en d'autres termes, cette lumière grossière qui, étant bien digérée et modifiée, produit l'or. Suivant cela, un rose-croix est un philosophe qui, par le moyen de la rosée, cherche la lumière, ou, en d'autres termes, ce qu'on appelle la pierre philosophale. C'est là la seule et véritable explication de ce mot ; toutes les autres sont fausses. Elle n'a pas échappé à la pénétration de Gassendi. Elle fut cependant mieux développée par Renaudot, fameux médecin, etc., etc. »


Le grade des francs-maçons

Il existe dans l'ordre des francs-maçons un grade appelé rose-croix ; là, ce nom dérive de l'allégorie qui fait l'objet de ce grade religieux. Le passage de l'ancienne loi à la nouvelle, ce dépouillement du vieil homme, est une époque mémorable pour les chrétiens ; cet événement mystique fait aussi partie des dogmes de la franc-maçonnerie. On y apprend qu'après les ténèbres, la lumière nouvelle se montra éclatante ; qu'après le velum templi abscissum, la joie, le calme et la sérénité remplacèrent la tristesse, le trouble et la confusion ; qu'à l'épine enfin succéda la rose épanouie. On rend des actions de grâces, pour ce nouveau bienfait, au grand architecte de l'univers, que l'église appelle en ce jour Regenerator mundi, lumen indeficiens, ronditor omnium luminum, etc.
C'est donc par une conséquence des rapports que les francs-maçons ont cherché à établir entre leurs dogmes et les mystères de la religion que ce mot de rose-croix paraît s'être introduit dans leur langue.

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