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L'origine de Uniforme des troupes


Il est à croire que du moment où les hommes se réunirent pour se faire la guerre, les chefs donnèrent à leurs soldats des marques particulières au moyen, desquelles ils pussent les distinguer dans les combats, les reconnaître après la victoire, ou les rallier dans la déroute. Ces marques distinctives durent consister soit dans la forme, soit dans la couleur des armes ou des vêtements : de là naquit naturellement ce que nous appelons l'uniforme des troupes.


Dans l'Antiquité

On doit cependant remarquer que les écrivains de l'antiquité, en décrivant les armes des différents corps de cavalerie et d'infanterie, ne font pas mention d'uniformes militaires, et les Grecs et les Romains avaient pour habillement de guerre des corps d'armes de cuir, renforcés de lames de fer.


L'uniforme des premiers Français

Le sayon de peau fut l'uniforme des premiers Français, et leur unique armure défensive jusqu'au Ve siècle, qu'ils s'armèrent à la romaine. Ils conservèrent cette méthode jusqu'à Charlemagne ; alors ils reprirent leur ancien sayon de cuir, auquel on ajouta le haubert, autre sayon composé de mailles de fer, qui se portait sur le premier. Dans cet habillement, un guerrier avait pour uniforme un tricotage de fer de pied en cap : chaperon, veste, bas-de-chausses, tout en était, et l'habit complet s'appelait squammata vestis, habit à écailles.


Au temps des croisades

Ce fut au temps des guerres saintes et des voyages que les Européens occidentaux firent, au XIe siècle, dans la Palestine et à Constantinople, qu'ils imaginèrent de porter, par-dessus leur armure, de riches étoffes d'Orient et des fourrures, que les Grecs tiraient de la Russie et de la Tartarie par la mer Noire. Peut-être empruntèrent-ils cette mode de la coutume où étaient les Sarrasins d'avoir sur leurs armes des tuniques d'étoffes unies ou rayées. Les Français, revenus des croisades, se firent un honneur de paraître avec ce qui indiquait les lieux où ils avaient signalé leur valeur : ils se montrèrent avec des tuniques uniformes, qu'ils nommèrent saladines, du nom du sultan Saladin.


Le haubert, la cotte d'armes, puis le hoqueton

Le haubert fut en usage jusqu'au temps de Charles VI. Sous le règne de ce prince, on le quitta pour prendre l'armure de fer, qui consistait en un casque et une cuirasse, à laquelle se joignaient des brassards, des cuissards et des grèves.
Ensuite vint la cotte d'armes, qui, sous Charles VII, fût comme un uniforme de guerre propre à distinguer, par sa forme et par sa couleur, tous les gens d'armes : un commandant communiquait la couleur de sa cotte à tous les nommes d'armes de son commandement, de sorte que toutes les cottes d'une compagnie se trouvaient d'une même couleur, et cela commença à former ce qu'on appelle aujourd'hui l'uniforme.
A la cotte succéda le hoqueton, espèce de mantille, qui devint bientôt casaque, parce qu'on en ferma les manches et qu'on l'ouvrit par-devant : on la portait agrafée au cou. Ces casaques d'ordonnance marquaient les différons corps par la couleur dont elles étaient, et les croix qui se mettaient dessus faisaient connaître la nation et le parti, auxquels on était attaché ; mais l'usage en fut aboli sous Henri II, et on leur substitua deux écharpes : l'une, marquant la livrée des Français, était toujours de la même couleur ; l'autre désignait l'uniforme du corps auquel on appartenait, et était de la couleur qu'il plaisait au commandant. Les gens de guerre conservèrent la première de ces écharpes jusqu'à l'établissement des uniformes, et les aiguillettes ou nœuds d'épaules l'ayant remplacée, les chefs continuèrent à faire porter leur livrée à leurs soldats.


L'uniformité du costume des troupes

Néanmoins, on ne peut se dissimuler que l'uniformité de costume dans les troupes n'a commencé à être générale que sous Louis XIII, quelque temps avant le siège de La Rochelle ; elle ne fut même introduite dans tous les régiments, tant pour les officiers que pour les soldats, que vers l'an 1670, sous le ministère de Louvois ; et cette mesure ne fut considérée d'abord que comme une opération financière : car les uniformes n'étaient décrits que dans les marchés passés avec les fournisseurs, et l'on n'en parlait pas dans les ordonnances ; de telle sorte que les officiers ne se croyaient pas obligés à les porter, ni à veiller à ce que les soldats ne les quittassent point.
Plusieurs colonels propriétaires, se souvenant que le maréchal d'Ancre et les cardinaux Richelieu et Mazarin avaient donné leurs livrées aux troupes, s'étaient crus autorisés à donner la leur aux régiments qu'ils commandaient ; d'un autre côté, l'habillement étant au compte des capitaines, plusieurs ne le laissaient porter que durant le service, et exigeaient que dans les marches et dans les chambrées les soldats se couvrissent des haillons qu'ils avaient apportés au régiment.


Les premiers uniformes

On attribue l'introduction d'un uniforme plus régulier, en 1670, à Colinan du Frandat, lieutenant-général. En 1747, le ministre de la guerre d'Argenson, ayant à faire cesser les abus que nous venons de signaler et d'autres encore, fit rendre une ordonnance qui, en réglant la forme des habits, la qualité et la couleur des draps, imposa l'obligation de vêtir continuellement les troupes de l'habit militaire, qui fut divisé en grand ordonnance et petit ordonnance ; il défendit aux officiers, sous peine de destitution, de le donner à leurs domestiques, et leur ordonna de le porter eux-mêmes sans y rien changer. Les généraux, parce qu'ils n'appartenaient à aucun corps, reçurent un uniforme particulier ; celui des officiers, hors la qualité du drap, fut en tout semblable à celui des soldats.


La distinction des grades

En 1759, le maréchal de Belle-Isle imagina, pour distinguer les grades, les épaulettes, telles à peu près que nous les voyons maintenant : ce nom leur fut donné parce qu'on les plaça sur les épaules, comme la partie de l'ancienne armure nommée épaulière. Louvois avait donné des uniformes, d'Argenson avait amélioré cette partie du service, mais après lui elle était restée stationnaire ; chaque régiment avait bien un habit uniforme, mais chaque uniforme de régiment était d'une couleur arbitraire, à la volonté des colonels, et la bigarrure des parements et des revers multipliait encore les nuances.


L'uniforme après la Révolution

Ce fut le ministre Choiseul qui, en 1762, ayant mis l'habillement au compte du roi, fit adopter les dispositions qui ont subsisté jusqu'à la révolution. Il fut décidé que toute l'infanterie française serait habillée en drap blanc, et que les régiments ne seraient distingués entre eux que par les différentes couleurs des revers et parements, auxquels on assortirait les boutons jaunes ou blancs ; la même ordonnance prescrivit la couleur bleue pour la cavalerie et la verte pour les dragons. On ne laissa subsister d'exceptions que pour les étrangers et pour la maison du roi.
En 1793, on substitua à l'habit blanc de l'infanterie l'uniforme aux trois couleurs : habit fond bleu de roi, revers et retroussis blancs, collets et parements rouges.


L'uniforme des troupes au XIXe siècle

En 1815, on revint à l'habit blanc, qui fut bientôt abandonné, et remplacé par celui-ci : l'infanterie de ligne portait l'habit bleu de roi, boutonnant droit sur la poitrine, avec collet, parements, retroussis et passepoils de couleur garance, contre-épaulette garance avec passepoil bleu, à boutons jaunes avec le numéro du régiment ; dans l'infanterie légère, la couleur distinctive était jonquille, et les boutons étaient blancs : le pantalon était couleur garance dans l'une et l'autre arme ; l'artillerie, le génie, les vétérans, étaient en drap bleu de roi.
Dans la cavalerie la couleur variait selon les armes : bleu céleste pour les carabiniers ; bleu de roi pour les cuirassiers ; vert avec des boutons jaunes pour les dragons ; vert avec des boutons blancs pour les chasseurs ; rouge garance pour les lanciers.
Les hussards n'avaient point de couleur uniforme pour tous les régiments, mais le pantalon, le schakos et les ornements étaient de couleur garance, à l'exception du 4e régiment, qui les portait bleu céleste.

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