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L'origine de Vaisseau


Originairement on n'avait que des radeaux, des pirogues ou de simples barques ; on se servait de la rame pour conduire ces bâtiments faibles et légers. A mesure que la navigation s'étendit et devint plus fréquente, on perfectionna la construction des navires ; on les fit d'une plus grande capacité ; il fallut alors et plus de monde et plus d'art pour les faire manœuvrer. On ne tarda pas à reconnaître l'utilité qu'on pouvait retirer du vent pour hâter et faciliter la course d'un navire, et l'on trouva l'art de s'en aider par le moyen des mâts et des voiles.


L'utilisation du vent dans la navigation

Il règne une très grande obscurité sur le temps auquel ces parties accessoires du vaisseau furent inventées. On pense que les Phéniciens ont été les premiers à se servir du vent ; on croit même cette manière de naviguer assez ancienne chez ces peuples. Quelle apparence, en effet, qu'ils eussent pu entreprendre de longues navigations avec des navires qui n'eussent pas porté de voiles ? Semblables au surplus à nos galères, ces bâtiments allaient aussi à la rame : on faisait servir les voiles quand le temps était favorable ; on avait recours aux rames pendant les calmes ou lorsque le vent était contraire.
Le voyage que les Argonautes entreprirent pour pénétrer dans la Colchide fit faire aux Grecs quelques progrès dans l'architecture navale ; jusqu'alors ces peuples, de l'aveu de leurs meilleurs historiens, ne s'étaient servis que de barques et de petits navires marchands. Jason, prévoyant tous les dangers de l'expédition qu'il méditait, prit des précautions extraordinaires pour la faire réussir ; il fit construire, au pied du mont Péliou dans la Thessalie, un vaisseau qui par sa grandeur et son appareil surpassait tous ceux qu'on avait vus jusqu'à ce moment : ce fut le premier vaisseau de guerre qui sortit des ports de la Grèce. Cette expédition eut lieu 1253 ans avant Jésus-Christ.


Les vaisseaux dans l'antiquité gréco-romaine

Chez les Grecs et chez les Romains il y avait deux sortes de vaisseaux : les uns destinés au négoce, au transport des marchandises, des vivres et des troupes ; on les appelait bâtiments de charge (onerariœ naves) ; et les autres, propres à la guerre, étaient appelés vaisseaux longs (longœ naves), par opposition aux premier qui étaient ronds ou ovales. D'ailleurs les bâtiments de transport étaient ouverts et sans pont ; ils n'avaient pas non plus à la proue ces rostres (rostra) ou éperons de fer ou de cuivre. Chez les Grecs comme chez les Romains, les vaisseaux étaient distingués par le nombre des rangs de rames, en birèmes, trirèmes, quadrirèmes et quinquerèmes ; ces derniers étaient les plus grands. Tous les vaisseaux des anciens allaient à la rame et à la voile en même temps.
On ne se servit d'abord, pour diriger et conduire les vaisseaux, que des rames et des avirons faits à l'exemple des nageoires des poissons ; leur queue donna ensuite l'idée du gouvernail. On prétend que ce fut en cherchant à s'échapper de l'île de Crète que Dédale inventa les voiles, à la faveur desquelles il traversa la flotte de Minos sans qu'on pût l'arrêter. Mais qu'il y a loin de la construction des vaisseaux dans ces anciens temps à la construction navale qui de nos jours est devenue un art très compliqué, dont l'application des sciences mathématiques et mécaniques a complètement changé les principes et l'essence !


Le perfectionnement des vaisseaux

Dès le XVIIIe siècle, il s'est établi entre diverses nations une émulation active pour la meilleure construction des vaisseaux ; il en est résulté une perfection qu'on aurait autrefois jugée impossible. Les flottes des rois saxons étaient composées de chaloupes à rames ; le grand vaisseau de Henri VIII, qui passait pour une des merveilles du monde, serait pour nous un vaisseau du quatrième rang.
En 1808, M. Fouet a inventé un moyen qu'il croyait propre à faire aller les vaisseaux en temps calme et contre le vent. Ce mécanisme a son moteur dans le mouvement même du vaisseau.
Dans le XVIIIe siècle, un particulier de Bordeaux avait trouvé le secret d'un mastic qui s'attache sur le bois des vaisseaux, se durcit dans l'eau, et le préserve de l'attaque des vers ; et, en 1808, M. Ducrest, de Genève, a imaginé un nouveau moyen de garantir les vaisseaux de la piqûre des vers. Ce procédé consiste à doubler les vaisseaux avec des planches minces de bois blanc, tel que le sapin, le tilleul ou le peuplier, en faisant préalablement bouillir ces planches dans de l'huile siccative , maintenue à la chaleur de 75 à 80 degrés ; car, est-il dit, une chaleur au-dessus de celle de l'eau bouillante altérerait la qualité du bois.


Les vaisseaux lymphatiques

Olaüs Rudbeck, né en 1630, mort en 1702, un des plus savants hommes qu'ait produits la Suède, en recherchant l'origine et l'insertion des vaisseaux lactés, découvrit, de 1649 à 1650, les vaisseaux lymphatiques, qu'il nomma conduits hépatico-aqueux. Cette découverte, à laquelle il n'attacha pas d'abord toute l'importance qu'elle mérite, puisqu'il négligea de la publier, lui fut disputée par Thomas Bartholin ; mais elle appartient incontestablement à Rudbeck. Il en avait fait la démonstration sur un animal injecté, dés le mois d'avril 1652, en présence de la reine Christine, par conséquent deux ans avant que Bartholin se la fût attribuée dans l'Historia nova vasorum lymphaticorum.

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