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L'origine de Cochenille


Beckmann suppose que le nom de coccinella des Espagnols, et de cochenille des Français, vient du latin coccus.


Un insecte couleur pourpre

La cochenille est une espèce d'insecte qui fournit une couleur de pourpre. Cet insecte, auquel nous devons nos belles couleurs de pourpre et d'écarlate, est, selon Raynal, de la grosseur et de la forme d'une punaise. Les deux sexes y sont distincts, comme dans la plupart des autres animaux. La femelle, fixée sur un point de la plante presqu'au moment de sa naissance, y reste toujours attachée par une espèce de trompe, et ne présente qu'une croûte presque hémisphérique qui recouvre les autres parties. Cette enveloppe change deux fois en vingt-cinq jours, et est enduite d'une poussière blanche, grasse, impénétrable à l'eau.
A ce terme, qui est l'époque de la puberté, le mâle, beaucoup plus petit, et dont la forme est plus dégagée, sort d'un tuyau farineux, à l'aide d'ailes dont il est pourvu, il voltige au-dessus des femelles immobiles, et s'arrête sur chacune d'elles. La même femelle est ainsi visitée par plusieurs mâles qui périssent bientôt après la fécondation. Son volume augmente sensiblement jusqu'à ce qu'une goutte de liqueur, échappée de dessous elle, annonce la sortie prochaine des œufs qui sont en grand nombre.
Les petits rompent leur enveloppe en naissant, et se répandent bientôt sur la plante, pour choisir une place favorable et pour s'y fixer. Ils cherchent surtout à se mettre à l'abri du vent d'est : aussi l'arbrisseau sur lequel ils vivent, vu de ce côté-là, parait-il tout vert, tandis qu'il est blanc du côté opposé sur lequel les insectes se sont portés de préférence.


La récolte de la cochenille

La récolte de la cochenille doit précéder de quelques jours le moment de la ponte, soit pour prévenir la perle des œufs qui sont riches en couleur, soit pour empêcher les petits de se répandre sur une plante déjà épuisée qui a besoin de quelques mois de repos. En commençant par le bas, on détache successivement les cochenilles avec un couteau, et on les fait tomber dans un bassin placé au-dessous. Elles n'ont pas été plus tôt recueillies, qu'on les plonge dans l'eau chaude pour les faire mourir. Il y a différentes manières de les faire sécher. La meilleure est de les exposer pendant plusieurs jours au soleil, où elles prennent une teinte de brun-roux, ce que les Espagnols appellent renegrida.

Quoique la cochenille appartienne au règne animal, qui est l'espèce la plus périssable, elle ne se gâte jamais. Sans autre attention que celle de l'enfermer dans une boîte, on la garde des siècles entiers avec toute sa vertu.
Cette riche production nous vient du Mexique, et surtout d'une de ses provinces appelée Oaxaca.


Les trois espèces de cochenilles

Selon les auteurs de la Bibliothèque britannique (de Genève), il y a trois espèces de cochenilles. La première vient d'Amérique, c'est la plus belle et la plus chère. La seconde espèce se trouve principalement sur une sorte de chêne nommé quercus ilex ; on appelle cet insecte coccus ilicis ou kermès. La troisième cochenille se trouve sur les racines de plusieurs plantes pérennes : on la nomme coccus radicum ou cochenille d'Allemagne.
La cochenille du chêne vert, ajoutent-ils, paraît avoir été employée par toutes les nations de l'antiquité. Le professeur Tychsen pense que cette substance était le jola de Moïse. On s'en servait pour donner la première teinte aux draps destinés à être teints de pourpre.

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