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L'origine de Eau



La découverte des composants de l'eau

Lavoisier est un des premiers qui par leurs expériences ont démontré que l'eau n'est point un être simple ; il est parvenu à faire connaître les principes qui la composent et les rapports qu'ils ont entre eux. Dès 1776, Macquer et Sigaud-Lafond observèrent qu'il se déposait de l'eau sur les parois des vases au-dessous desquels on faisait brûler le gaz hydrogène. Au commencement de l'année 1781, Priestley ayant fait détoner un mélange de gaz hydrogène et de gaz oxygène dans un vaisseau de verre, observa aussi qu'après la détonation l'intérieur du vase était humide ; mais aucun d'eux n'en conclut que l'eau était composée d'hydrogène et d'oxygène.
Ce fut Cavendish qui, dans l'été de la même année 1781, ayant répété l'expérience de Priestley avec un très grand soin, et s'étant procuré ainsi plusieurs grammes d'eau, osa le premier en tirer cette conséquence. Cependant il était nécessaire, pour convaincre les esprits, de brûler de grandes quantités de gaz hydrogène, de mesurer les proportions de gaz hydrogène et de gaz oxygène qui se combinaient, et de prouver que leur poids était absolument le même que celui de l'eau formée : c'est ce qu'essaya Lavoisier en 1783, et ce qu'il exécuta avec Meunier en 1785, au moyen des gazomètres dans un grand ballon de verre. Parmi les chimistes qui répétèrent l'expérience de Lavoisier, on doit surtout citer M. Lefebvre-Gineau, professeur au collège de France, Fourcroy , MM. Vauquelin et Séguin : ceux-ci obtinrent jusqu'à cinq hectogrammes d'eau parfaitement pure.


Les moyens de conserver l'eau

M. Berthollet, si connu par les heureuses applications qu'il a faites de la chimie aux usages domestiques, a donné le moyen de conserver longtemps de l'eau dans des tonneaux sans qu'elle se gâte. Il recommande de charbonner l'intérieur de ces tonneaux, ce qui préserve l'eau de cette odeur de croupi qu'elle prend ordinairement en dissolvant le principe extractif du bois ; on parvient ainsi à conserver l'eau dans les voyages de long cours sur mer.


L'analyse des eaux minérales

Il resterait à faire connaître ici l'origine des eaux minérales, ce qui entraînerait trop loin ; qu'il nous suffise d'indiquer une découverte dont s'est enrichie la science, et dont l'humanité recueille le fruit. Les sources thermales, connues antérieurement à Pline, prêtaient déjà du temps de cet écrivain leur secours à la médecine. Leurs propriétés provenant du sol qu'elles traversent, il faudrait les faire venir à grands frais de pays souvent très éloignés, ou les prendre sur les lieux, si la chimie n'était parvenue à imiter la nature dans cette circonstance.
Bergman, en 1778, et Kirwan en 1799, publièrent des dissertations générales sur l'analyse des eaux minérales. L'essai que M. Bouillon-Lagrange mit au jour en 1810, les travaux de MM. Vauquelin, Fourcroy, Deyeux, et de plusieurs autres chimistes, ne permettaient plus de douter des avantages que l'on pouvait retirer des eaux minérales factices, dans les maladies où ces eaux naturelles procuraient quelque soulagement.


L'eau de la mer rendue potable

L'eau marine, comme l'on sait, n'est pas en elle-même propre à la boisson de l'homme ; mais on a depuis longtemps observé que les vapeurs qui s'élèvent de la mer sont douces, et on a pu en conclure qu'il suffisait de les réunir et de les condenser pour en retirer une liqueur potable et propre aux usages domestiques. Ce phénomène était connu du temps de Pline, qui dit littéralement, expansa circà navim vellera madescunt accepto halitu maris, quibus dulcis humor exprimitur (Les toisons étendues autour du vaisseau, après avoir reçu les vapeurs de la mer, deviennent humides et on en peut extraire une eau douce).
Vers le milieu du XVIII siècle, on était parvenu à trouver le moyen de dessaler l'eau de la mer. Plusieurs savants, parmi lesquels on compte Bayle, Leibnitz et le comte de Marsigly, avaient fait à ce sujet un grand nombre d'expériences infructueuses : plus heureux que ceux qui l'avaient précédé, M. Poissonnier parvint à cette époque à inventer une machine distillatoire très simple, à l'aide de laquelle et d'une poudre absorbante il a réussi à ôter à l'eau de la mer son goût amer, et à lui procurer une parfaite salubrité.
S'il faut, disent les Affiches de province (1784), s'en rapporter aux papiers anglais, on a fait à York, avec succès, l'expérience d'une machine très simple, inventée pour dessaler l'eau de la mer et la rendre potable. Cette machine, est-il dit, est à peu près construite comme celle du docteur Irvin, et l'usage en est très facile ; elle peut se fixer à volonté sur la chaudière des cuisines, et la distillation se fait en même temps que les aliments cuisent ; sur seize parties d'eau salée, on en a tiré onze de belle eau très douce. Le résidu offre une saumure extrêmement âcre et pénétrante.
Enfin, en 1817, MM. les commandants et intendants de la marine à Brest, Toulon et Rochefort reçurent l'ordre de faire distiller une quantité d'eau de mer suffisante pour fournir pendant un mois à la boisson et à la préparation des aliments d'un certain nombre de forçats. Il fut prescrit en même temps de former, dans chacun des ports indiqués, une commission composée d'employés d'administration, et d'officiers de santé, militaires, pour observer l'état des hommes soumis à ces expériences et rendre compte des résultats.
On a remarqué qu'après la distillation, l'eau de la mer a toute la limpidité de l'eau distillée ordinaire ; qu'elle dissout bien le savon et cuit bien les légumes : l'aréomètre n'a présenté aucune différence entre cette eau et celle de source également distillée. L'eau de mer sortant de l'alambic avait un goût de feu, de brûlé, d'empyreume, qui appartient seulement à l'action du calorique, puisque l'eau de mer et l'eau douce, comparées sous le rapport du goût, à leur sortie de l'alambic, se sont trouvées parfaitement semblables. L'eau de mer distillée ne perd pas immédiatement son odeur ni son goût empyreumatique ; mais exposée à l'air libre, pendant un certain temps, elle perd sa fadeur, devient plus sapide, et acquiert enfin toutes les qualités de l'eau douce.


L'eau dans le vin

Une circonstance frappante dans l'histoire de l'antiquité grecque, c'est l'affectation avec laquelle presque tous les historiens nomment celui qui passait pour avoir trouvé le premier le secret de mêler l'eau avec le vin, comme si c'eût été une découverte d'une nature à mériter l'attention de toute la postérité. Ils en font honneur à Amphion, troisième roi d'Athènes : on lui avait même élevé une statue en reconnaissance d'un si grand service.


L'eau bénite

L'usage de l'eau bénite est très ancien dans l'Eglise, comme on peut le voir dans saint Jérôme , dans la vie de saint Hilarion et dans Gretser. Il y avait dans l'ancienne loi plusieurs aspersions semblables. On attribue au pape saint Alexandre, martyrisé sous Adrien, l'institution de l'eau bénite.


Les eaux et forêts

Les Romains, qui avaient emprunté des Grecs une partie de leurs lois, avaient fait des règlements relatifs aux droits de propriété ou d'usage que chacun pouvait prétendre sur l'eau, sur les rivages des fleuves et des rivières.
A Rome, la garde et la conservation des forêts était le plus souvent confiée aux consuls nouvellement créés ; on établit dans la suite des gouvernements particuliers dans chaque province pour la conservation des bois.
Lorsque les Francs se rendirent maîtres des Gaules, frappés de les voir couvertes de forêts, ils ne tardèrent pas à prendre les mesures convenables pour conserver ce prix inestimable de leurs conquêtes.
Les gouverneurs de Flandre, avant Baudouin surnommé Bras-de-fer, se nommaient forestiers.
Les rois de la seconde race défendirent l'entrée de leurs forêts, afin que l'on n'y commit aucun dégât. Charlemagne enjoignit aux forestiers de les bien garder. Aymoin rapporte que Thibaut Filetoupe était forestier du roi Robert, c'est-a-dire inspecteur général de ses forêts. Il y avait aussi dès lors de simples gardes des forêts.
Il est à présumer que ses successeurs, et les premiers rois de la troisième race, ne négligèrent point cette partie essentielle de l'administration ; néanmoins on ne trouve pas de plus ancienne ordonnance qui ait trait aux eaux et forêts que celle de Louis VI, de l'an 1115, concernant les mesureurs et arpenteurs des terres et bois. Mais dans le siècle suivant, il y eut deux ordonnances faites spécialement sur le fait des eaux et forêts : l'une par Philippe-Auguste, à Gisors, au mois de novembre 1213, et l'autre par Louis VIII, à Montargis, en 1223.

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