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L'origine de Électricité



Connue depuis la plus haute antiquité

Le succin, autrement nommé ambre jaune, est un bitume solide, qui se trouve dans plusieurs endroits de la terre ; il a la propriété de devenir très électrique par le frottement, et d'attirer ensuite les corps légers : c'est à cause de cette vertu attractive que les anciens l'ont appelé electrum, d'où nous avons ensuite tiré le mot électricité.
Ce terme semble annoncer une origine moderne ; cependant la découverte de la vertu attractive de l'ambre remonte à l'antiquité la plus reculée. Le philosophe Thalès en était si surpris, qu'il croyait que l'ambre était animé.
Athénée parle d'un nommé Xénophon, qui faisait sortir le feu de son corps et étonnait les spectateurs par divers autres artifices. Il parle aussi d'enchanteresses qui jetaient du feu par la bouche. On lit dans les Extraits de la vie du philosophe Isidore, composés par Damascius, que Phocius nous a conservés, que de nombreuses et fortes étincelles s'élançaient du cheval de Sévère quand on le maniait, et que l'on remarqua la même chose dans l'âne que montait Tibère lorsqu'il étudiait la rhétorique à Rhodes ; qu'il partait des étincelles du corps de Baléméris, père de Théodoric, roi d'Italie ; que le même phénomène arrivait à Damascius lui-même pendant qu'il mettait ou quittait ses vêtements ; que ces étincelles faisaient quelquefois du bruit ; mais que d'autres fois des flammes paraissaient fort sensiblement sur ses habits sans rien brûler. Damascius témoignait encore avoir vu un homme qui, en se frottant la tête avec une pièce de drap rude, en faisait sortir des étincelles et même des flammes.


Les premières observations scientifiques

Les premières observations sur l'électricité sont de Gilbert, physicien anglais, qui a si bien écrit sur l'aimant. Quelque temps après, Othon de Guérick, bourgmestre de Magdebourg, s'avisa de faire, avec un globe de soufre, des expériences qui donnèrent des connaissances plus exactes sur cette propriété des corps : ce fut la première machine de rotation qui parut. Cet habile physicien découvrit le premier les attractions et répulsions électriques, et la possibilité de transmettre l'électricité par le moyen d'un fil.
Robert Boyle, et, après lui, les physiciens de l'académie de Florence, firent sur ce sujet plusieurs autres observations, dont les plus considérables roulent sur l'ambre ou le succin. Enfin, Hauksbée imagina le tuyau et le globe de verre qu'il fit tourner sur son axe.
En 1720, M. Gray donna, dans les Transactions philosophiques, les découvertes qu'il avait faites sur l'électricité de plusieurs corps qu'on ne croyait pas électriques ; il enseigna aussi le moyen d'électriser les métaux et les liqueurs par la simple approche d'un corps électrisé.
M. Dufay a ranimé toutes ces expériences, et en a fait un sujet particulier de physique fort curieux. C'est lui qui a trouvé que la corde la plus commune était ce qui convient le mieux pour transmettre l'électricité. Il a découvert que la soie ou des tuyaux de verre ordinaire n'interrompent point le cours de la matière électrique le long des cordes qu'ils supportent. Il a porté enfin l'électricité à une distance beaucoup plus grande que les Anglais. Il lui a fait parcourir 1256 pieds de Paris, par un vent de nord-ouest très violent et par un temps sec et assez froid.


Les premières machines électriques

Il était réservé au XVIIIe siècle de produire, par le moyen de la machine électrique, les phénomènes les plus surprenants ; nous nous contenterons d'en indiquer ici quelques uns, tels que la commotion électrique ou l'expérience de Leyde, connue sous le nom de coup foudroyant, trouvée en 1746, à Leyde, par M. Cuneus ; le clavecin électrique, imaginé en 1759 par le père Laborde, jésuite ; l'aurore boréale électrique de M. Canton ; la balance électrique de Winkler; le drap à aigrettes électriques de M. Villette ; les girouettes et tournebroches électriques ; la roue, le carillon, le planétaire électriques ; les courses de chevaux électriques, les pluies de feu, les jets d'eau, les cascades électriques, et mille autres jeux électriques qui présentent un spectacle plein de phénomènes singuliers, curieux, amusants, intéressants, et modifiés de mille manières différentes.


L'électricité et le tonnerre

C'est à Marly-la-Ville, près Paris, que l'on fit la première expérience qui constate le rapport du fluide électrique avec la matière du tonnerre. Le docteur Franklin avait assuré que les nuages étaient électrisés dans le temps de l'orage. M. Dalihard saisit cette remarque, et, le 10 mai 1752, il fit planter une barre de fer de quarante pieds de longueur dans un gâteau de résine. Il s'élève, à deux heures vingt minutes, un orage au-dessus du lieu où était la barre : le curé de Marly s'y transporte, touche la barre, et tire des étincelles très fortes. Cette expérience fut confirmée de toutes parts ; ou observa même que le nuage pouvait être déjà fort loin sans que la barre cessât d'être électrisée. M. Delor, habile physicien, tira des étincelles à Paris, le nuage étant au-dessus de Vincennes, c'est-à-dire au moins à deux lieux de lui.


L'électricité et les maladies nerveuses

On connaît l'effet que l'électricité produit sur les maladies nerveuses ; quelques paralytiques en ont obtenu une guérison entière, d'autres un soulagement sensible.

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