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L'origine de Fabliau



Sorte de poème des XIIe et XIIIe siècles

Sorte de poème qui renfermait un conte écrit avec plus ou moins de naïveté et d'élégance, et qui était fort à la mode dans les premiers âges de la poésie française. Ce qui a fait dire à Parny :

Les Ménestrels succèdent au festin.
Ou écoutait leur voix douce et naïve,
Les fabiaux, la romance plaindre,
Et des chansons l'ingénieux refrain.

(Les Rosecroix)

Ces sortes de poésies des XIIe et XIIIe siècles, dont il nous reste plusieurs manuscrits, prouvent que, dans les temps de la plus grande ignorance, non seulement on a écrit, mais qu'on a écrit en vers. « Des fabliaux et des chansons, voilà, dit Laharpe, nos premiers essais poétiques. On sait que les fabliaux sont des contes rimés, souvent fort gais et plaisamment imaginés. Ce qui le prouve, c'est que La Fontaine en a tiré plusieurs de ses plus jolis contes, Bocace un assez grand nombre de ses nouvelles, et Molière même quelques scènes. »


Le composition des fabiaux

La plupart des fabliaux sont en vers de huit syllabes, rimant deux à deux. Quoique leurs auteurs n'y alternent pas ordinairement les rimes féminines et masculines, cependant on ne doit pas en conclure qu'ils ignoraient cette manière de versifier. Marot, Garnier, Saint—Gelais, auxquels on attribue cette réforme, avaient sous les yeux des poésies très anciennes, construites aussi régulièrement que celles de nos poètes actuels.
Voici deux chansons du XIIIe siècle, qui suffiraient pour le prouver.

Quand florist la violette,
La rose et la flor de glai,
Que obante li papegai (oiseau),
Lors mi poignent amoretes
Qui me tiennent gai
Mis piéça (jamais depuis) ne chantai ;
Or chanterai
Et ferai
Chanson joliette
Par l'amour de ma miette
Où grand piéça me donnai (à laquelle depuis longtemps me suis donné)

Couplet d'une autre romance :

Prenez-i garde ;
S'on (si on) me regarde,
Dites-le moi.
Trop suis gaillarde,
Bien l'apperchoi.
Ne puis laisser que mon regard s'esparde,
Car tes mesgarde (tel me lorgne)
Dont moult me tarde
Qu'il m'ait o soi (avec soi).


Les recherches sur les fabliaux

Parmi les savants qui ont fait des recherches sur nos fabliaux, on compte d'abord le président Fauchet, qui, dans son livre des Antiquités gauloises, a rassemblé les noms ou les ouvrages de 126 poètes ; ensuite le comte de Caylus qui a ajouté de nouvelles lumières sur ce sujet, dans les Mémoires de l'académie des inscriptions. Mais personne n'a mieux débrouillé cette matière que Sainte-Palaye et Barbazan.
Ce dernier, parfaitement versé dans la connaissance de notre ancien langage, et dont la vie s'était passée à lire nos vieux poètes, avait donné, en 1756, une édition des Contes et Fabliaux tirés des manuscrits de la bibliothèque du roi ; il y avait joint une dissertation sur l'origine de la langue française, et les variations que le temps lui avait fait éprouver.
En 1808, M. Méon, employé alors aux manuscrits de la bibliothèque du roi, publia une nouvelle édition de ces Contes et Fabliaux, enrichie d'un grand nombre de pièces qui n'avaient pas encore été imprimées. Cet ouvrage curieux fera connaître ce qu'était notre littérature aux XIe,XIIe, XIIIe, XIVe et XVe siècles. Des gravures, mises à la tête de chaque volume, et dessinées d'après les miniatures des anciens manuscrits, donneront une idée des costumes du temps et de l'état de l'art aux mêmes époques.

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