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L'origine de Gui


Le gui est une plante parasite dont la semence s'attache à l'écorce des arbres et se nourrit de leur sève ; il croît environ d'une coudée ; sa couleur est d'un vert tirant sur le jaune. Il paraît que ce sont les vents ou les oiseaux qui déposent sur les arbres les graines de ce végétal.


Le gui chez les Gaulois

Les Gaulois avaient pour le gui de chêne une vénération toute particulière, et leurs prêtres n'auraient point offert un sacrifice sans avoir de cette plante. Quoi qu'il en soit du motif qui a pu déterminer à lui rendre une espèce de culte, il est certain que la recherche du gui était chez les Gaulois une fête nationale. Voici, d'après le récit de Pline, l'ordre qu'on y observait :
Le sixième jour de la première lune qui commençait l'année des Gaulois, c'est-à-dire vers le solstice d'hiver, la nation se rendait en foule dans les forêts qui s'étendaient entre Chartres et Dreux, pour assister au grand sacrifice du Gui. Le souverain pontife en avait auparavant indiqué le jour par la voix des vacies ou prêtres qui s'étaient répandus dans toutes les provinces, en criant : Au gui l'an neuf. La cérémonie s'ouvrait par une procession solennelle. Les bardes, dont l'emploi était de chanter des hymnes dans les sacrifices, et d'immortaliser par leurs vers les faits héroïques de la nation, marchaient d'abord, et formaient tous ensemble un seul chœur. Les eubages ou augures suivaient ; après eux deux taureaux blancs destinés au sacrifice. Le héraut d'armes, vêtu de blanc, couvert d'un chapeau avec deux ailes, et portant en main une branche de verveine entourée de deux serpents, tel qu'on peint Mercure, conduisait les novices. Les trois plus anciens druides, dont l'un portait le pain qu'on devait offrir, l'autre un vase plein d'eau, et le troisième une main d'ivoire attachée au bout d'une verge, symbole du pouvoir suprême, qui existe encore parmi nous, et que nous appelons la main de justice, précédaient le pontife-roi. Celui-ci marchait à pied , vêtu d'une robe blanche et d'une tunique par-dessus, entouré du reste des druides que suivaient la noblesse et le peuple.
La procession, arrivée au pied du chêne où l'on devait couper le gui, le grand-prêtre prononçait une prière, brûlait du pain, faisait une libation de vin, distribuait de l'un et de l'autre à l'assemblée, montait ensuite sur l'arbre, coupait le gui avec une serpette d'or, le jetait dans la tunique de l'un des prêtres, qui l'exposait sur l'autel à la vénération publique. Le pontife descendait ensuite, priait le ciel de bénir le présent qu'il venait de leur faire, en lui donnant la vertu de tout féconder, et terminait la solennité par le sacrifice des deux taureaux.


Un reste de coutume

« Dans quelques lieux du voisinage de Bordeaux, on observe encore, dit Mervesin (Histoire de la poésie française, 1706), quelque chose de cette coutume : quantité de jeunes gens, bizarrement habilles, vont en troupe, le premier jour de janvier, couper des rameaux de chêne, dont ils se font des couronnes, et reviennent chanter dans les rues certaines chansons qu'ils appellent Guilannus. »

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