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L'origine de Habillement



Les premiers habits

Dans les premiers siècles, dit Goguet, on ignorait l'art de donner aux habits des façons et des grâces. On prenait un morceau d'étoffe plus long que large, et l'on s'en couvrait, ou, pour mieux dire, on s'en enveloppait ; car originairement on ne se servait point d'attaches pour retenir les habits. Ils n'étaient contenus que par les différents tours que l'on faisait faire à l'étoffe sur le corps.
Successivement on imagina des manières de se vêtir plus commodes et plus propres à couvrir le corps. Il paraît que l'habillement des patriarches consistait dans une tunique à manches larges, sans plis, et dans une espèce de manteau fait d'une seule pièce. La tunique couvrait immédiatement la chair. Le manteau se mettait par-dessus la tunique, et s'attachait probablement avec une agrafe.


L'habillement en Egypte anciennne

L'habillement des Égyptiens était fort simple. Les hommes portaient une tunique de lin bordée d'une frange qui leur venait jusqu'aux genoux. Ils avaient par dessus une espèce de manteau fait de laine blanche. Les personnes de distinction portaient des habits de coton, et en outre des colliers précieux. Les femmes n'avaient qu'une espèce d'habillement, dont les anciens ne nous ont point laissé la description. Hérodote dit qu'il y en avait de deux sortes pour les hommes, mais ne marque point quelle était la différence de ces vêtements. Nous voyons, au surplus, que cette méthode devait être fort ancienne en Egypte.


L'habillement dans la Grèce antique

Dans les temps héroïques, l'habillement des Grecs, au rapport de Goguet, consistait, pour les hommes, dans une tunique très longue et dans un manteau qui s'attachait avec une agrafe. On retroussait la tunique par le moyen d'une ceinture, lorsqu'il fallait agir, se mettre en route ou aller au combat.
Les femmes grecques, dans ces temps reculés, avaient de longues robes attachées et renouées par des agrafes qui étaient d'or chez les personnes aisées et de distinction. Homère ne dit pas en quoi pouvaient consister l'espèce et la beauté de ces vêtements. A l'égard des autres parures, les femmes grecques, dès les siècles héroïques, portaient des colliers d'or, des bracelets de même métal garnis d'ambre, et des pendants d'oreilles à trois pendeloques. Ajoutons qu'elles usaient dès lors de quelque fard pour embellir et nettoyer leur teint. On voit, au surplus, que les femmes distinguées ne paraissaient en public que couvertes d'un voile, ou, pour mieux dire, d'une espèce de mante qui se mettait par-dessus la robe, et s'attachait avec une agrafe.
Quant aux différentes espèces et formes des habits des femmes chez les anciens, il faut, dit Winckelmann (Histoire de l'art de l'antiquité), y remarquer trois pièces : la tunique, la robe et le manteau.


L'habillement des Romains

Quant aux vêtements du corps, il paraît que la tunique a été un des plus nécessaires. Cependant elle ne fut pas généralement reçue, et quelques peuples de l'antiquité la regardèrent comme une mode efféminée. Les Romains des premiers temps ne portaient sur la peau que leur toge. Mais en général la tunique devint ensuite l'habillement des Romains, comme celui des Grecs, à l'exception des philosophes cyniques. La tunique proprement dite est composée de deux pièces d'étoffe longues et carrées. Cette tunique a une couverture pour y passer le bras ; la partie qui descend jusqu'à la moitié du bras supérieur forme une sorte de manche raccourcie. Cependant on portait aussi une espèce de tunique avec
des manches qui n'excédaient pas de beaucoup les épaules, manches qu'on nommait colobia, raccourcies. Au lieu de chausses, les Romains se servaient de bandes, avec quoi ils s'enveloppaient les cuisses, mais ceux qui en portaient passaient pour des efféminés, et Cicéron relève cet habillement dans Pompée comme un trait de mollesse. Quant aux manteaux, il y en avait de deux espèces : le manteau court, connu sous ces trois dénominations, de chlamyde, de chlaina et de paludamentum chez les Romains, outre le manteau long ordinaire.
Personne n'a encore indiqué la vraie forme de la robe des Romains nommée la toge. Cette draperie était blanche, et dans les cérémonies sacrées celui qui y présidait, et qui par conséquent était revêtu de la dignité sacerdotale, avait la toge relevée jusque sur la tête, de sorte que le pan gauche, laissant l'épaule droite libre, descendait sur l'épaule gauche, et allait sur la poitrine, où les deux bouts étaient passés l'un dans l'autre, de manière pourtant que la robe descendait jusqu'aux pieds.


L'habillement en France

L'habit long des Romains fut l'habillement des enfants de Clovis, et pendant plusieurs siècles celui des personnes de distinction en France. L'habit court ne se portait qu'à l'armée et à la campagne. L'ornement principal de l'un et de l'autre consistait à être bordé de martre zibeline, d'hermine ou de vair.
Dans le XIIe siècle et les trois suivants, les Français étaient habillés d'une espèce de soutane qui leur descendait jusqu'aux pieds. Les nobles imaginèrent qu'on y faisant faire une longue queue, ils auraient un prétexte pour avoir un homme pour la porter, et que l'avilissement de cet homme donnerait du relief au maître. Il n'y avait que les chevaliers qui eussent le droit de porter, sur la soutane, un manteau ou casaque dont les manches très larges se rattachaient par-devant sur le pli du bras, et pendaient par-derrière jusqu'aux genoux. On ne portait point d'épée ; une longue bourse pendante à la ceinture était une marque de noblesse. Un chaperon, espèce de capuchon qui avait un bourrelet au haut et une queue pendante par derrière, servait à couvrir la tête. Il était ordinairement de la même étoffe que le manteau ou la soutane, et fourré de même peau.
Sous Philippe de Valois, la mode vint de porter une longue barbe et l'habit court ; c'était une espèce de pourpoint qui ne passait pas la ceinture du haut de chausses, et qui était fort étroit. Des plumes énormes chargeaient la tête des chevaliers et des petits maîtres, et des chaînes d'or ornaient leur cou. Sous le règne de Charles V, on ne connaissait ni fraise ni collet ; mais on s'avisa d'armorier les habits. Cette mode bizarre dura près de cent ans.
Sous Charles VI, on imagina l'habit mi-partie, semblable là celui des bedeaux.
Charles VII , qui n'était pas d'une taille avantageuse, et qui avait les jambes fort courtes, fit revivre les habits longs, à peu près pareils à ceux dont on se servait avant Philippe de Valois.


Un grand changement de l'habillement des hommes sous Louis XI

Dans les premières années du règne de Louis XI, la forme d'habillement des deux sexes fut entièrement changée. Les robes d'hommes furent remplacées par de petits pourpoints qui n'excédaient pas le haut des reins. Ces espèces de camisoles étaient attachées par des aiguillettes et des hauts-de-chausses extrêmement serrés. On resserrait l'entre-deux de ces nouvelles grègues d'étuis indécents, appelés braguettes, enjolivées de touffes, de franges et de rubans. Et les hommes pour paraître larges de poitrine, s'appliquaient de chaque côté, des épaules artificielles appelées mahoitres : de là vint que le bourgeois, qui ne portait point de ces sortes de pourpoints, appela, vers l'an 1590, maheutres la cavalerie royaliste qui en portait de tels.
Les dames françaises avaient, ce semble, pendant près de neuf siècles, entièrement négligé leur parure ; leurs robes, armoriées à droite de l'écu de leur mari, à gauche de celui de leur famille, étaient si serrées qu'elles laissaient voir toute la finesse de leur taille, et étaient si haut montées, qu'elles leur couvraient entièrement la gorge.


Un changement dans l'habillement des femmes sous Charles VI

Ce ne fut que sous Charles VI que les femmes commencèrent à se découvrir les épaules et la poitrine. Le règne galant de Charles VII amena l'usage des bracelets, des colliers, des diamants, et des pendants d'oreilles. Sous le règne de Louis XI, les femmes, qui avaient porté sous Charles VI des robes d'une longueur démesurée, retranchèrent leurs énormes queues, ainsi que leurs manches qui rasaient la terre. A ces superfluités ridicules elles substituèrent de larges bordures qui ne l'étaient pas moins.
Sous Charles VI elles étaient coiffées d'un haut bonnet en pain de sucre à la pointe duquel elles attachaient un voile plus ou moins bas, selon la qualité de la personne. Sous Charles VII et sous Louis XI, leurs têtes se perdirent sous de vastes bonnets : il avait été nécessaire de rehausser les portes pour les coiffures des dames sous Charles VI, et il fallut les élargir lorsqu'elles se coiffèrent avec ces espèces de matelas de tête, de deux aunes de large, surchargés d'oreilles rembourrées. Sous les règnes de François Ier et de Henri II, elles avaient de petits chapeaux avec une plume. Depuis Henri II jusqu'à la fin du règne de Henri IV, elles portèrent de petits bonnets avec une aigrette.


Les différentes modes au fil du temps

Les hommes, qui avaient quitté l'habit long sous Louis XI, le reprirent sous Louis XII ; mais ils ne le gardèrent pas longtemps. François Ier donna dans l'extrémité la plus opposée. Un des goûts de ce prince fut de taillader son pourpoint, et tous les gentilshommes suivirent son exemple. Sous les règnes de Henri II, de François II, de Charles IX, de Henri III et de Henri IV, ou était vêtu précisément comme l'étaient nos coureurs avant la révolution, d'autant plus qu'on portait de petites toques, sur le retroussé desquelles on faisait broder ses armoiries. On ajoutait à cet accoutrement un petit manteau qui couvrait les épaules.
Sous François II, les femmes prirent un loup (espèce de masque), et n'allèrent plus que masquées dans les rues, aux promenades, en visite et même à l'église. Au loup succéda une autre espèce de masque, le rouge et les mouches ; on prétend qu'elles en mettaient en si grande quantité qu'on avait de la peine à les reconnaître.
Les habillements étaient fort élégants du temps de Henri IV ; les hommes portaient des fraises autour du cou ; les manches de leurs habits étaient déchiquetées et nouées avec des rubans, les manchettes étaient de plusieurs rangs. Les dames avaient de gros colliers de perles ou de pierreries, et des fraises soutenues de fil de laiton qui avaient un pied de haut ; leurs cheveux étaient frisés et ornés de fleurs et de pierreries avec un panache blanc.
Sous Louis XIII, on s'occupe moins de parures et de modes, et les habits, tant d'hommes que de femmes, éprouvèrent peu de changement.
La casaque parut sous Louis XIV. Ce vêtement, dont on fait remonter l'origine à l'empereur Caracalla, qui, dit-on , en revêtit ses soldats, n'était autre chose qu'un ample manteau, avec de grandes manches; en en diminua l'ampleur et on rétrécit les manches ; de sorte qu'il serra le corps et laissa paraître toute la forme de la taille, ce qui lui fit donner le nom de justaucorps. Dans la suite on y fit des plis sur les côtés, on le garnit de boutons, et il forma l'habit tel que nous le portons aujourd'hui.
Sous Louis XV, nos habillements changèrent si souvent, qu'il faudrait un volume entier pour les décrire. On vit successivement la taille de l'habit se raccourcir, puis s'allonger considérablement ; les poches furent placées tantôt en travers, tantôt en long ; les manches furent ouvertes et pendantes, puis fermées et arrondies. Les cravates, qui avaient succédé aux fraises, furent remplacées par des cols de mousseline, bien plissés et serrés.

Depuis Louis XVI jusqu'à nos jours, l'inconstance des modes se fit souvent apercevoir dans nos habillements : nous avons vu les cravates faire oublier les cols, les pantalons remplacer les culottes, etc.

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