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L'origine de Idylle


Petit poème dans lequel on peut traiter toute sorte de matière, mais qui roule plus ordinairement sur quelque sujet pastoral ou amoureux ; la différence qui existe entre l'idylle et l'églogue est fort légère.


La différence entre l'idylle et l'églogue

« On crut, dit Mervesin, qu'une naïve représentation du repos, de la tranquillité, et de la liberté dont on jouit à la campagne, serait agréable à des esprits fatigués de l'embarras et de la contrainte des villes, en fit des églogues et des idylles : les premières ne traitaient que des mœurs, des occupations, et des manières des villageois ; les autres, plus concises, ou, pour mieux dire, les abrégés des églogues, retraçaient les jeux et les amours des bergers.
Dans les unes et dans les autres, on ne faisait parler que des gardeurs de troupeaux ; et comme ceux qui gardaient les bœufs étaient alors plus connus, en comprit ces deux poèmes sous le nom de bucolique. Les opinions sur l'origine de ce poème sont fort différentes ; mais tous les historiens conviennent que Théocrite a été le premier des poètes grecs qui ont écrit en ce genre. » (Histoire de la poésie française, 1706).


La différence entre l'idylle et le poème épique

L'idylle peint naturellement et naïvement les objets qu'elle décrit, alors que le poème épique les raconte, et que le dramatique les met en action.
Le quatrain suivant, déjà un peu ancien, peint fort bien le caractère de l'idylle, sous les traits d'une jeune bergère.

Je suis une jeune bergère
Qui ne sait ce que c'est qu'artifice et que fard,
Qui plais sans chercher même à plaire,
Et qui n'ai rien de trop mignard.

Mais le législateur de notre Parnasse nous en a tracé le portrait.

Telle qu'une bergère au plus beau jour de fête,
De superbes rubis ne charge point sa tête,
Et sans mêler à l'or l'éclat des diamants,
Cueille en un champ voisin ses plus beaux ornements ;
Telle aimable en son air, mais humble dans son style.
Doit éclater sans pompe une élégante idylle.
Son ton simple et naïf n'a rien de fastueux,
Et n'aime point l'orgueil d'un vers présomptueux.
Il faut que sa douceur flatte, chatouille, éveille,
Et jamais de grands mots n'épouvante l'oreille.

(Boileau, Art poétique)

Les idylles de Théocrite, celles de Bion et de Moschus, sont ce que nous avons de plus ancien dans ce genre. Segrais, madame Deshoulières, et Léonard sont, parmi nous, les poètes qui ont le mieux réussi dans l'idylle.

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