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L'origine de Japon


Ce grand empire de la partie la plus orientale de l'Asie est composé d'une infinité d'îles qui furent divisées, l'an 590 de Jésus-Christ, en sept principales contrées, lesquelles sont partagées en quarante-huit provinces et subdivisées en districts.


L'introduction des premiers missionnaires chrétiens au Japon

En 1542, le hasard fit découvrir le Japon à Antoine de Mota, François Zeimoto et Antoine Peixota, qu'une tempête jeta sur les côtes de ce pays ; le hasard y conduisit les Hollandais en l'an 1600. Saint François Xavier s'y rendit en 1549, et y laissa des missionnaires de son ordre, qui y firent en peu de temps un nombre prodigieux de prosélytes. En 1566, il y avait déjà un évêque du Japon, et, au bout de quarante ans, on y comptait dix-huit cent mille Japonais chrétiens.


La méfiance de l'empereur face aux chrétiens japonais

Le fameux Tayco-Sama, qui, en 1586, réunit tout le Japon à son empire, fut effrayé des progrès d'une religion si opposée à celle de son pays, et surtout de l'influence que les missionnaires de cette religion étrangère avaient prise sur l'esprit des peuples ; aussi, par un édit publié en 1587, fit-il abattre toutes les croix et toutes les églises des chrétiens ; il bannit du Japon tous les missionnaires, et ordonna, sous peine de la mort ou de l'exil, à tous les Japonais chrétiens d'abjurer le christianisme.
Les jésuites firent semblant d'obéir ; les autres missionnaires, moins adroits, continuèrent à catéchiser et à prêcher : il y en eut vingt-six crucifiés pour avoir désobéi à la loi. Cette rigueur n'eut pas de suite ; le gouvernement se relâcha sur l'exécution de la loi ; mais un incident postérieur vint ranimer sa vigilance.


Une haine de plus ne plus forte envers les chrétiens

Le pilote d'un vaisseau espagnol, arrivé au port d'Uzando, vantait un jour la puissance de son maître, et montrait à un commissaire de l'empereur, sur une mappemonde, tous les pays qui obéissaient à Philippe II, tant en Amérique qu'en Europe ; les Japonais, surpris d'une domination si étendue, demandèrent de quels moyens on s'était servi pour former une monarchie si vaste. « Rien n'est plus aisé, répondit le Castillan : nos rois commencent par envoyer dans les pays qu'ils veulent conquérir des religieux qui engagent les peuples à embrasser notre religion ; et, quand ils ont fait des progrès considérables, on envoie des troupes qui se joignent aux chrétiens, et n'ont pas beaucoup de peine à venir à bout du reste. »
Ce propos, rapporté à l'empereur, augmenta sa haine pour les missionnaires ; cependant il ne poursuivit pas les chrétiens avec sévérité, et ne fit punir de mort aucun converti pour cause de religion. Sa mort, arrivée en 1598, fit cesser toutes les persécutions et ranima le zèle des missionnaires.


La décision d'exterminer les chrétiens japonais

Il ne laissait qu'un fils mineur, nommé Fide-Jori , âgé de six ans. Avant de mourir, il choisit Ongoschio, roi de Bandone, pour être régent de l'empire et tuteur du jeune prince ; mais il associa à Ongoschio un conseil de régence, composé de princes et de grands. Ongoschio, politique, ambitieux, habile et grand général, s'empara de toute l'autorité : le conseil de régence voulut défendre ses droits ; il s'alluma une guerre civile très sanglante. Les chrétiens prirent parti pour le jeune roi. Ongoschio fut victorieux ; et, regardant dès lors les chrétiens comme des ennemis personnels et dangereux, il forma le dessein de les exterminer. Tout cela se passait avant que les Hollandais eussent pénétré au Japon ; et les députés qu'ils y envoyèrent en 1609, fort occupés des intérêts de leur commerce, ne songèrent point à se mêler des affaires de religion.


La fin des chrétiens au Japon

En 1638, les chrétiens du royaume d'Orima, poussés à bout par les rigueurs qu'on exerçait contre eux, se révoltèrent. Ils s'assemblèrent au nombre d'environ quarante mille hommes. L'empereur fit marcher contre eux une armée formidable qui les resserra dans le fort de Ximahara et les y assiégea. Les Hollandais, prévoyant l'issue de cette révolte, avaient fait partir pour les Indes tous leurs vaisseaux, à l'exception d'un seul. La cour de Jédo força le capitaine de ce vaisseau à se rendre devant Ximabara, et à tirer sur la Forteresse. Les rebelles, forcés à la fin, périrent les armes à la main et dans les supplices. Ce fut là le principe et l'époque de l'abolition du christianisme au Japon, et de la proscription de tous les étrangers ; on sait que les Hollandais seuls y sont admis, mais c'est à des conditions bien avilissantes.

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