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L'origine de Salique



La loi salique

C'est la plus ancienne loi que nous ayons connu dans le royaume. Il n'est pas possible de déterminer positivement en quel temps ni par qui elle a été faite ; mais les dispositions qu'elle contient annoncent la plus haute antiquité, ainsi que la plus grossière barbarie ; d'où il est facile de conjecturer que cette loi est l'ouvrage des Francs lors de la première conquête des Gaules.


L'étymologie du mot Salique

L'étymologie de ce mot salique ne paraît pas moins incertaine. Voici ce qu'en dit Brantôme (Discours V, 1787) : « Les uns, comme Postel, estiment qu'elle prit son ancienne origine des Gaules, et qu'elle fut appelée salique, au lieu de gallique, pour la proximité et voisinage que la lettre g, en vieille moule, avait avec la lettre s ; mais c'est un rêveur en cela (comme je tiens d'un grand personnage) ainsi qu'en autres choses. Jean (ou plutôt Robert) Cénal, évêque d'Avrancbes, grand chercheur des antiquités de la Gaule, en voulut rapporter l'étymologie à ce mot salle, parce que cette loi était seulement ordonnée pour salles et palais royaux. Un docteur ès droit, nommé Ferrarius Montanus, a voulu dire que Pharamond fut appelé Salicq. Les autres la tirent de Salogast, un des principaux conseillers de Pharamond. Les autres, pensant subtiliser davantage, disent que, par la fréquence des articles qui se trouvent dans cette loi, commençans par ces mots, si aliquis, si aliqua, elle prit sa dérivation. Claude Seyssel assez mal a pensé qu'elle vint du mot sal, en latin, comme d'une loi pleine de sel, c'est-à-dire pleine de sapience, par une métaphore tirée du sel. D'autres enfin la tirent des François saliens, comme est fait mention dans Marcellin. »


Une loi publiée au Ve siècle

« Parmi les monuments littéraires des Francs Mérovingiens qui sont parvenus jusqu'à nous on n'en connaît point, dit G. Gley (Langue et littérature des anciens Francs), qui remonte à une plus haute antiquité que la loi salique. On croit généralement qu'elle fut publiée vers l'an 420 de notre ère, lorsque les Francs occupaient encore la rive droite du Rhin, les bords du Weser et de l'Elbe. Afin de mettre de l'uniformité dans la jurisprudence de ces temps antiques, Wisogast, Bodogast, Salagast et Windogast, quatre chefs de la nation francique, firent un extrait des décisions qui avaient été portées dans les assemblées générales, appelées mall, malberg ou malburg ; s'étant réunis à Salaheim, à Bodaheim et à Widoheim, ils publièrent en leur langue (la langue tantôt appelée francique et tantôt tudesque), dans trois assemblées générales, ce recueil, auquel on donna force de loi. Telle est l'origine de la loi salique.
Le roi Clovis fit traduire cette loi en langue latine, afin de la rendre intelligible aux habitants des Gaules, qu'il avait soumis à ses armes ; mais, en faveur des Francs qui n'avaient point l'usage du latin, il fit conserver en leur langue (en langue francique ou tudesque) les formules principales du texte, auquel les rois Childebert et Clotaire firent quelques additions. »


La condition des femmes dans la loi salique

On rapporte ordinairement à la loi salique le principe qui excluait les filles des rois de la succession à la couronne ; cependant on ne trouve rien de positif sur cela dans cette loi. On y lit seulement, dans le paragraphe 6 du titre 62, que les mâles seuls pourront jouir de la terre salique, et que les femmes n'auront aucune part à l'héritage. On doit entendre par terres saliques les terres qui furent distribuées aux Francs à mesure qu'ils s'établissaient dans les Gaules, en, récompense du service militaire, et sous la condition qu'ils continueraient de porter les armes. La loi déclare que les femmes ne doivent avoir aucune part à cette espèce de bien, parce qu'elles ne pouvaient acquitter la condition sous laquelle leurs pères l'avaient reçu.

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