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L'origine de Sonnet



Une sorte de poème

Ouvrage de poésie composé de quatorze vers distribués en deux quatrains et deux tercets ou stances de trois vers. Dans les deux quatrains, les rimes masculines et féminines sont semblables et également entremêlées. Le premier tercet doit commencer par deux rimes semblables, et le troisième vers rimer avec un de ceux du second tercet. La noblesse dans le choix du sujet et dans le style est ordinairement ce qui caractérise ce genre de poème, dont Boileau nous a lui-même tracé les règles en vers techniques.

Apollon,
Voulant pousser à bout tous les rimeurs français,
Inventa du sonnet les rigoureuses lois ;
Voulut qu'en deux quatrains de mesure pareille
La rime avec deux sous frappât huit fois l'oreille ;
Et qu'ensuite six vers, artistement rangés,
Fussent en deux tercets par le sens partagés.
Surtout de ce poème il bannit la licence :
Lui-même en mesura le nombre et la cadence.
Défendit qu'un vers faible y pût jamais entrer,
Ni qu'un mot déjà mis osât s'y remontrer.
Du reste il l'enrichit d'une beauté suprême,
Un sonnet sans défaut vaut seul un long poème.

(Art poétique)

« C'est, dit Laharpe en parlant du dernier vers qui vient d'être cité, pousser un peu loin le respect pour le sonnet. On a remarqué, avec raison, qu'il n'y avait point de différence essentielle entre la tournure du sonnet et celle des autres vers à rimes croisées, et qu'il doit seulement, comme le madrigal et l'épigramme, finir par une pensée remarquable : il n'y a pas là de quoi lui donner une si grande valeur. »
Voici un exemple de sonnet:

La belle matineuse
Le silence, régnait sur la terre et sur l'onde ;
L'air devenait serein et l'olympe vermeil ;
Et l'amoureux Zéphire, affranchi du sommeil,
Ressuscitait les fleurs d'une haleine féconde.
L'Aurore déployait l'or de sa tresse blonde,
Et semait de rubis le chemin du Soleil ;
Enfin ce dieu venait en plus grand appareil
Qu'il soit jamais venu pour éclairer le monde,
Quand la jeune Philis, au visage riant,
Sortant de son palais plus clair que l'orient,
Fit voir une lumière et plus vive et plus belle.
Sacré flambeau du jour, n'en soyez point jaloux,
Vous parûtes alors aussi peu devant elle
Que les feux de la nuit avaient fait devant vous.

(De Malleville)


Une poésie peut-être inventée par les troubadours

Il est assez probable que cette pièce de poésie a été inventée par les troubadours ; que Pétrarque la mit en vogue, en Italie, vers l'an 1325, et que Jean Dubellay l'a fait revivre en France au milieu du XVIe siècle. Ce qu'il y a de certain, c'est que le mot sonnet était déjà en usage parmi nous des le commencement du règne de saint Louis ; car nous lisons dans ce couplet, qui fait partie d'une des chansons que Thibault, comte de Champagne, avait faites pour Blanche de Castille, mère de saint Louis, et que Pasquier a rapporté au septième chapitre du sixième livre de ses Recherches.
Mais il n'est pas certain que cette sorte de poème fût dès lors réglée à quatorze vers disposés de la manière que le sont nos sonnets ; et ceux qui le prétendent n'en produisent en effet aucun exemple d'aucun de nos poètes qui ait précédé le règne de François Ier. De décider maintenant si les Italiens sont les auteurs du sonnet en la forme que nous l'avons reçu d'eux, ou si les Italiens l'avaient emprunté des Provençaux, ou bien enfin si les Provençaux et les Italiens le tenaient de nos anciens poètes français ; c'est ce qui aurait peut-être besoin d'être encore un peu plus curieusement éclairci.

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