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L'origine de Architecture


Cet art, sans contredit le plus ancien des arts si l'on applique ce mot à la construction des premiers abris que les hommes élevèrent, dut être très grossier dans son origine ; ce ne fut que fort longtemps après qu'il se perfectionna. Le besoin l'avait fait naître, le luxe l'embellit.


Les premières architectures

La Chaldée, la Chine, l'Egypte et la Phénicie, sont les premières contrées où nous voyons que l'architecture proprement dite ait été mise en usage. Par ce qui nous reste des monuments égyptiens, nous pouvons juger de ce qu'était l'architecture dans l'ancienne Egypte : elle était lourde, massive, mais grande par ses dimensions et l'aile pour braver les siècles et la barbarie des hommes : les Égyptiens, avec leurs formes pyramidales et leurs énormes colonnes, semblent avoir voulu construire pour l'éternité.
Les Grecs, plus heureusement organisés que les Égyptiens, reçurent de ces derniers des leçons d'architecture ; mais ce fut pour les rendre à tous les peuples, et leur présenter des modèles qui, sous le double rapport de l'élégance et de la grâce, ne devaient point être surpassés. « C'est des Grecs, dit Goguet, que l'architecture a reçu cette régularité, cette ordonnance, cet ensemble, qui sont en possession de charmer nos yeux. C'est leur génie qui a enfanté ces compositions sublimes et magnifiques qu'on ne saurait se lasser d'admirer. On leur doit, en un mot, toutes les beautés dont l'art de bâtir est susceptible. Dans ce sens, on peut dire que les Grecs ont inventé l'architecture. Ils n'ont rien emprunté à cet égard des autres nations. C'est un art qu'ils ont créé entièrement. La Grèce a fourni les modèles et prescrit les règles qu'on a suivies par la suite, lorsqu'on a voulu exécuter des monuments dignes de passer à la postérité. On trouve dans les trois ordres de l'architecture grecque tout ce que cet art peut produire, soit pour la majesté, l'élégance, la beauté et la délicatesse, soit pour la solidité. »


A partir de la Rome antique

C'est particulièrement sous ses empereurs que Rome paraît avoir cultivé l'architecture, qu'elle ne connaissait que fort peu au temps de sa fondation. Ses grands chemins, dit l'auteur du discours historique en tête du Dictionnaire de l'industrie humaine, ses palais, ses temples, ses peintures en mosaïque, ses aqueducs, ses cirques, ses amphithéâtres, ses bains, ses ponts, ses arcs de triomphe, l'invention de l'ordre composite, ses salles de spectacle, et tant d'autres édifices publics, dont le souvenir passera à la postérité, perpétueront la mémoire de César, de Vespasien, de Tite, de Trajan, d'Adrien, d'Antonin, de Marc-Aurèle.

Les Romains n'ont donc cultivé l'architecture que vers la fin de la république, et lorsque, vainqueurs de l'Asie et de la Grèce, ils en rapportèrent les richesses avec le goût des arts. Ils conservèrent l'ordre toscan, qui sans doute avait régné constamment en Italie, et ils associèrent cet ordre aux trois ordres qu'on leur apporta de la Grèce. Ils en inventèrent un cinquième, qui est l'ordre composite, et qui n'est, comme l'un sait, qu'un mélange de l'ionique et du corinthien. Cependant l'architecture a, depuis ce temps là, conservé ces cinq ordres, qui sont le dorique, l'ionique, le corinthien, le toscan et le composite. Ces ordres représentent les différences que le goût de chaque nation a pu apporter dans les bâtiments publics et particuliers. L'invention des deux premiers ordres d'architecture dont les Grecs aient fait usage est entièrement due, suivant Goguet, aux habitants de l'Asie mineure. Leur nom, dit-il, les fait assez connaître. Le dorique est né dans la Doride, et l'ionique dans l'Ionie. Le corinthien n'a paru que longtemps après ces deux premiers ordres. Ce dernier semble avoir pris naissance dans la Grèce proprement dite. C'est le plus riche, le plus magnifique et le plus élégant de tous les ordres grecs, et l'on peut dire de tous ceux que l'architecture ait jamais inventés ; mais, ajoute cet auteur, il est raisonnable d'avouer qu'on ignore comment et dans quel temps précisément ces ordres d'architecture ont été inventés. Le corinthien tire son nom de la ville de Corinthe, où, suivant l'opinion la plus commune, il fut d'abord suivi par le sculpteur Callimaque, qui vivait l'an du monde 3464, et le 540e avant Jésus-Christ.


Les différents ordres

C'est de la noblesse des proportions de la nature humaine que furent prises celles de l'architecture. L'homme fournit les proportions de l'ordre dorique : comme plus majestueux, il était ordinairement consacré aux grands dieux et aux héros. La femme, plus svelte, plus délicate, donna celles de l'ordre ionique : celui-ci a été plus fréquemment employé aux temples des déesses. Inventé par Callimaque, le corinthien, semblable à une jeune fille, fraîche, belle, mais intacte, n'est qu'un composé des autres, plus délicat et plus orné.
L'ordre toscan a pris naissance dans la Toscane. Le plus simple, le plus solide de tous les ordres, vil est propre aux bâtiments qui exigent beaucoup de solidité.

La chute de l'empire d'Occident entraîna celle de l'architecture, qui tomba dans un oubli dont elle ne put se relever de plusieurs siècles, et se trouva réduite à une telle barbarie, que ceux qui la professaient négligèrent entièrement la justesse des proportions, la convenance et la correction du dessin dans lesquels consiste tout le mérite de cet art.


L'architecture gothique

L'architecture gothique, dit un savant de nos jours, n'a point de patrie, elle n'est l'invention d'aucun peuple ni d'aucun siècle ; mais elle est uniquement soit la dégénération de l'architecture antique, soit le mélange du goût de l'Orient avec celui de cette architecture abâtardie, mélange qui, combiné par le hasard dans des temps d'ignorance, est devenu, sous l'empire de la routine, une sorte de désordre ordonné : ce fut moins un art que l'absence de l'art.
Cependant cette architecture gothique dominait en France et dans les autres pays de l'Europe, lorsque, sous les règnes de Louis XII et de François Ier, on vit arriver en France des architectes d'Italie, qui les premiers firent revivre la belle architecture qu'on venait de déterrer des superbes débris de l'ancienne Rome.


La France face à l'Italie

Peu de temps après un Français, nommé Louis de Foix, parut l'emporter sur les architectes italiens. Celui-ci fut contemporain du célèbre Vignole. Cependant la superbe colonnade du vieux Louvre, dont Perrault donna le dessin, n'avait pas encore commandé l'admiration et prouvé que les architectes français pouvaient égaler, peut-être même surpasser, tout ce que les Romains avaient fait de plus grand. L'académie d'architecture n'existait point encore, et le siècle d'un nouvel Auguste n'avait pas encore brillé sur la France. Traversant avec rapidité l'espace qui sépare cette époque de celle du XIXe siècle, espace pendant lequel l'art qui nous occupe a eu des succès plus ou moins marqués, nous terminerons cet article par le passage d'un auteur du XIXe siècle :
« L'architecture, plus favorisée dans ses études que dans ses travaux, a vu se former dans les écoles de Paris et de Rome beaucoup de bons élèves qui lui promettent de grands succès. Mais cet art a besoin, pour s'élever, de la protection constante des gouvernements. De vastes plans ont été conçus en France depuis vingt ans ; les malheurs de la guerre en ont suspendu l'exécution. Toutefois l'architecture française a produit, dans la période que nous embrassons, des monuments que montrerait avec orgueil une nation moins riche que la nôtre en chefs d'œuvre. »

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